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<title>Patrick Ferner - france</title>
<description>Questions sur le monde</description>
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<title>L'héritage funeste de la révolution française</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Patrick Ferner)</author>
<category>France</category>
<pubDate>Tue, 02 Sep 2008 19:18:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://patrickferner.hautetfort.com/media/02/00/2135443160.JPG&quot; id=&quot;media-1233474&quot; alt=&quot;RF3 div.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1233474&quot; /&gt;&lt;br /&gt; « Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. » (René Char)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Dans notre article, &lt;i&gt;France, crise d'identité&lt;/i&gt;, nous écrivions :&lt;br /&gt; &quot;Les révolutionnaires de 1789 ont voulu remplacer une unité surnaturelle transcendant la diversité de notre pays par l'unité illusoire de la Raison, ouvrant une boîte de Pandore qui a libéré tous les maux dont nous souffrons aujourd'hui&quot;. Sinon, comment expliquer qu'un pays, si généreusement doté par la nature, si inventif, ait pu en arriver là? Cet effroyable gâchis a pour origine la Révolution, toute à la fois inutile et mortifère et c'est ce qui, en substance, ressort d'un ouvrage collectif sorti au printemps 2008, &lt;i&gt;Le livre noir de la révolution française&lt;/i&gt;, (cf. note dans la rubrique &lt;i&gt;Livres&lt;/i&gt;); ce livre nous donne l'occasion d'exercer un droit d'inventaire sur la Révolution qui a donné le &quot;modèle républicain&quot; et d'approfondir les notions que nous avions évoquées dans l'article cité plus haut, notamment les fondements de l'idéologie révolutionnaire et son héritage.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les origines de l'idéologie révolutionnaire&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'idéologie révolutionnaire plonge ses racines dans le rationalisme qui se fait jour au XVIIe siècle avec René Descartes qui publie en 1637 &lt;i&gt;Le Discours de la méthode&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Méditations métaphysiques&lt;/i&gt; en 1641, livres qui eurent un grand retentissement, à tel point que Blaise Pascal voulut écrire un ouvrage apologétique mais il n'en eut pas le temps, il ne nous en reste que des fragments rassemblés sous le titre de &lt;i&gt;Pensées&lt;/i&gt;. Pascal voulait s'adresser aux libertins épris de raison: tel était le sens de son fameux et maladroit pari qui consistait à vouloir convaincre par la raison d'une réalité qui non seulement la transcendait mais se situait à un autre niveau de compréhension justement inaccessible à tout raisonnement. On peut y voir là une influence pernicieuse de Descartes pour qui l'existence de Dieu pouvait être démontrée: Puisque tout effet a une cause et que la cause n'a pas moins de réalité que l'effet, il faut que cette idée de l'infini soit causée par quelque être parfait qui en est le véritable auteur; donc Dieu existe. Le surnaturel est ramené au naturel, et la tripartition de l'être humain en corps-âme-esprit se ramène à une bipartition corps-âme, la notion d'infini se confond avec celle d'indéfini comme l'illustre le pari de Pascal (les deux infinis). Donc la particularité du rationalisme français, c'est sa prétention à vouloir traiter de questions métaphysiques, à la différence du rationalisme anglais qui ne vise essentiellement qu'à s'appliquer aux choses pratiques et purement scientifiques. Le cartésianisme, en faisant de Dieu une projection humaine, rejoint les Grecs de l'Antiquité qui faisaient des dieux à leur image (&quot;&amp;nbsp;l'homme est la mesure de toutes choses&amp;nbsp;&quot; selon eux) mais ce qui est nouveau ici, c'est que cette projection fait appel au raisonnement scientifique et non à l'imaginaire mythologique. Du reste, Dieu n'est pas indispensable à ce système de pensée qui permet d'adopter deux attitudes face à lui:&lt;br /&gt; - Soit, on admet son existence et cela donne le déisme.&lt;br /&gt; - Soit, on le rejette totalement et c'est l'athéisme.&lt;br /&gt; Toutefois, Descartes s'est lui-même piégé dans ses ratiocinations avec son absurde &quot;Je pense donc je suis &quot; car sur le plan de la logique formelle, le sujet &quot;je&amp;nbsp;&quot; précède le verbe &quot;pense&quot;, donc la pensée émane de l'être et non l'inverse, de plus, identifier l'être à la pensée, c'est confondre la fumée avec le feu qui en est la source, c'est oublier que la pensée est aussi l'expression de phénomènes totalement irrationnels et qu'elle peut s'arrêter à tout moment lorsque l'homme accède à un degré élevé de contemplation par la pratique de la méditation ou de l'oraison. Cette ontologie cartésienne prétend faire de l'homme un être universel parce que rationnel. Ce système de pensée, tel un virus, va peu à peu saper les fondements chrétiens de la société française. (1)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les fondements de l'idéologie révolutionnaire&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce sont incontestablement Voltaire et Rousseau qui donnent au rationalisme son prolongement politique, le premier par son antichristianisme militant, le second par son &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt;. Tous les deux sont déistes, à la différence de Diderot qui était farouchement athée; pour Voltaire, c'était le dieu horloger qui faisait fonctionner l'Univers, pour Rousseau, l'Être Suprême. Le rationalisme de Voltaire est issu de celui de l'œuvre de John Locke dont il eut connaissance lors de son séjour en Angleterre et qu'il mit en pratique pour exploiter son domaine de Ferney. Ce n'est donc pas de ce côté qu'il faut rechercher son influence sur la Révolution. C'est plutôt son antichristianisme viscéral qui alimenta chez les révolutionnaires de 1789 cette haine de Dieu et de tout ce qui s'y rattachait : l'Église et le roi. Pire encore, il utilisa l'islam pour démolir le christianisme: alors que jusqu'en 1745, il considère Mahomet comme un «&amp;nbsp;imposteur&amp;nbsp;», un «&amp;nbsp;faux prophète&amp;nbsp;», un «&amp;nbsp;fanatique&amp;nbsp;» et un «&amp;nbsp;hypocrite&amp;nbsp;» (2) mais le décrit aussi comme un «&amp;nbsp;enthousiaste&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;grand homme&amp;nbsp;» à l'image d'Alexandre le Grand (3), il se sert ensuite de l'islam comme d'un instrument contre le christianisme qu'il considère comme «la plus ridicule, la plus absurde et la plus sanglante religion qui ait jamais infecté le monde». (4) Il caricature Jésus en le présentant «comme un chef de parti», un «gueux», un homme «de la lie du peuple» qui voulait former une secte. Par contre, Mahomet quant à lui avait établi un culte qui «était sans doute plus sensé que le christianisme. On n'y adorait point un dieu en abhorrant les juifs; on n'y appelait point une juive mère de Dieu; on n'y tombait point dans le blasphème extravagant de dire que trois dieux font un dieu; enfin, on n'y mangeait pas ce dieu qu'on adorait et on n'allait pas rendre à la selle son créateur». (5) La religion qu'apporte Mahomet était en revanche «le simple théisme, la religion naturelle et par conséquent la seule véritable». (6) Voltaire, si vanté par ses hagiographes républicains (7) pour son esprit critique, répète comme un perroquet ce qui est dit dans le coran en s'abaissant au passage à une argumentation se situant au niveau des fosses d'aisance.&lt;br /&gt; Le patriarche de Ferney, par le succès qu'il connut de son vivant, notamment par ses pièces de théâtre (complètement oubliées aujourd'hui), a pu instiller ainsi son poison antichrétien d'une façon particulièrement efficace, alimentant le torrent antireligieux qui ne cessa de grossir jusqu'à la Révolution et dont le signe avant-coureur fut la dissolution, par un arrêt du Parlement de Paris&amp;nbsp; pris le 6 août 1762, de la Compagnie de Jésus, de la mise sous séquestre de ses biens, et de la dispersion des pères jésuites; les parlements de province firent la même chose dans les mois qui suivirent si bien qu'en 1764, il ne resta plus rien de&amp;nbsp; la Compagnie de Jésus en France. Les Jésuites avaient non seulement été en butte aux attaques des jansénistes gallicans et parlementaires mais surtout à celles des philosophes athées de &lt;i&gt;l'Encyclopédie&lt;/i&gt; auxquels ils avaient répliqué par leur &lt;i&gt;Dictionnaire de Trévoux&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; Si la pensée de Voltaire, en dehors de son antichristianisme, ne semble guère avoir de rapport avec l'idéologie révolutionnaire, ce n'est pas le cas de Rousseau car son Contrat Social eut une influence prépondérante chez les révolutionnaires de 1789 au point d'en constituer le corpus idéologique. Rousseau, influencé par les thèses de Thomas Hobbes, en prit pourtant le contre-pied à propos de l'&amp;nbsp;&quot;état de nature&quot; : si pour Hobbes, &quot;l'homme est un loup pour l'homme&quot;, Rousseau répond que &quot;l'homme est naturellement bon, c'est la société qui l'a corrompu&quot;, par conséquent, il faut passer un contrat avec une société gouvernée par la raison et par l'intérêt commun à tous les individus (et non la somme des intérêts particuliers) qui la composent: c'est la &quot;&amp;nbsp;volonté générale&amp;nbsp;&quot;, concept qui justifia tous les actes des révolutionnaires.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;La volonté générale, un concept totalitaire&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; On a beaucoup disserté pour savoir si le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt; avait donné naissance à tous les totalitarismes qui suivirent ou aux démocraties libérales, en concluant à une ambiguïté, voire à une ambivalence sur ce point en s'appuyant sur le fait que la volonté générale était l'expression du peuple, donc de la démocratie. La définition de ce mot est connue: C'est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, définition dans laquelle les libéraux aussi bien que les révolutionnaires comme Lénine se sont&amp;nbsp; reconnus. La difficulté vient de ce qu'on associe, de nos jours, la notion de démocratie à celle de suffrage universel et de liberté; on a vite oublié ou on n'a jamais voulu voir qu'avant la chute du mur de Berlin en novembre 1989, les pays de l'Europe de l'Est sous domination soviétique étaient dénommés &quot;démocraties populaires&quot;. En fait, la notion de liberté et celle de démocratie n'ont rien à voir l'une avec l'autre; à l'inverse, un régime monarchique peut se montrer respectueux des libertés. (8) Louis XVI, ce &quot;tyran&quot; que les révolutionnaires traînaient dans la boue, a, en dix-neuf ans de règne, signé tous les recours en grâce qu'on lui soumettait, de sorte qu'aucun condamné à mort ne fut renvoyé à l'échafaud. Il supprima l'usage de la torture dans les interrogatoires et celui des corvées. Bien plus, il promulgua l'édit de tolérance du 17 novembre 1787 accordant l'état civil et un statut aux protestants. Si le roi était le souverain, tenant sa légitimité de Dieu validée par la cérémonie du sacre, et le peuple ses sujets, on se heurte avec Rousseau à&amp;nbsp; une aporie : si le peuple est souverain, où sont les sujets ? Le peuple serait donc à la fois souverain et sujet. Et puis, qu'est-ce que Rousseau appelle l'homme ? &quot;Or, il n'y a point d'&lt;i&gt;homme&lt;/i&gt; dans le monde. J'ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc.; je sais même, grâce à Montesquieu, &lt;i&gt;qu'on peut être Persan&lt;/i&gt;: mais quant à l'&lt;i&gt;homme&lt;/i&gt;, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie; s'il existe, c'est bien à mon insu&quot;, (9) répond Joseph de Maistre avec ironie. Ce qui revient à dire que l'homme, en tant qu'entité abstraite n'existe pas. En fait, l'homme n'est pas &quot;&amp;nbsp;naturellement bon&amp;nbsp;&quot;, il porte en lui le bien et le mal. (10) Or&amp;nbsp; c'est sur cette erreur ontologique dans la pensée de Rousseau que repose le totalitarisme du Contrat social: pour éviter à l'homme d'être corrompu, celui-ci va renoncer à sa liberté personnelle pour se fondre dans la volonté générale qui est la seule liberté pour lui puisqu'elle est gouvernée par la raison. Il y a là une confusion de la liberté individuelle et des libertés publiques, ce qui nous amène à parler de la devise Liberté-Égalité-Fraternité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Une devise trompeuse&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour parler de cette devise, il faut commencer par l'égalité qui en est à la base. La notion révolutionnaire d'égalité repose sur le fait que &quot;les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit&quot; (11 ) puisqu'ils ne sont plus qu'une abstraction rationnelle. Cette égalité n'est qu'une uniformité. Elle n'a rien à voir avec une quelconque notion de justice, comme le croient la plupart de nos concitoyens. Elle est l'expression dévoyée de l'égalité chrétienne qui se fonde sur le fait que les hommes sont tous les enfants de Dieu,&amp;nbsp; portent tous la marque du péché originel et partagent cet état de chute dans cette &quot;vallée de larmes&quot; qu'est l'univers dans lequel se déroule leur existence, vision insupportable pour le révolutionnaire qui veut faire un paradis sur terre: &quot;Tout en se revendiquant des valeurs évangéliques, les révolutionnaires, en expulsant Dieu, se sont coupés de la source sans laquelle on ne peut plus reconnaître les fruits. Ainsi, une liberté qui n'est pas donnée par un Père est un mouvement incohérent; une égalité qui ne reconnaît pas le choix préférentiel d'un amour est mensongère et une fraternité qui s'autoproclame sans référence à une origine commune est fausse, tout simplement. Vouloir tuer le Père tout en gardant les valeurs, par lui, léguées, est impossible&quot;. (12)&amp;nbsp; [...] Cet égalitarisme conduit inexorablement à tout rabaisser au niveau du plus petit dénominateur commun et n'a rien à voir cette égalité &quot;à l'américaine&quot; décrite par Tocqueville qui pousse l'homme à tenter d'égaler ceux qui lui sont supérieurs.&lt;br /&gt; En ce qui concerne la liberté, affirmer que les hommes naissent libres conduit à une contradiction : &quot;Si les hommes naissaient libres, c'est que cela se ferait naturellement et il est donc contradictoire de le décréter par écrit. Ce qui est écrit est justement ce qui n'est pas naturel et a besoin de cet écrit pour exister&quot;. (13) Mais le plus dangereux, c'est précisément de vouloir imposer la liberté par le droit en se fondant sur une conception erronée de celle-ci: &quot;En confondant et en mélangeant les libertés publiques (qui existaient sous la royauté et dont le roi était le garant puisqu'elles tenaient sur sa &lt;i&gt;parole&lt;/i&gt;, autrement plus solide que l'écrit) et la liberté personnelle (dont le siège est ma conscience), les révolutionnaires ont pris le risque qu'elles se contredisent l'une l'autre et s'empêchent de fonctionner&quot;. (14) [...] &quot;L'idée selon laquelle un régime des libertés publiques protège la liberté individuelle est un leurre, il ne peut éventuellement que garantir des contrats qui lient les hommes entre eux. Une liberté se conquiert, c'est ce qui fait son essence même. Prétendre protéger la liberté individuelle, c'est l'annihiler&quot;. (15) C'est d'autant plus vrai quand on examine l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui définit la liberté d'une manière négative, étant donné qu'elle &quot;consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui&quot; faute d'en avoir une conception claire, et surtout en fixe les limites par la loi, ouvrant ainsi la porte à&amp;nbsp; l'arbitraire. Puisque l'homme est &quot;naturellement bon&quot;, il va aliéner sa liberté au profit de la société pour son plus grand bien : &quot;&amp;nbsp;Il y a derrière cette idée de régime de libertés publiques, l'idée du progrès moral de l'humanité et donc la négation de la possibilité du mal&quot;. (16) Selon cette idéologie, si les hommes sont &quot;libres et égaux&quot; ils ne peuvent qu'être fraternels.&lt;br /&gt; Avec la fraternité, on se heurte à une nouvelle contradiction car il ne peut y avoir de frères sans parents: &quot;A partir de la Révolution, nous ne sommes plus les fils de nos pères, nous sommes de la même génération&quot;. (17) [...] &quot;&lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; la naissance, nous n'existons que par bloc générationnel. Or une génération ne crée pas que des frères, elle crée des individus juxtaposés qui passeront leur temps à comprendre ce qui les lie à ces autres individus, qui ne sont pas leurs frères, ni leurs pères et pourtant d'où ils sont nés. C'est le principe des &lt;i&gt;signes des&lt;/i&gt; &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt;&quot;. (18) [...] &quot;Dans cette histoire où les générations se suivent en se différenciant, chacune d'entre elles, dans un mouvement qu'elle croit être généreux, veut que la suivante soit composée, non d'héritiers, mais de fondateurs. Chaque génération politique veut que la suivante recrée le monde. Cri désespéré des pères qui s'aperçoivent qu'ils n'ont rien réussi à transmettre d'autre que le vide et le chaos&quot;. (19 ) C'est pourquoi la république française a trouvé une nouvelle parenté: la patrie, ou devrait-on dire la &quot;&amp;nbsp;matrie&amp;nbsp;&quot;, Marianne, pour laquelle on va aller se faire tuer au &quot;champ d'horreur&quot; (20), ne rendant la fraternité possible qu'en fraternité d'armes. (21) Enfin, &quot;c'est au moment où les républicains proposaient la fraternité comme projet politique qu'ils abolissaient les conditions possibles de son application&quot; (22) avec la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 qui interdisait toute forme d'association.&lt;br /&gt; Toujours est-il que l'application de ce système de pensée politique, bancal parce que reposant sur des idées à la fois fausses, contradictoires et dangereuses, ne pouvait que conduire au désastre de la Révolution en rendant impossible toute réforme&amp;nbsp; de l'Ancien Régime en monarchie constitutionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;b&gt;La Révolution ou l'impossible monarchie constitutionnelle à la française&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voltaire avait une grande admiration pour la monarchie anglaise et il ne fut pas le seul, puisqu'elle inspira Montesquieu pour rédiger &lt;i&gt;l'Esprit des Lois&lt;/i&gt;, ouvrage dans lequel il énonça le principe de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). A l'époque, il n'était pas question de renverser la monarchie mais de la réformer. Toutefois, le mot de &quot;révolution&quot; appliqué à la politique n'était pas étranger aux philosophes du XVIIIe siècle, puisque l'Angleterre connut deux révolutions. Ce mot, au départ, se rapporte aux astres (la terre accomplit en une année une révolution autour du soleil) et par extension, il désigne un cycle, une péripétie. Et c'est ainsi que les choses se sont passées outre-Manche: la première révolution mit fin à la monarchie avec Cromwell qui instaura à sa place une république (Commonwealth), en réalité un despotisme puritain, et fit décapiter le roi Charles Ier; après la mort de Cromwell, la monarchie fut rétablie en la personne de Charles II et ce fut la Restauration. Toutefois, Jacques II, son frère, qui lui succéda, était catholique et faisait craindre à ses opposants un retour en force de cette religion. Son gendre, Guillaume d'Orange le chassa du trône et avec l'accord du Parlement, s'empara du pouvoir et mit fin au règne autocratique des Stuart; en contrepartie, il dut signer en février 1689, la déclaration des droits (&lt;i&gt;Bill of Rights&lt;/i&gt;). Cette déclaration interdisait l'accession au trône d'un catholique, assurait des élections libres et le renouvellement du Parlement, et rendait illégale la présence d'une armée en temps de paix. Cet épisode fut appelé &quot;la révolution glorieuse&quot; (&lt;i&gt;Glorius Révolution&lt;/i&gt;), non seulement parce qu'elle s'était accomplie de façon non-violente, mais surtout, parce qu'elle instaurait une monarchie constitutionnelle limitant les pouvoirs du roi.&amp;nbsp; Il s'agit donc bien d'une révolution, c'est-à-dire d'un cycle qui commence avec la monarchie pour&amp;nbsp; y revenir mais différemment : rien ne sera plus comme avant. Les Anglais surent tirer les enseignements de l'épisode Cromwell: ils comprirent tout le danger d'un système politique dont la légitimité ne reposait pas sur un principe de droit divin en la personne d'un roi dont on pouvait par ailleurs limiter les prérogatives: le roi représente la nation, il en symbolise l'unité, et pour le reste, c'est le parlement et le premier ministre qui gouvernent. Si la religion officielle du royaume est la religion anglicane, elle n'est pas imposée aux sujets du roi (cette question fut au cœur de cette première révolution marquée par deux guerres civiles; Charles Ier fut en effet accusé par les puritains de vouloir rétablir le catholicisme).&lt;br /&gt; En attendant, l'Angleterre n'a pas remis en question les fondements chrétiens de la société, elle a réformé son système politique sans le bouleverser. Le modèle anglais pouvait-il donc s'appliquer à la monarchie française? Avant de répondre à cette question, on a coutume de distinguer la période 1789-1792, comme étant celle de la monarchie constitutionnelle et la période de la Terreur dont le premier signal est donné par les massacres&amp;nbsp; de septembre 1792, et qui prit fin en juillet 1794 avec la chute de Robespierre. D'où l'idée que la Révolution aurait dérapé après une tentative conciliante de monarchie constitutionnelle. Rien n'est plus faux, comme le montrent les évènements, avec&amp;nbsp; comme&amp;nbsp; point de départ, la réunion des États Généraux au mois de mai 1789. Et là, tout va très vite: le tiers-état qui se transforme en assemblée constituante, la prise de la Bastille, l'abolition des privilèges, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (le 26 août) qu'on peut considérer d'ores et déjà comme une abolition virtuelle de la monarchie tant la conception du pouvoir politique qui s'en dégage lui est diamétralement opposée, si bien que d'emblée, le roi est condamné à disparaître et le compte à rebours est enclenché. Tous ces évènements se produisent dans un climat insurrectionnel et les futurs révolutionnaires ne se privent pas d'agiter la populace&amp;nbsp; pour faire pression sur le roi afin de lui faire avaler de plus en plus de couleuvres (23): En 1789, on assiste à la suppression de la dîme, à la nationalisation des biens ecclésiastiques transformés en biens nationaux et à l'abolition de l'ordre du clergé, ce qui asservit les ministères du culte à l'État. &quot;Le décret du 13 février 1790 interdit de prononcer des vœux solennels de religion et supprime tous les ordres où on fait ce genre de vœux, c'est-à-dire tous les ordres monastiques, tous ceux des chanoines réguliers et tous les ordres mendiants.&quot; (24) Enfin, la loi du 12 juillet 1790 dite &lt;i&gt;Constitution civile du clergé&lt;/i&gt; fait de l'Église une simple administration du culte, une Église d'État (un État sans religion qui ne reconnaît que des &quot;&amp;nbsp;opinions religieuses&amp;nbsp;&quot;). Interdiction aux évêques de solliciter du Pape leur institution canonique et leur juridiction spirituelle. L'Église de France est séparée de Rome. Seule compte la religion d'État et tous ceux qui la refusent sont des ennemis qu'il faut éliminer : &quot;Si quelqu'un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort&quot;. (25)&lt;br /&gt; Toutes ces mesures prisent à l'encontre de la religion nous montrent que le modèle anglais n'avait aucune chance de s'appliquer à la monarchie française, puisqu'on s'attaque à ses fondements chrétiens: &quot;L'histoire religieuse de la France pendant la Révolution est l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire du christianisme. Une grande persécution sévit alors contre la religion. Cette persécution fut inattendue, surprenante et d'une extrême cruauté&quot; (26) et on n'avait pas vu cela en Occident depuis l'empereur romain Dioclétien. La folle machine destructrice de la Révolution est lancée dès 1789, c'est un mouvement sans précédent dans l'Histoire qui donne au mot &quot;révolution&quot; une signification nouvelle, à savoir la transgression de l'ordre surnaturel que représentent le roi et l'Église. La révolution française présente selon nous quatre caractéristiques principales: &quot;&amp;nbsp;prométhéisme&amp;nbsp;&quot;, haine, destruction de tous les groupes sociaux, prosélytisme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Une révolution prométhéenne&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les révolutionnaires veulent créer un homme nouveau, le citoyen, en régénérant la société par un système politique qui non seulement rejette tout principe divin mais se substitue à lui; les idées révolutionnaires sont des idées modernes, et &quot;les idées modernes sont des idées chrétiennes devenues folles&quot; selon la célèbre formule de Chesterton. En fait, non seulement Dieu est de trop dans ce projet politique mais on le défie comme en témoignent les fêtes révolutionnaires de 1793 au cours desquelles on se livre à des actes blasphématoires dans les églises. (27) A l'absolu divin, on veut substituer un absolu humain, attitude qui ne peut conduire qu'au totalitarisme car de quel droit certains hommes décident de ce qui est bon pour tous les autres? Qu'est-ce qui fonde leur supériorité? Rien, ils ne peuvent que s'imposer par la violence en voulant que la réalité se plie à leur conception du monde et tout ce qui y fait obstacle doit être éliminé. Cela génère de leur part une haine féroce qui justifie toutes les abominations commises au nom de la Révolution.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;La haine, carburant de la Révolution.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A l'amour du Christ, les révolutionnaires opposent la haine et veulent réaliser un paradis sur terre... en créant l'enfer, suprême folie : &quot;On ne fonde pas un régime libre avec des préventions ignorantes et des haines acharnées&quot; (28). La Révolution, pour accomplir son sinistre projet, doit éliminer tout ce qui s'interpose entre l'État et l'individu afin que ce dernier puisse se fondre dans la &quot;volonté générale&quot;. Par conséquent, tous les groupes sociaux doivent disparaître.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Destruction des groupes sociaux&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La Révolution, après l'avoir mis au pas dans un premier temps, détruit le clergé, puis les corporations de métiers, tous les corps constitués de l'ancienne administration royale, et les provinces pour diviser la France en 83 départements, afin de mieux contrôler le pays. (29) Cette destruction est parachevée par la loi Le Chapelier qui a pour objectif d'empêcher la création de nouveaux groupes sociaux comme les associations ou les syndicats. Il ne reste plus rien entre le citoyen et l'assemblée nationale toute-puissante qui non seulement représente le peuple mais est le peuple et décide de ce qui est bon pour lui : à la monarchie absolue succède &quot;l'assemblée absolue&quot;. Cet objectif atteint, l'homme nouveau peut émerger et comme il est universel, la Révolution doit s'exporter.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Prosélytisme&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le prosélytisme de la Révolution est l'image inversée du messianisme chrétien: au lieu de se faire par la prédication, il s'accomplit par les armes; c'est ainsi que le 20 avril 1792, et pour une fois avec l'accord de Louis XVI qui espérait la défaite de l'armée révolutionnaire pour reprendre le pays en main, l'assemblée législative déclare la guerre à l'empereur d'Autriche, engageant la France dans un conflit qui devait durer 23 ans jusqu'à la défaite de Waterloo en 1815.&lt;br /&gt; En dehors de ces quatre caractéristiques que nous venons d'énoncer, il y a un élément rarement évoqué à propos de la révolution française: c'est la nullité de ses acteurs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Une révolution de nuls&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Les scélérats mêmes qui paraissent conduire la révolution, n'y entrent que comme de simples instruments; et dès qu'ils ont la prétention de la dominer, ils tombent ignoblement. Ceux qui ont établi la république, l'ont fait sans le vouloir et sans savoir ce qu'ils faisaient; ils y ont été conduits par les événements: un projet antérieur n'aurait pas réussi.&lt;br /&gt; Jamais Robespierre, Collot ou Barère, ne pensèrent à établir le gouvernement révolutionnaire et le régime de la terreur; ils y furent conduits insensiblement par les circonstances, et jamais on ne reverra rien de pareil. Ces hommes excessivement médiocres exercèrent, sur une nation coupable, le plus affreux despotisme dont l'histoire fasse mention, et sûrement ils étaient les hommes du royaume les plus étonnés de leur puissance&quot;. (30) &quot;&amp;nbsp;Toute cette France vivante, la tragédie immense que vingt-six millions de personnages jouent sur une scène de vingt-six milles lieues carrées, échappe au Jacobin; il n'y a, dans ses écrits comme dans sa tête, que des généralités sans substance [...] elles s'y déroulent par un jeu d'idéologie, parfois en trame serrée, lorsque l'écrivain est un raisonneur de profession, comme Condorcet, le plus souvent en fils entortillés et mal noués, en mailles lâches et décousues, lorsque le discoureur est un politique improvisé ou un apprenti philosophe comme les députés ordinaires et les harangueurs de club. C'est une scolastique de pédants débitée avec une emphase d'énergumènes. Tout son vocabulaire consiste en en une centaine de mots, et toutes les idées s'y ramènent à une seule, celle de l'homme en soi: des unités humaines toutes parallèles, égales, indépendantes et qui pour la première fois contractant ensemble, voila leur conception de la société. Il n'y en a pas de plus écourtée, puisque, pour la former, il a fallu réduire l'homme à un minimum; jamais cerveaux politiques ne se sont desséchés à ce degré et de parti pris. Car c'est par système...qu'ils s'appauvrissent&quot;. (31) &quot;Les parlementaires de la Révolution ne sont pas tant les auteurs de leurs propres paroles que les miroirs ou l'écho du consensus fabriqué par la force persuasive de quelques idées simples. Quelles que soient leurs convictions propres, leurs prises de position publiques ne font que&amp;nbsp; refléter par mimétisme ce que leur souffle le discours servi par l'orateur précédent&quot;. (32) On voit bien apparaître ici le caractère incontrôlé de la Révolution, que les principaux protagonistes ont légitimé par l'unanimité face à laquelle l'opposition, la délibération et la réflexion sont devenues des insultes à la souveraineté mais pire encore, &quot;pour s'emparer du pouvoir, l'Assemblée a dès l'abord toléré ou sollicité les coups de main de la rue. Mais en prenant les émeutiers pour alliés, elle se les est donnés pour maîtres et désormais [novembre 1789] à Paris comme en province, la force illégale et brutale est le principal pouvoir de l'État&quot;. (33) Les révolutionnaires ne savent que détruire comme l'illustrent ces propos de Saint-Just, l'&amp;nbsp;&quot;Archange de la Terreur&quot;: &quot;Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres&quot;. &quot;Ce qui constitue une république, c'est la destruction totale de ce qui lui est opposé&quot;. Au départ,&amp;nbsp; ils ne conçoivent l'ennemi que comme un élément externe (clergé, monarchie, noblesse) pour ensuite s'en imaginer et en fabriquer en son sein: la société idéale ne pourra pas se faire tant que ses adversaires ne seront pas éliminés: c'est une tâche sans fin, une insurrection permanente qui devient le seul but de l'action révolutionnaire. Cette constatation est d'ailleurs applicable à tous les totalitarismes dont la Révolution fut la matrice.&lt;br /&gt; En définitive, dépourvus de formation politique, jouant les apprentis sorciers en s'appuyant sur des émeutiers d'une incroyable barbarie, (34) les révolutionnaires ne furent que les acteurs minables d'une tragédie qu'ils n'avaient ni écrite ni même mise en scène pour être finalement broyés par la&amp;nbsp; machine à massacrer qu'ils avaient eux-mêmes lancée, de sorte que le 26 octobre 1795, date de l'avènement du Directoire, l'échec de la Révolution était consommé. Toutefois, celle-ci, de façon irréversible, avait laissé des traces profondes en divisant la France en deux, héritage amer d'une nation qui venait de traverser six années de folie collective.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L'héritage de la Révolution au XIXe siècle&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cet héritage, c'est d'abord la légitimation de la rébellion: à chaque fois qu'on est mécontent du pouvoir, on descend dans la rue pour prendre les armes et les émeutes n'ont pas manqué au cours du XIXe siècle. Pour le reste, il s'est installé cette idée que pour que la société change, il faut changer de pouvoir politique, voire de régime et le XIXe siècle en connut sept. Mais l'héritage le plus profond, c'est celui d'un espoir déçu, d'un désir de revanche sur l'Histoire et, le temps effaçant de la mémoire les horreurs de cette période noire pour l'idéaliser, il s'élabora sous le règne de Louis-Philippe, notamment avec Jules Michelet, une mythologie de la Révolution qui trouva un écho grandissant auprès d'une classe ouvrière souffrant de conditions d'existence terribles pour conduire à la révolution manquée de 1848. Elle fut suivie d'une deuxième tentative avec la Commune de 1871.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L'impossible révolution sociale&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il y a eu sous la Révolution un aspect social qui apparut avec les Enragés, un groupe de révolutionnaires radicaux qui revendiquaient l'égalité sociale en préconisant entre autres la taxation des riches; leurs idées furent reprises par Gracchus Babeuf qu'on peut considérer comme un véritable précurseur du communisme. &quot;Les Enragés, actifs de février à septembre 1793, donneront naissance à une extrême gauche anarchiste qui se manifestera dans les années 1890 par une série d'attentats sanglants et par des actions de banditisme résultant d'une corruption de l'anarchisme traditionnel par une phraséologie du droit à la paresse et au vol baptisé «reprise individuelle» ou «illégalisme».&amp;nbsp;&quot; (35) La caractéristique du socialisme français, c'est son athéisme radical, en réalité son antichristianisme viscéral, qui s'était développé sous le Second Empire et, repris par les vieux démons de la Terreur, les communards exécutèrent Mgr Darboy, archevêque de Paris, massacrèrent les dominicains d'Arcueil et les jésuites de la rue Haxo. La répression qui suivit la Commune et l'instauration de la IIIe République, qui consacra le pouvoir de la bourgeoisie, mit fin au socialisme révolutionnaire pour se muer en action syndicale que la loi de 1884 sur les associations professionnelles a rendu possible. (36) Le mythe révolutionnaire était à l'agonie; il recevra son coup de grâce au congrès de Tours, le 25 décembre 1920, avec l'adoption d'une motion présentée par Cachin et Frossard proposant l'adhésion du mouvement ouvrier à la IIIe Internationale communiste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Une révolution sur mesure pour la classe ouvrière&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La révolution bolchevique avec sa doctrine cohérente, le marxisme-léninisme, qui allie théorie et pratique, avait supplanté, pour la majorité du mouvement ouvrier français, le vieil héritage de 1789 dans lequel, au bout du compte, il avait peu à peu cessé de se reconnaître, préférant, depuis la &lt;a target=&quot;_self&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_d%27Amiens&quot;&gt;Charte d'Amiens&lt;/a&gt;, se focaliser sur l'action syndicale au détriment de la politique. Le communisme, au contraire, établit un&amp;nbsp; lien organique entre le syndicat et le Parti. Enfin, la classe ouvrière est appelée à prendre le pouvoir avec &quot;la dictature du prolétariat&quot;. Il n'en fallut pas davantage pour séduire la majorité des congressistes de Tours. Cette scission du mouvement ouvrier fut telle que le socialisme ne s'en remit jamais, le&amp;nbsp; communisme lui ayant ravi l'essentiel de la classe ouvrière dont il tirait son origine et son existence, et après 1945, seul le P.C.F. l'incarna, se présentant comme le parti de la Résistance, alors que les communistes avaient attendu les ordres de Moscou pour prendre le maquis, à cause du pacte germano-soviétique qui fut brutalement rompu par l'invasion de l'U.R.S.S. par l'armée allemande, le 22 juin 1941. A la Libération, le P.C.F. représentait 29% de l'électorat; il était puissant et armé mais heureusement, il ne put jamais prendre le pouvoir à cause des troupes américaines qui stationnaient sur le territoire français et le début de la guerre froide. Quoi qu'il en soit, le mythe de la révolution dont 1789 est l'archétype, se mondialisa encore davantage avec la révolution chinoise en octobre 1949. Quant au socialisme français, il survécut tant bien que mal pour s'unifier en 1971 avec la création du Parti socialiste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;La résurgence du socialisme&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La IVe République sous laquelle les ministères sautaient comme des bouchons de champagne, reproduisait dans son principe le régime d'assemblée de la IIIe République: c'était l'Assemblée nationale qui décidait de tout, y compris du choix des présidents du conseil (premier ministre) qui étaient toujours des parlementaires. Depuis l'éphémère IIe République dont le président était élu au suffrage direct et avait débouché sur le Second Empire, il y avait eu depuis un rejet du pouvoir personnel par les républicains, revenant de la sorte à&amp;nbsp; l'esprit de l'Assemblée législative de 1791. Avec la réforme constitutionnelle de 1962 qui instaura l'élection du président de la république au suffrage universel, les socialistes furent contraints de se choisir un chef pour les représenter, et ce fut François Mitterrand, lors de la première élection présidentielle de 1965 qui se présenta contre Charles de Gaulle; ce dernier ne fut élu qu'au second tour, son adversaire ayant réussi à le mettre en ballottage. Cependant, cet échec souligna pour Mitterrand la nécessité d'unifier la gauche non communiste et une autre révolution allait l'y aider, celle de 1968. Cette révolution n'était pas comme les autres; il s'agissait avant tout d'une libération des mœurs qui venait des U.S.A. et avait commencé avec le mouvement hippie: la jeunesse ruait dans les brancards de la vieille Amérique puritaine, elle était pacifiste et rejetait toute forme d'autorité et de morale, tout en prônant la liberté sexuelle.&amp;nbsp; Ce mouvement gagna la France, et on se souvient des slogans &quot;jouir sans entraves&quot;, &quot;il est interdit d'interdire&quot;, etc. C'était une sorte d'hédonisme débridé qui toucha la jeunesse, toutes classes&amp;nbsp; sociales confondues, un individualisme licencieux qui n'avait rien à faire de la politique ou d'un quelconque projet de société et allait par conséquent à l'encontre des valeurs républicaines. La particularité et le paradoxe de mai 68, c'est la rencontre de ce mouvement avec un mécontentement social qui provoqua la dernière grande grève générale que la France ait connue et cette rencontre eut un effet catalyseur si fort que certains ont cru le &quot;grand soir&quot; arrivé et que la révolution prolétarienne était possible, d'où l'émergence de groupes gauchistes. Les évènements de mai 68 ont montré également une lassitude devant une société ringarde qui semblait ne pas sortir de l'après-guerre: on voulait autre chose. Mitterrand en profita trois ans plus tard avec la création du Parti socialiste au congrès d'Épinay en juin 1971 et eut l'habileté de recycler tous les thèmes éculés du socialisme républicain, de récupérer d'anciens gauchistes (trotskistes et maoïstes), le tout pimenté de tiers-mondisme et de permissivité soixante-huitarde pour se présenter comme un parti du renouveau, incarnant un nouvel élan républicain: les socialistes sont les héritiers de 1789 et ils le montrèrent au congrès de Valence en 1981, année de leur victoire, et durant lequel des intervenants comme Paul Quilès (il déclare, à propos des journalistes jugés favorables à l'ancienne majorité, qu'« il faut faire tomber des têtes, le faire rapidement et dire lesquelles », ce qui lui valut le surnom de &quot;Robespaul&quot;), tinrent des discours de haine avec des mots tels que l'on se crut revenu au temps de la Convention. Mais discourir est une chose, gouverner une autre et pour la première fois de son histoire, la gauche allait le faire durablement, grâce aux institutions de la Ve République.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le chant du cygne de la gauche et&amp;nbsp; l'héritage funeste de la Révolution&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La gauche gouverna en tout quinze ans, entre 1981 et 2002 et son action se solda par un échec cuisant avec un bilan à somme négative : elle a rendu le citoyen encore plus dépendant de l'État pour faire de la France un pays d'assistés, entraînant un gaspillage accéléré de l'argent public; elle a contribué, sous les deux septennats de Mitterrand, à la corruption de la classe politique (&quot;&amp;nbsp;années fric&amp;nbsp;&quot;), à la constitution de féodalités par une application dévoyée de la loi de décentralisation, (37) tout ceci dans le cadre d'un processus de dissolution de la société amorcé depuis 1968, cette dernière étant caractérisée par un individualisme narcissique et la disparition de toute solidarité: chacun pour soi mais pas la république pour tous, notre pays n'ayant jamais connu dans le passé de plus grande soumission du pouvoir politique, comme c'est le cas actuellement, aux puissances d'argent que sont les entreprises multinationales et les grands groupes financiers.&lt;br /&gt; Si les autres pays occidentaux sont également touchés par le matérialisme propre à la société de consommation, la déchristianisation et l'individualisme, il n'en demeure pas moins que la France ne s'est jamais remise de la destruction des groupes sociaux opérée par la Révolution (38): les Français ont perdu leurs repères dans la société en perdant l'esprit de groupe, la conscience qu'on peut faire quelque chose ensemble, que l'union fait la force, bref le sentiment communautaire qui n'a rien à voir avec le communautarisme actuel: il est la conséquence à retardement du vide laissé par cette destruction et le fait d'individus originaires du tiers-monde qui se regroupent selon des critères raciaux ou religieux et rejettent les règles de la république dans laquelle, non seulement ils ne se reconnaissent pas, mais qu'ils vomissent.&lt;br /&gt; Dans cet ordre d'idées, à l'étranger, la France passe pour un pays arrogant, donneur de leçons, incapable de résoudre ses problèmes; son rayonnement culturel est tombé à zéro, sa littérature et son cinéma ne s'exportent plus. La centralisation jacobine alliée à la concentration des médias qui s'abreuvent aux mêmes dépêches d'agence a contribué à stériliser la vie intellectuelle et artistique du pays. (39)&lt;br /&gt; Quant aux libertés, le &quot;pays des droits de l'homme&quot; s'est fait condamner douze fois par la Cour européenne des droits de l'homme depuis le 1er janvier 2007 pour abus de la détention provisoire qui concerne actuellement 26,2 % des détenus. Sans parler de la surpopulation carcérale due principalement à l'allongement moyen de la durée de détention, parfois dans des conditions d'insalubrité qui nous renvoient au XIX e siècle comme à la prison Saint-Paul à Lyon.&lt;br /&gt; Proclamer de façon récurrente que la France est un pays démocratique et libre grâce à la Révolution, c'est un sophisme: autant affirmer que le paradis est issu de l'enfer. En vérité, la France a bénéficié comme les autres pays occidentaux, du vent de liberté qui a soufflé après la Libération et le début de la guerre froide, après que l'Europe eut subi le nazisme pour être confronté au communisme. Rappelons-le, la Révolution est l'archétype de tous les totalitarismes. Du coup, il est incompréhensible pour la plupart de nos concitoyens que les pays les plus respectueux des libertés soient les monarchies parlementaires d'Europe du nord, plus précisément les Pays-Bas et les pays scandinaves. (40 ) Il est encore plus incompréhensible pour nous que la France continue à honorer par ses places, ses avenues et ses rues, des hommes qui sont coupables ou complices de crimes contre l'humanité et qui, pour la plupart furent des membres de la Convention, elle-même grande ordonnatrice de la Terreur (41) et du génocide vendéen, (42) des hommes qui ont commis le péché originel de détruire les fondements chrétiens de notre pays, l'entraînant dans une chute qui a conduit au marasme actuel et dont on a bien du mal à voir l'issue.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;P.F.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 1 On a une trace de ce rationalisme grandissant chez Molière avec sa pièce à la&amp;nbsp; dimension shakespearienne, &lt;i&gt;Dom Juan&lt;/i&gt;:&lt;br /&gt; &quot;&amp;nbsp;Sganarelle: [..]&amp;nbsp; Qu'est-ce donc que vous croyez?&lt;br /&gt; Dom Juan : Ce que je crois?&lt;br /&gt; Sganarelle: Oui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;Dom Juan: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit&amp;nbsp;&quot;. &lt;i&gt;(Acte III, scène I)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;Ce personnage de Dom Juan annonce déjà le libertin du&amp;nbsp; XVIIIe siècle mais surtout, et c'est ce qui nous intéresse ici, la perte de toute notion de bien et de mal par la transgression des lois divines et sociales.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;2 Voltaire, &lt;i&gt;Le Fanatisme ou Mahomet le prophète&lt;/i&gt;, Œuvres complètes, éd. Garnier, 1875, tome 4, p. 135.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;3 Voltaire, «Mahomet avait le courage d'Alexandre», &lt;i&gt;Le dîner du comte de Boulainvilliers&lt;/i&gt;, Œuvres complètes, éd. Garnier, 1875, tome 26, p. 580.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;4 Voltaire, &lt;i&gt;Lettre à Frédéric II, roi de Prusse&lt;/i&gt;, datée du 5 janvier 1767.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;5 Voltaire, &lt;i&gt;Examen important de milord Bolinbroke ou le tombeau du fanatisme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;6 &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;7 Il est par ailleurs assez piquant de les voir se réclamer d'un homme qui préfigurait le patron paternaliste du XIXe siècle et le libéralisme qu'ils ne cessent de vilipender aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;8 Dans les années 1980, le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; qu'on ne peut pas soupçonner d'être royaliste, avait exhumé des minutes de procès se déroulant sous l'Ancien Régime pour constater que 70% des jugements rendus en première instance étaient infirmés en appel au profit du justiciable et qu'il existait déjà un système d'assistance judiciaire pour les plus démunis.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; A contrario, si on prend l'exemple actuel des États-Unis d'Amérique, ce &quot;&amp;nbsp;pays de la liberté&amp;nbsp;&quot; compte en 2006 le plus grand nombre de prisonniers au monde par rapport au total de la population, selon un rapport du groupe de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW) qui cite un rapport gouvernemental, soit 751 prisonniers pour 100 000 habitants. Par comparaison, la Grande-Bretagne compte 148 prisonniers pour 100 000 habitants, le Canada 107 pour 100 000 et la France 85 pour 100 000. Le taux américain dépasse celui enregistré en Libye (217 pour 100 000), en Iran (212) et en Chine (119) et a quintuplé en l'espace de 30 ans.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;9 Joseph de Maistre, &lt;i&gt;Considérations sur la France&lt;/i&gt;, chapitre VI, &lt;i&gt;De l'influence divine dans les constitutions politiques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;10 Il suffit d'observer des enfants jouant dans un jardin public pour voir à quel point ils peuvent parfois se montrer cruels entre eux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;11 &lt;i&gt;Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, article 1er.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;12 Fr. Jean-Michel Potin, &lt;i&gt;Le Livre noir de la révolution française&lt;/i&gt;,&amp;nbsp; première partie, &lt;i&gt;Les fait&lt;/i&gt;s, chap. XXIV, &lt;i&gt;Liberté, égalité, fraternité, ou l'impossibilité d'être fils&lt;/i&gt;, p.415-416, Cerf, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;13 &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;. , p.421.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;14 &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;15 &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.423.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;16 &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;17 &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.419.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;18 &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;19 &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.420. C'est ainsi qu'on a entendu parler dans les médias de &quot;&amp;nbsp;Génération 68&amp;nbsp;&quot;, &quot;&amp;nbsp;Génération Mitterrand&amp;nbsp;&quot;, etc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;20 Jacques Brel, extrait de la chanson &lt;i&gt;Jaurès&lt;/i&gt;, Barclay, 1977&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;21 Cf. &lt;i&gt;Le chant du départ&lt;/i&gt; : &quot;&amp;nbsp;La République nous appelle / Sachons vaincre ou sachons périr / Un Français doit vivre pour&lt;br /&gt; elle / Pour elle un Français doit mourir.&amp;nbsp;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;22 Fr. Jean-Michel Potin, &lt;i&gt;Le Livre noir de la révolution française&lt;/i&gt;,première partie, &lt;i&gt;Les faits&lt;/i&gt;, chap. XXIV, &lt;i&gt;Liberté, égalité, fraternité, ou l'impossibilité d'être fils&lt;/i&gt;, p.427,&amp;nbsp; Cerf, 2008&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;23 A ce propos, l'aboulie de Louis XVI, qui céda à toutes les exigences de l'Assemblée nationale, reste encore un mystère pour tous les historiens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;24 Jean de Viguerie, &lt;i&gt;Le Livre noir de la révolution française&lt;/i&gt;, première partie, &lt;i&gt;Les faits&lt;/i&gt;, Chapitre X : &lt;i&gt;La persécution antireligieuse&lt;/i&gt;, p.215, Cerf, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;25 Jean-Jacques Rousseau, &lt;i&gt;Du contrat social&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;26 Jean de Viguerie, &lt;i&gt;Le Livre noir de la révolution française,&lt;/i&gt; première partie, &lt;i&gt;Les faits&lt;/i&gt;, Chapitre X : &lt;i&gt;La persécution antireligieuse&lt;/i&gt;, p.213, Cerf, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;27 Cf. notre article : &lt;i&gt;France, crise d'identité.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;28 François Guizot.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;29 Le département était conçu de telle sorte que l'on puisse se rendre, à partir de son chef-lieu en n'importe lequel de ses points, en une seule journée de cheval.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;30 Joseph de Maistre, &lt;i&gt;Considérations sur la France&lt;/i&gt;, chap. premier, &lt;i&gt;Des révolutions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;31 Hippolyte Taine : &lt;i&gt;Les origines de la France contemporaine, La Révolution&lt;/i&gt;, t.II, &lt;i&gt;La Conquête jacobine&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;32 Fr. Renaud Silly, &lt;i&gt;Le Livre noir de la révolution française&lt;/i&gt;, deuxième partie, &lt;i&gt;Le génie&lt;/i&gt;, XIV, &lt;i&gt;Hippolyte Taine ou la Révolution française considérée dans son unité sur les origines de la France contemporaine 1876-1894&lt;/i&gt;, p.673, Cerf, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;33 Hippolyte Taine : &lt;i&gt;Les origines de la France contemporaine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Révolution&lt;/i&gt;, t.I&amp;nbsp; &lt;i&gt;l'Anarchie spontanée&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;34 Non seulement ils coupaient les têtes des personnes qu'ils venaient de tuer pour les mettre au bout de piques mais ils&amp;nbsp; éviscéraient leurs cadavres quand ils ne se livraient pas au cannibalisme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;35 Marc Crapez, &lt;i&gt;Le Livre noir de la révolution française&lt;/i&gt;, première partie,&amp;nbsp; &lt;i&gt;Les faits&lt;/i&gt;, Chapitre XX : &lt;i&gt;L'héritage de la Terreur au XIXe siècle&lt;/i&gt;, p.377,&amp;nbsp; Cerf, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;36 Il s'agit de la loi relative à la liberté des associations professionnelles ouvrières et patronales votée le 21 mars 1884, dont l'auteur est Waldeck-Rousseau, également rédacteur de la loi de 1901 sur les associations. Ces deux lois sont toujours en vigueur aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;37 Cette loi fut élaborée par Gaston Defferre en 1982, alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Il avait prévu des procédures de contrôle comptable très strictes pour les collectivités locales et territoriales; ces dispositions passèrent à la trappe, broyées par le hachoir parlementaire...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;38 Contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire, la société de l'Ancien Régime était autrement plus solidaire que celle qui a suivi le renversement de la monarchie (il faut garder à l'esprit que l'enseignement public instauré par Jules Ferry avait parmi ses objectifs celui de former de bons petits républicains, notamment en présentant les treize siècles qui ont précédé la Révolution comme une période d'obscurantisme: c'est à se demander comment la France a pu survivre si longtemps…).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;39 A titre de comparaison, l'Italie, si souvent regardée avec dédain par une pseudo intelligentsia parisienne, dispose de 31 journaux régionaux ou locaux, et ce pays, qui ignore la centralisation, connaît dans ses principales villes, une vie intellectuelle et culturelle intense s'exprimant dans la diversité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;40 Le Royaume-Uni a cessé d'être un exemple dans ce domaine depuis que le gouvernement travailliste de Tony Blair, s'inspirant du &lt;i&gt;Patriot&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Act&lt;/i&gt; américain, a fait voter, après le 11 septembre 2001,&amp;nbsp; des lois antiterroristes restreignant fâcheusement les libertés publiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;41 Il y a même des municipalités communistes qui ont des rues au nom de Robespierre: c'est comme si, actuellement, à Pnom-Penh, au Cambodge, on avait une avenue Pol Pot...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;42 Cf. notre article : &lt;i&gt;Le génocide, une invention française.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le génocide, une invention française</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Patrick Ferner)</author>
<category>France</category>
<pubDate>Mon, 10 Mar 2008 18:55:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Nicolas Sarkozy, alors candidat à l'élection présidentielle tient à Nice, le 30 mars 2007, les propos suivants : &lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;&quot;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l’Homme et elle est le pays du monde qui s’est le plus battu pour la liberté.&amp;nbsp;&quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; Le 7 novembre 2007,avant la fin de la session parlementaire, les députés Lionnel Luca, Hervé de Charette, Laure de la Raudière, Alain Moyne-Bressand, Jean-Frédéric Poisson, Jacques Remiller et Francis Saint-Léger, déposent un projet de loi qui comporte un seul article : &quot;&amp;nbsp;La République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794.&amp;nbsp;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Cette action ne provient pas de royalistes &quot;ultras&quot; mais de députés de la majorité non originaires de la Vendée à l'exception de Hervé de Charrette (descendant indirect du Chevalier de Charrette qui s'opposa aux troupes de l'armée révolutionnaire)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;qui n'est pas à l'origine de cette initiative, ne faisant que s'y rallier. Évidemment, les médias ont passé totalement sous silence cette initiative parlementaire. Il est vrai que la guerre de Vendée a toujours été présentée comme telle et jamais comme une entreprise systématique d'éradication d'une population. C'est ce que démontre l'historien Reynald Secher dans son ouvrage paru en 1986 et réédité en 2006:&lt;/span&gt; &quot;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;La Vendée-Vengée&amp;nbsp;: le génocide franco-français&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;&quot;, appuyé par Jean Meyer (auteur de la préface), Pierre Chaunu et Jean Tulard et pour qui la guerre de Vendée est un génocide, qui est non seulement le premier de l'Histoire mais l'archétype de tous ceux qui ont suivi; il fit, entre autres, l'objet d'une étude approfondie de la part de Lénine lors de son séjour en France. Et lorsqu'il fut au pouvoir en Russie, il désigna par le terme de &quot;Vendée&amp;nbsp;&quot;&amp;nbsp; les zones où il y avait des gens à exterminer. Cependant, quelle est la différence entre massacre et génocide? Pour répondre à cette question, nous reprendrons l'exposé des motifs donnés par les députés signataires du projet de loi :&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;&quot;&amp;nbsp;La définition du terme « génocide » établie par le tribunal international de Nuremberg est la suivante : « On appelle crime de génocide la conception ou la réalisation partielle ou totale, ou la complicité dans la conception ou la réalisation de l’extermination d’un groupe humain de type ethnique, racial ou religieux ». Notre code pénal (art. L. 211-1) en donne quant à lui la définition suivante : « constitue un génocide le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre, à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants: atteinte volontaire à la vie; atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique; soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe; mesures visant à entraver les naissances; transfert forcé d’enfants. » Ces définitions correspondent parfaitement aux actions menées par la convention à partir du 1er août 1793. À ceux qui ne manqueront pas de rétorquer que la population de la Vendée militaire ne constituait pas à proprement parler un groupe ethnique, signalons que l’adjudant général Hector Legros considérait en l’an III que «le pays que nous appelons Vendée est formé de la presque totalité de la Vendée, de la moitié des Deux-Sèvres et du Maine-et-Loire et d’une grande partie de la Loire-Inférieure». Deux lois furent votées par la Convention en préparation du «génocide vendéen» : celle du 1er août 1793 : « Anéantissement de tous les biens… » et celle du 1er octobre 1793 : « Il faut que tous les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d’octobre : le salut de la Patrie l’exige ; l’impatience du peuple français le commande ; mon courage doit l’accomplir ». Le point de départ du génocide est le décret du 1er août 1793 voté sur proposition de Barrère de Vieuzac après un discours incendiaire : « Ici, le Comité, d’après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leurs repaires, à incendier leurs forêts, à couper leurs récoltes et à les combattre autant par des ouvriers et des pionniers que par des soldats. C’est dans les plaies gangreneuses que la médecine porte le fer et le feu, c’est à Mortagne, à Cholet, à Chemillé que la médecine politique doit employer les mêmes moyens et les mêmes remèdes. L’humanité ne se plaindra pas; les vieillards, les femmes et les enfants seront traités avec les égards exigés par la nature. L’humanité ne se plaindra pas; c’est faire son bien que d’extirper le mal ; c’est être bienfaisant pour la patrie que de punir les rebelles. Qui pourrait demander grâce pour des parricides… Nous vous proposons de décréter les mesures que le comité a prises contre les rebelles de la Vendée; et c’est ainsi que l’autorité nationale, sanctionnant de violentes mesures militaires portera l’effroi dans les repaires de brigands et dans les demeures des royalistes.» (Gazette nationale ou le Moniteur universel du vendredi 9 août 1793, ancêtre du Journal officiel).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Le décret du 1er août 1793 relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de la Vendée stipulait dans son article 1er que: «Le ministre de la guerre donnera sur le champ les ordres nécessaires pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée…» Article VI: « Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce pour incendier les bois, les taillis et les genêts.» Article VII: «Les forêts seront abattues; les repaires des rebelles seront détruits; les récoltes seront coupées par les compagnies d’ouvriers, pour être portées sur les derrières de l’armée et les bestiaux seront saisis.» Article VIII: «Les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits dans l’intérieur. Il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l’humanité.» Article XIV : « Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la République ; il en sera distrait une portion pour indemniser les citoyens qui seront demeurés fidèles à la patrie, des pertes qu’ils auraient souffertes.»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Ce décret, malgré une déclaration de bonne conduite («avec tous les égards dus à l’humanité»), était un véritable appel au meurtre, au vol institutionnalisé et à la déportation des non-combattants, ce que l’on pourrait qualifier de nos jours d’«épuration ethnique». Ce décret sera suivi par celui du 1er octobre 1793 – décliné sur le mode du discours de Caton auprès du Sénat romain («delenda est Carthago») : «Détruisez la Vendée, Valenciennes et Condé ne sont plus au pouvoir de l’Autrichien. […] Enfin chaque coup que vous porterez à la Vendée retentira dans les villes rebelles, dans les départements fédéralistes. La Vendée et encore la Vendée, voilà le charbon politique qui dévore le cœur de la République française; c’est là qu’il faut frapper.» Après la prise de Laval le 23 octobre, et la défaite républicaine d’Entrammes, le 26 octobre 1793, un nouveau décret daté du onzième jour du deuxième mois, portera que «toute ville de la République qui recevra dans son sein les brigands ou qui leur donnera des secours sera punie comme ville rebelle. En conséquence, elle sera rasée et les biens des habitants seront confisqués au profit de la république». Les mesures préconisées furent appliquées à la lettre par les représentants en mission auprès des armées et dans les départements. Le 9 frimaire an II (29 novembre 1793), le représentant Fayau écrit aux administrateurs du département de la Vendée : « Vous savez comme moi citoyens que les brigands appelés de la Vendée existent encore quoique on les aie tués plusieurs fois à la tribune de la Convention. […] Je vous engage à prendre les mesures les plus promptes et les plus énergiques pour que les armées catholiques et royales dans le cas où elles rentreraient dans la Vendée n’y trouvent plus qu’un désert. […] Il serait bon, citoyens, que des commissaires nommés par vous se transportassent de suite dans toutes les parties de votre département pour en faire retirer toutes les subsistances et pour faire arrêter tous les citoyens qui ont pris part directement ou indirectement aux troubles de la Vendée. Il faut purger la Patrie…»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;En novembre 1793, le général Turreau est nommé commandant en chef de l’armée de l’Ouest avec la charge de faire appliquer le décret du 1er août. L’ordre de départ est donné le 21 janvier 1794, cette première phase sera appelée « la promenade militaire » alors qu’à cette date la Grande Armée catholique et royale n’est plus qu’un nom. Turreau divise l’armée en six divisions de deux colonnes chacune, qui ont pour mission de ratisser le territoire et d’exterminer la population. Ce sont les «colonnes infernales» qui vont se livrer au génocide des Vendéens. L’ordre du jour du général Grignon, commandant la 2e division est très clair : « Je vous donne l’ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d’être brûlé et de passer au fil de l’épée tout ce que vous rencontrerez d’habitants. » Les rapports des généraux républicains commandant les Colonnes sont aussi particulièrement explicites : « Nous en tuons près de 2000 par jour. […] J’ai fais tuer (sic) ce matin 53 femmes, autant d’enfants. […] J’ai brûlé toutes les maisons et égorgé tous les habitants que j’ai trouvés. Je préfère égorger pour économiser mes munitions…» Le général Westermann, dans sa lettre à la Convention du 23 décembre 1793, suite à l’extermination des Vendéens ayant survécu à la Virée de Galerne à Savenay, précisait que: «Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les bois et les marais de Savenay. Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé.»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Lequinio, représentant du peuple dans la Charente et la Charente-Inférieure, est encore plus explicite dans sa lettre du 8 ventôse an II (26 février 1794): «Je crois que par séduction, argent, violence ou autrement, on avait pu s’emparer des chefs, il serait possible de n’exterminer que les étrangers, car quoique l’on puisse en croire, ce sont les hommes du pays même qui sont le moins dangereux; ils seraient réduits à l’instant s’ils s’étaient laissés à eux-mêmes; mais ce sont les prêtres, les nobles, les étrangers et les déserteurs mêlés au milieu de nous qui rendent leur réduction impossible. Il faut donc nécessairement les égorger tous. C’est le parti que facilite l’arrêté que mes collègues Garrau, Hentz et Francastel viennent de prendre, en faisant retirer dans l’intérieur de la république tous les réfugiés de ce pays, réduits au désespoir, ainsi que le sont les habitants de ce pays pervertis par les scélérats étrangers qui sont au milieu d’eux et qu’il n’eut pas été possible d’en séparer. Il est impossible maintenant qu’on use envers eux des moyens que l’on pouvait employer autrefois de concert avec la poursuite des étrangers. Il faut donc se décider à tout massacrer.»&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Le décret du 2 ventôse an II (20 février 1794) ordonnait la déportation des innocents et des bons citoyens de manière à ne plus laisser dans les pays révoltés que «les rebelles que l’on pourra plus aisément détruire». &quot;&amp;nbsp;[...]&quot;&amp;nbsp;Les exemples cités supra montrent la volonté incontestable de la Convention d’anéantir une population; ce qu’explique en 1794 Gracchus Babeuf dans un pamphlet, &quot;Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier&quot;, dans lequel il dénonce les exactions commises par Jean-Baptiste Carrier lors de sa mission à Nantes, dont il affirme qu’elles renvoient à un système de dépopulation qu’il nomme « populicide ». Comme le mot « génocide », forgé par Lemkin en 1944, il est employé pour désigner une forme de crime dont l’appréhension est inédite, le meurtre de masse visant un peuple dont le seul tort est son origine ethnique, raciale, religieuse ou politique. Pierre Chaunu, historien et membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 1982, n’a pas hésité à parler de génocide franco-français dans l’avant-propos du livre de Reynald Secher (cf. ouvrage cité plus haut) qu’il a signé: «Nous n’avons jamais eu l’ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barrère et de Carnot relatifs à la Vendée.» Les moyens utilisés pour ce faire, rapportés notamment par Reynald Secher ou par Michel Ragon (1793, L’insurrection vendéenne et les malentendus de la liberté, Albin Michel, Paris, 1992), ont été nombreux: épuration par mutilation sexuelle, création du premier camp d’extermination de l’histoire moderne à Noirmoutier, premiers essais de gazage de masse (insuccès, dû au gaz employé et à l’absence de confinement), premières crémations avec les fours à pain et les églises (exemple de l’église des Lucs-sur-Boulogne où furent brûlés vifs 563 villageois), noyades collectives avec les «noyades des galiotes» ou en couples avec les&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;«&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;mariages républicains&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman,serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;dans la Loire, création au Ponts-de-Cé d’ateliers de tannage de peau humaine – peau dont se vêtissent les officiers républicains – et d’extraction de graisse par carbonisation des corps des villageois massacrés à Clisson. À force de tueries, des municipalités, pourtant républicaines, et des représentants du Comité de salut public finissent par s’émouvoir. Turreau est relevé de ses fonctions en mai 1794, puis décrété d’arrestation en septembre. Jugé en décembre 1795, il est acquitté à l’unanimité.&amp;nbsp;&quot; (Source : Assemblée Nationale, document n°387)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;L'ultime caractéristique d'un génocide, c'est ce que Reynald Secher appelle le &quot;mémoricide&quot;, c'est-à-dire le négationnisme : il faut faire disparaître les traces du crime : l'ampleur de toutes ces atrocités risquait de nuire à la république et c'est ce qu'on tenté de faire les révolutionnaires après la chute de Robespierre en procédant à la destruction systématique de tous les documents liés à ce crime contre l'humanité. Seulement, ils avaient oublié une chose, le contenu des ordres qu'ils avaient donné aux exécutants : ils avaient exigé pour contrôler leurs opérations que, chaque jour, il soit rédigé par le général, un rapport en deux exemplaires, l'un destiné au pouvoir politique, l'autre au ministère de la guerre qui conserva ces rapports (dont nous avons cité des extraits plus haut) au fort de Vincennes où il sont toujours actuellement, les militaires n'ayant jamais reçu l'ordre de les détruire. Par conséquent, les preuves du génocide sont irréfutables, et c'est le privilège de l'Histoire que de voir les évènements du passé tels qu'ils se sont produits dès lors qu'on est parfaitement documenté sur ces derniers, ce qui est le cas ici. Mais alors, pourquoi le génocide n'est-il pas comparable avec tous les massacres qui ont jalonné et continuent à le faire, l'histoire de l'humanité ? Nous l'avons montré à propos du rationalisme dans notre article, France, crise d'identité : &quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un courant de pensée met l'homme au centre de l'Univers: il en est l'alpha et l'oméga. Cette philosophie exclut tout élément surnaturel et à fortiori métaphysique car l'homme est un être libre qui se gouverne par la raison qui par surcroît a pour objet de s'attaquer aux secrets de la nature.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;C'est d'ailleurs la caractéristique de toutes les idéologies (scientisme, marxisme, etc.) qui tirent leur origine du rationalisme. Il ne faut donc pas s'étonner que lorsque l'idéologie est au coeur du pouvoir politique, celle-ci débouche inévitablement sur le totalitarisme avec son cortège d'atrocités : ceux qui ne se soumettent pas doivent être exterminés ou mis au pas. Dans l'affaire vendéenne, les révolutionnaires ne se souciaient même plus de savoir qui était blanc ou qui était bleu : tuez-les tous et la république reconnaîtra les siens.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, le génocide est une invention française qui a fait des émules chez Lénine, Staline, Hitler et autres Pol Pot. Ses propos sont emblématiques d'un négationnisme érigé en vérité officielle depuis plus de deux siècles alors que notre droit pénal le condamne en ce qui concerne la Shoah, laquelle marquera à jamais l'humanité d'une tâche indélébile par son étendue, sa durée et son horreur. Aussi serions-nous bien inspiré de balayer devant notre porte avant de donner des leçons à d'autres pays comme la Turquie à propos du génocide arménien reconnu par la loi française qui a &quot;oublié&quot; de reconnaître le génocide vendéen et qu'un groupe de parlementaires a rappelé à son bon souvenir.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;P.F.&lt;/p&gt;
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<title>Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Patrick Ferner)</author>
<category>France</category>
<pubDate>Wed, 07 Mar 2007 11:45:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://patrickferner.hautetfort.com/images/thumb_Tocqueville2.3.jpg&quot; alt=&quot;medium_Tocqueville2.3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;J'avais remarqué durant mon séjour aux États-Unis qu'un état social démocratique semblable à celui des Américains pourrait offrir des facilités singulières à l'établissement du despotisme, et j'avais vu à mon retour en Europe combien la plupart de nos princes s'étaient déjà servis des idées, des sentiments et des besoins que ce même état social faisait naître, pour étendre le cercle de leur pouvoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Cela me conduisit à croire que les nations chrétiennes finiraient peut-être par subir quelque oppression pareille à celle qui pesa jadis sur plusieurs des peuples de l'Antiquité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Un examen plus détaillé du sujet et cinq ans de méditations nouvelles n'ont point diminué mes craintes, mais ils en ont changé l'objet.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;On n'a jamais vu dans les siècles passés de souverain si absolu et si puissant qui ait entrepris d'administrer par lui-même, et sans les secours de pouvoirs secondaires, toutes les parties d'un grand empire; il n'y en a point qui ait tenté d'assujettir indistinctement tous ses sujets aux détails d'une règle uniforme, ni qui soit descendu à côté de chacun d'eux pour le régenter et le conduire. L'idée d'une pareille entreprise ne s'était jamais présentée à l'esprit humain, et, s'il était arrivé à un homme de la concevoir, l'insuffisance des lumières, l'imperfection des procédés administratifs, et surtout les obstacles naturels que suscitait l'inégalité des conditions l'auraient bientôt arrêté dans l'exécution d'un si vaste dessein.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;On voit qu'au temps de la plus grande puissance des Césars, les différents peuples qui habitaient le monde romain avaient encore conservé des coutumes et des mœurs diverses: quoique soumises au même monarque, la plupart des provinces étaient administrées à part; elles étaient remplies de municipalités puissantes et actives, et, quoique tout le gouvernement de l'empire fût concentré dans les seules mains de l'empereur, et qu'il restât toujours, au besoin, l'arbitre de toutes choses, les détails de la vie sociale et de l'existence individuelle échappaient d'ordinaire à son contrôle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Les empereurs possédaient, il est vrai, un pouvoir immense et sans contrepoids, qui leur permettait de se livrer librement à la bizarrerie de leurs penchants et d'employer à les satisfaire la force entière de l'État; il leur est arrivé souvent d'abuser de ce pouvoir pour enlever arbitrairement à un citoyen ses biens ou sa vie: leur tyrannie pesait prodigieusement sur quelques-uns; mais elle ne s'étendait pas sur un grand nombre; elle s'attachait à quelques grands objets principaux, et négligeait le reste; elle était violente et restreinte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Il semble que, si le despotisme venait à s'établir chez les nations démocratiques de nos jours, il aurait d'autres caractères : il serait plus étendu et plus doux, et il dégraderait les hommes sans les tourmenter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Je ne doute pas que, dans des siècles de lumières et d'égalité comme les nôtres, les souverains ne parvinssent plus aisément à réunir tous les pouvoirs publics dans leurs seules mains, et à pénétrer plus habituellement et plus profondément dans le cercle des intérêts privés, que n'a jamais pu le faire aucun de ceux de l'Antiquité. Mais cette même égalité, qui facilite le despotisme, le tempère; nous avons vu comment, à mesure que les hommes sont plus semblables et plus égaux, les mœurs publiques deviennent plus humaines et plus douces; quand aucun citoyen n'a un grand pouvoir ni de grandes richesses, la tyrannie manque, en quelque sorte, d'occasion et de théâtre. Toutes les fortunes étant médiocres, les passions sont naturellement contenues, l'imagination bornée, les plaisirs simples. Cette modération universelle modère le souverain lui-même et arrête dans de certaines limites l'élan désordonné de ses désirs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Indépendamment de ces raisons puisées dans la nature même de l'état social, je pourrais en ajouter beaucoup d'autres que je prendrais en dehors de mon sujet; mais je veux me tenir dans les bornes que je me suis posées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Les gouvernements démocratiques pourront devenir violents et même cruels dans certains moments de grande effervescence et de grands périls; mais ces crises seront rares et passagères.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l'étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu'ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu'ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Je pense donc que l'espèce d'oppression, dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l'image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l'idée que je m'en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs. principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d'agir, mais il s'oppose sans cesse à ce qu'on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation a n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;J'ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l'un ni l'autre de ces instincts contraires, ils s'efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d'être en tutelle, en songeant qu'ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu'on l'attache, parce qu'il voit que ce n'est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m'importe bien moins que l'obéissance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Je ne nierai pas cependant qu'une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d'un homme ou d'un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l'oppression qu'il fait subir aux individus est quelquefois plus grande; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu'on le gêne et qu'on le réduit à l'impuissance, peut encore se figurer qu'en obéissant il ne se soumet qu'à lui-même, et que c'est à l'une de ses volontés qu'il sacrifie toutes les autres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d'elle, les forces et les droits qu'on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l'État, mais profitent à l'État lui même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu'ils ont fait au public de leur indépendance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c'est donc diminuer le mal que l'extrême centralisation peut produire, mais ce n'est pas le détruire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Je vois bien que, de cette manière, on conserve l'intervention individuelle dans les plus importantes affaires; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L'on oublie que c'est surtout dans le détail qu'il est dangereux d'asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté a croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu'on pût jamais être assuré de l'une sans posséder l'autre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l'usage de leur volonté. Elle éteint ainsi peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l'obéissance, qui n'est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir; cet usage si important, mais si court et si rare, de leur libre arbitre, n'empêchera pas qu'ils ne perdent peu à peu la faculté de penser de sentir et d'agir par eux-mêmes, et qu'ils ne tombent ainsi graduellement au dessous du niveau de l'humanité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;J'ajoute qu'ils deviendront bientôt incapables d'exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu'ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables; s'agit-il du gouvernement de tout l'État, ils confient à ces citoyens d'immenses prérogatives; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d'élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s'étonnent et cherchent encore; comme si le mal qu'ils remarquent ne tenait pas à la constitution du pays bien plus qu'à celle du corps électoral.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l'habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire; et l'on ne fera point croire qu'un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d'un peuple de serviteurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m'a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l'imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à amener la ruine; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait bientôt s'étendre aux pieds d'un seul maître.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; &lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_de_Tocqueville&quot; title=&quot;Biographie et oeuvres&quot;&gt;Alexis de Tocqueville&lt;/a&gt; : De la démocratie en Amérique II, quatrième partie, chapitre VI, 1840&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>France, crise d'identité</title>
<link>http://patrickferner.hautetfort.com/archive/2006/11/21/france-crise-d-identite.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Patrick Ferner)</author>
<category>France</category>
<pubDate>Tue, 21 Nov 2006 17:15:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://patrickferner.hautetfort.com/images/thumb_RF3.4.jpg&quot; alt=&quot;medium_RF3.4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Quand on parle du déclin de la France, on se fait traiter de &quot;déclinologue&quot; ou de &quot;décliniste&quot; tant il est vrai que dans notre cher pays, on adore former des mots en &quot;isme&quot;. On pourrait en ajouter un : &quot;juridisme&quot;, c'est-à-dire cette propension à vouloir réguler la société exclusivement par le droit. Il y a un problème dans notre pays ? Vite, il faut &quot;faire une loi&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Cette tendance se vérifie au Parlement par un ordre du jour démentiel , engorgé par les projets de loi qui s'y bousculent. Cette situation traduit chez les Français un profond désarroi : elle est significative d'une société qui a perdu ses valeurs, ses points de repère et pour laquelle les textes votés par le Parlement apparaissent comme de pitoyables cataplasmes s'appliquant à un corps social malade. Certes ce tableau peut être tempéré par la nécessité de légiférer quand l'évolution des mœurs ou des technologies nouvelles le commande mais il faut bien admettre que ce n'est pas cela qui occupe à plein temps les sessions parlementaires. En outre, le maquis juridique qui en résulte inévitablement (textes législatifs se contredisant, impossibilité croissante de savoir qui fait quoi) est l'ultime avatar d'un rationalisme qui fut à l'origine de notre république : &quot;Mais une constitution qui est faite pour toutes les nations, n'est faite pour aucune: c'est une pure abstraction, une oeuvre scolastique faite pour exercer l'esprit d'après une hypothèse idéale, et qu'il faut adresser à l'homme, dans les espaces imaginaires où il habite&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(1)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;.(...)&quot;Voyez les travaux des trois assemblées nationales de France : quel nombre prodigieux de lois! depuis le 1er juillet 1789 jusqu'au mois d'octobre 1791, l'assemblée nationale en a fait 2 557. L'assemblée législative en a fait, en onze mois et demi 1 719. La convention nationale, depuis le premier jour de la république jusqu'au 4 brumaire au IV (26 octobre 1795) en a fait en 57 mois 11 210. Total: 15 479&quot; (...)&quot;Pourquoi tant de lois? C'est parce qu'il n'y a point de législateur. Qu'ont fait les prétendus législateurs depuis six ans? Rien, car &lt;i&gt;détruire&lt;/i&gt; n'est pas &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(2)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. Ces propos de Joseph de Maistre, publiés en 1797 nous renvoient de façon saisissante à la problématique de notre France républicaine, à savoir : quelle est son identité ? C'est désormais une question dont on ne peut plus faire l'économie et pour y répondre, il est nécessaire de rappeler ce qu'était la France de l'Ancien Régime pour voir ensuite, depuis la Révolution, ce qu'est le &quot;modèle républicain&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La France de l'Ancien Régime : vérités et contre-vérités&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;A la veille de la Révolution, la France est loin de présenter un état misérable : c'est le pays à la fois le plus peuplé (27 millions d'habitants) et le plus instruit d'Europe (47% d'alphabétisation), doté d'une armée puissante. Et contrairement à une idée reçue, le roi n'avait pas tous les pouvoirs : on oublie trop souvent l'importance des Etats Généraux composés de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Du reste, des rois se sont appuyés sur ce dernier pour freiner l'ambition de certains nobles : &quot;Il y a donc une constitution, puisque la constitution n'est que le recueil des lois fondamentales, et le Roi ne peut toucher à ces lois; s'il l'entreprenait, les trois ordres auraient sur lui le veto, comme chacun d'eux l'a sur les deux autres&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(3)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. En revanche, cette situation de la France contraste singulièrement avec une monarchie à bout de souffle : son autorité est d'autant plus affaiblie que l'administration royale souffre autant de l'incompétence que de la prévarication de ses responsables. Comme on le sait, la monarchie n'a pas su effectuer les réformes nécessaires et en 1788 une mauvaise récolte de blé crée une situation de disette. Toutefois, ces deux derniers éléments ne suffisent pas à expliquer cet évènement qui, selon la formule devenue célèbre, n'est pas une révolte mais une révolution. Et on ne peut le comprendre qu'en rappelant ce qui faisait le fondement même de la monarchie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Une monarchie théocratique&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;Un caractère particulier de cette monarchie, c'est qu'elle possède un certain élément théocratique qui lui est particulier, et qui lui a donné quatorze cents ans de durée: il n'y a rien de si national que cet élément&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(4)&quot;.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(...) &quot;Toutes les institutions imaginables reposent sur une idée religieuse, ou ne font que passer. Elles sont fortes et durables à mesure qu'elles sont divinisées, s'il est permis de s'exprimer ainsi&quot;. (..) &quot;Ces réflexions s'adressent à tout le monde, au croyant comme au sceptique; c'est un fait que j'avance et non une thèse. Qu'on rie de ces idées ou qu'on les vénère, n'importe: elles ne forment pas moins (vraies ou fausses) la base unique de toutes les institutions durables&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(5)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. Historiquement, cette particularité remonte à Clovis qui se fit sacrer à Reims le 25 décembre 496. Cela signifia à partir de ce moment-là que le roi ne tint sa légitimité que de Dieu, et que le principe unificateur de la France était le christianisme, seul ciment d'un pays composite qui était, comme on dirait aujourd'hui, multiethnique et multiculturel. Par la suite, la France devint pour Rome &quot;la fille aînée de l'Eglise &quot; lui donnant un rôle prééminent dans l'Occident chrétien. On commence à comprendre alors que les révolutionnaires ne pouvaient mettre à bas la monarchie qu'en sapant son fondement divin, et cela n'a pu se faire que par ce bouillonnement intellectuel connu sous le nom de &quot;siècle des Lumières&quot; (enligthenment en Angleterre, aufklärung en Allemagne) sans lequel la Révolution est inexplicable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Lumières ou obscurcissement ?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un courant de pensée met l'homme au centre de l'Univers : il en est l'alpha et l'oméga. Cette philosophie exclut tout élément surnaturel et à fortiori métaphysique car l'homme est un être libre qui se gouverne par la raison qui par surcroît a pour objet de s'attaquer aux secrets de la nature. On a même célébré le culte de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_de_la_Raison_et_de_l'%C3%8Atre_Supr%C3%AAme&quot; title=&quot;Wikipedia&quot;&gt;déesse Raison&lt;/a&gt; en 1793 avec une volonté forcenée de sacrilège : &quot;Les temples sont fermés, ou ne s'ouvrent qu'aux délibérations bruyantes et aux bacchanales d'un peuple effréné. Les autels sont renversés; on a promené dans les rues des animaux immondes sous les vêtements des pontifes; les coupes sacrées ont servi à d'abominables orgies; et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis, on a fait monter des prostituées nues&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(6)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. Nous avons affaire à une attitude prométhéenne, puisqu'il s'agit bien d'une révolte contre tout principe divin. Comment a-t-on pu croire en l'universalité de la raison ? N'importe quel mathématicien nous dira que tout raisonnement repose sur un axiome, c'est-à-dire un principe qui ne peut être démontré et qu'il faut admettre comme tel. Ce qui revient à dire que l'Univers échappe pour l'essentiel à notre entendement, qu'on peut raisonner dans tous les sens, y compris dans l'absurde et pire encore la raison peut justifier toutes les ignominies, ainsi que nous le montre la révolution française et celles qui l'ont prise comme référence, à savoir les révolutions bolchevique et chinoise. Et comme les principes sur lesquels se fonde tout raisonnement changent selon les individus, il ne faut pas s'étonner que la Révolution apparaisse comme un maelström balayant tout sur son passage, y compris ses propres enfants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La Révolution : un véritable cataclysme pour la France&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Les historiens ont beau être parfaitement renseignés sur cette période, nous avons toujours du mal à réaliser que la Révolution, avec la Terreur, a plongé la France dans une véritable guerre civile, détruisant tout un ordre social : &quot;Pour faire la révolution française, il a fallu renverser la religion, outrager la morale, violer toutes les propriétés, et commettre tous les crimes: pour cette œuvre diabolique, il a fallu employer un tel nombre d'hommes vicieux, que jamais peut-être autant de vices n'ont agi ensemble pour opérer un mal quelconque&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(7)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. Il est vrai qu'à partir du moment où l'homme rejette tout principe divin, il ne peut que laisser libre cours au déchaînement de ses passions et de ses vices car si Dieu n'existe plus, tout est permis : &quot;Cependant les lois sont sans vigueur, le gouvernement reconnaît son impuissance pour les faire exécuter; les crimes les plus infâmes se multiplient de toutes parts: le démon révolutionnaire relève fièrement la tête, la constitution n'est qu'une toile d'araignée, et le pouvoir se permet d'horribles attentats. Le mariage n'est qu'une prostitution légale; il n'y a plus d'autorité paternelle, plus d'effroi pour le crime, plus d'asile pour l'indigence. Le hideux suicide dénonce au gouvernement le désespoir des malheureux qui l'accusent. Le peuple se démoralise de la manière la plus effrayante; et l'abolition du culte, jointe à l'absence totale d'éducation publique, prépare à la France une génération dont l'idée seule fait frissonner&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(8)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. En renversant la monarchie, les révolutionnaires se sont érigés en souverains de la déesse Raison : &quot;La philosophie moderne est tout à la fois trop matérielle et trop présomptueuse pour apercevoir les véritables ressorts du monde politique. Une de ses folies est de croire qu'une assemblée peut constituer une nation, qu'une constitution, c'est-à-dire l'ensemble des lois fondamentales qui conviennent à une nation, et qui doivent lui donner telle ou telle forme de gouvernement, est un ouvrage comme un autre, qui n'exige que de l'esprit, des connaissances et de l'exercice; qu'on peut apprendre son métier de constituant, et que des hommes, le jour qu'ils y pensent, peuvent dire à d'autres hommes: Faites-nous un gouvernement, comme on dit à un ouvrier: Faites-nous une pompe à feu ou un métier à bras&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(9)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;Cependant il est une vérité aussi certaine, dans son genre, qu'une proposition de mathématiques; c'est que nulle grande institution ne résulte d'une délibération, et que les ouvrages humains sont fragiles en proportion du nombre d'hommes qui s'en mêlent, et de l'appareil de science et de raisonnement qu'on emploie à priori.&quot; (...) &quot;car le législateur ne peut se faire obéir ni par la force, ni par le raisonnement.&quot; (...)&quot;Il me suffit d'indiquer la fausseté de ce raisonnement: La république est victorieuse, donc elle durera. S'il fallait absolument prophétiser, j'aimerais mieux dire: La guerre la fait vivre, donc la paix la fera mourir&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(10)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. De fait, les évènements donnent raison à Joseph de Maistre, puisque le Directoire fait l'objet d'un coup d'état, celui du &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_18_fructidor_an_V&quot; title=&quot;Wikipedia&quot;&gt;18 fructidor an V&lt;/a&gt; (4 septembre 1797), déclenchant une nouvelle &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche&quot; title=&quot;Wikipedia&quot;&gt;Terreur blanche&lt;/a&gt; en 1799. Seul un pouvoir fort, incarné par Napoléon Bonaparte peut sauver le pays du désastre et préserver les acquis de la Révolution.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Napoléon Bonaparte : préservateur ou fossoyeur de la Révolution ?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La France est menacée de l'intérieur et de l'extérieur par la coalition des monarchies européennes menée par la Grande-Bretagne et les troupes révolutionnaires surent en repousser victorieusement les assauts ; comment un pays en état de guerre civile a-t-il pu réaliser un tel exploit ? Joseph de Maistre nous en donne l'explication : &quot;Or, comment résister à la coalition? Par quel moyen surnaturel briser l'effort de l'Europe conjurée? Le génie infernal de Robespierre pouvait seul opérer ce prodige. Le gouvernement révolutionnaire endurcissait l'âme des Français, en la trempant dans le sang; il exaspérait l'esprit des soldats, et doublait leurs forces par un désespoir féroce et un mépris de la vie, qui tenaient de la rage. L'horreur des échafauds, poussant le citoyen aux frontières, alimentait la force extérieure, à mesure qu'elle anéantissait jusqu'à la moindre résistance dans l'intérieur. Toutes les vies, toutes les richesses, tous les pouvoirs étaient dans les mains du pouvoir révolutionnaire; et ce monstre de puissance, ivre de sang et de succès, phénomène épouvantable qu'on n'avait jamais vu, et que sans doute on ne reverra jamais, était tout à la fois un châtiment épouvantable pour les Français, et le seul moyen de sauver la France&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(11)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. C'est ainsi que l'Autriche qui avait la meilleure armée de l'Europe continentale avec la Prusse, fut sans cesse tenue en échec, que ce soit par les armées révolutionnaires ou celles de Napoléon. Lorsque ce dernier arrive au pouvoir, il prend la tête d'un pays en lambeaux ; il est urgent de mettre fin au mouvement révolutionnaire tout en préservant ses acquis voire en les confortant et pour ce faire, il fait œuvre de législateur et dote l'Etat d'institutions, et d'une administration structurée (il organise le pouvoir exécutif en directions et ministères et instaure le système des préfets). Si les réformes effectuées étaient pour la plupart à l'état de projets sous le Directoire et le Code civil la reprise de droits qui remontaient à l'Ancien Régime, plus ceux issus de principes révolutionnaires, Napoléon eut le mérite de les mener à bien. Mais surtout, il était urgent pour le Premier Consul de rétablir la paix civile en s'efforçant de combler la fracture entre révolutionnaires d'un côté, et royalistes de l'autre : d'un côté, il réalise certains projets révolutionnaires et de l'autre, il règle la question religieuse par la signature du &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Concordat_de_1801&quot; title=&quot;Wikipedia&quot;&gt;Concordat&lt;/a&gt; s'attirant de la sorte les faveurs de tous ceux qui reprochaient à la Révolution son caractère antichrétien, tout en renforçant son autorité. La mémoire collective a retenu de Napoléon le chef de guerre au détriment du législateur qui a établi en France le droit moderne et rendu irréversible les acquis de la Révolution. &lt;i&gt;La France ne reviendra plus jamais à l'Ancien Régime malgré la Restauration qui succéda au Premier Empire.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La Restauration ou l'échec de la monarchie constitutionnelle&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration&quot; title=&quot;Wikipedia&quot;&gt;Restauration&lt;/a&gt; part sur un mauvais pied : elle se fait sur la ruine de l'Empire et elle est imposée par les vainqueurs de la coalition menée par la Grande-Bretagne : ils exigent que la monarchie soit rétablie mais avec une constitution. C'est la charte de 1814 qui cherche à concilier les principes d'une monarchie traditionnelle et ceux de la Révolution dans son aspect le plus modéré. L'intermède des Cent-Jours, ultime soubresaut de l'Empire, ne fait que suspendre ce processus. Autre handicap pour cette restauration : la Chambre des Députés n'est composée que de royalistes divisés entre ultras et libéraux. La bourgeoisie qui fut le fer de lance de la Révolution et qui constitue la classe sociale montante est totalement exclue du jeu politique. Cette exclusion conduit à une situation insurrectionnelle qui, avec les Trois Glorieuses, finit par mettre un terme à la monarchie et au règne des Bourbons en 1830, et en accord avec les historiens, on peut dire que c'est la fin de la Restauration et ajouterons-nous, &lt;i&gt;de la tentative qui visait à rétablir le fondement chrétien de la monarchie&lt;/i&gt; que Maistre appelait de tous ses vœux : Charles X a été le dernier roi à se faire sacrer à Reims, ce qui n'est pas le cas pour Louis-Philippe dont le règne va assurer une transition entre la monarchie traditionnelle et la république.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Louis-Philippe, un roi sans couronne&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Louis-Philippe n'est plus le roi de France mais &lt;i&gt;des Français&lt;/i&gt; liant la monarchie au peuple et non à l'Etat. Autre symbole fort : l'adoption du drapeau tricolore au détriment du drapeau blanc de la Restauration. Ces deux concessions sont faites implicitement à l'opposition républicaine tout en mécontentant les royalistes et les cours européennes qui qualifient le nouveau souverain de &quot;roi des barricades&quot;. Il est en revanche surnommé le &lt;i&gt;Roi Citoyen&lt;/i&gt; par le peuple. Autrement dit, Louis-Philippe ne tient plus sa légitimité &lt;i&gt;d'en haut&lt;/i&gt;, mais &lt;i&gt;d'en bas&lt;/i&gt;. C'est un sorte de roi &quot;républicanisé&quot;, du moins jusqu'en 1840, année durant laquelle il évince son ministre, Adolphe Thiers, au profit de François Guizot lequel, contrairement à son prédécesseur, mène une politique résolument conservatrice et à contre-courant de l'évolution de la société française qui se trouve confrontée à l'industrialisation générant une nouvelle classe sociale, le prolétariat, constitué par cette population venue des campagnes pour se faire embaucher dans les usines ; à partir de 1846, une crise financière et économique précédée d'une crise agricole en 1845 déclenche un exode rural vers les grandes villes ce qui finit par provoquer la révolution de 1848, celle des prolétaires. Après l'effondrement brutal de la Monarchie de Juillet, les républicains vont enfin réaliser leur objectif en proclamant la république. Si cette république arrive à faire quelques réformes, elle souffre de désordres populaires (révolte ouvrière des journées de juin 1848), de l'absence de chef charismatique, vide que Louis-Napoléon Bonaparte s'empresse de combler en se faisant élire président de la République pour créer le Second Empire dont l'avènement est accueilli favorablement par les Français.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Le Second Empire, dernière étape avant la France républicaine&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Le Second Empire se divise en deux périodes égales : la première, dite autoritaire et la seconde, dite libérale qui permettra à la future IIIème république de s'établir ; Napoléon III a tiré la leçon de la crise économique des années 1846-48, qui était due à la faiblesse du système bancaire, asphyxiant les entreprises qui ne pouvaient plus investir. Il avait compris &quot;que la paupérisation n'est pas le produit du capitalisme mais, plus certainement du manque de capitalisme&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(12)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot; et de fait, &quot;Napoléon III sut démontrer qu'il était possible de concilier autorité et modernité, hiérarchie et partage des fruits de la croissance, enrichissement de la nation et amélioration du sort de la classe &quot; industrieuse&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(13)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;&quot;. Ce développement économique et industriel correspond à celui des sciences et des techniques dont le rationalisme du XVIIIe siècle avait fait le lit : son caractère prométhéen est amplifié par cette puissance technologique qui se développe et il trouve son prolongement dans des nouvelles théories qui se veulent scientifiques (matérialisme, positivisme, scientisme, évolutionnisme, etc.), faisant croire à l'homme qu'il peut dominer la nature et maîtriser son destin. Les républicains s'inscrivant dans ce courant rationaliste, ils apparaissent comme incarnant le modernisme face aux monarchistes définitivement ringards. Il y a là une dynamique qui va permettre à la république d'entrer par la petite porte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;République : un mot tabou&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Après le désastre de la guerre de 1870, on se garde bien de proclamer la république, ce mot paraissant marqué par un &quot;signe indien&quot; : la première république avait donné Robespierre et la Terreur, la seconde Napoléon III. Il faut attendre 1875 pour que soient promulguées &lt;i&gt;les lois constitutionnelles&lt;/i&gt;, et non la constitution, c'est-à-dire un ensemble minimaliste de règles organisant le fonctionnement des pouvoirs : par prudence, on s'est gardé d'élaborer, comme par le passé, un texte structuré. Ce caractère non structuré des &lt;i&gt;lois constitutionnelles de 1875&lt;/i&gt; donne aux institutions politiques une souplesse qui explique en partie la longévité de la IIIe République (65 ans). Mais on ne peut vraiment parler de république qu'après la démission de Mac-Mahon en 1879. Jules Grévy lui succède et avec l'aide des différents &lt;i&gt;présidents du conseil&lt;/i&gt; (premier ministre), il s'attache à établir une république laïque, démocratique et parlementaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La république, enfin !&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;C'est dans cette optique que Jules Ferry accomplit sa réforme de l'enseignement public : il s'agit de former des bons républicains ; l'idéologie républicaine, issue de la Révolution et par son caractère totalitaire, doit régner sans partage dans les écoles. Cette réforme est précédée par des décrets excluant de l'enseignement public les congrégations religieuses. Décidément, les héritiers de 1789 ne peuvent pas exister sans se poser en adversaires implacables du christianisme et le paroxysme est atteint avec la vague d'anticléricalisme du ministère Combes par l'expulsion des Chartreux en 1903 de leur monastère où ils ne reviendront qu'en 1940 (au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité...). Ce n'est pas un hasard car les Chartreux sont l'ordre monastique le plus représentatif du clergé régulier : pour &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_1905&quot; title=&quot;Loi de 1905&quot;&gt;Emile Combes&lt;/a&gt; et le parti radical, cette expulsion revêt un caractère symbolique. Cette politique anticléricale s'accompagne de considérations politicardes : il s'agit de détourner l'attention des socialistes dont les revendications en faveur de la classe ouvrière dans cette république de notables se font de plus en plus pressantes et auxquels on jette le clergé en pâture, histoire de faire diversion. Dans cette France républicaine, l'anticléricalisme se confond avec l'antichristianisme et ne fait que perpétuer la division entre les Français depuis 1789.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;La république ou l'impossible union&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Depuis que l'unité du pays a été définitivement brisée par la Révolution, ses héritiers ne peuvent maintenir la cohésion de la république que s'ils s'opposent à quelque chose : sur le plan intérieur, comme on vient de le voir et sur le plan extérieur face à l'Allemagne qui a amputé le pays de l'Alsace et de la Lorraine, créant chez les Français un désir de revanche et alimentant un patriotisme virant parfois au nationalisme exacerbé, comme avec le parti nationaliste de Paul Déroulède. Du reste, le navire républicain, pris par la tempête des scandales à répétition, commence à faire eau de toutes parts quand éclate la Première Guerre mondiale qui ressoude momentanément le pays autour de son drapeau. Mais sitôt la guerre terminée et le Traité de Versailles signé, la république est reprise par le démon de la division.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;20 ans, 40 ministères&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;De 1919 à 1939, La France connaît 40 ministères, soit une durée moyenne de 6 mois pour chaque gouvernement. L'époque a changé : l'Europe vient d'entrer brutalement dans le XXe siècle dont on peut considérer qu'il commence le 11 novembre 1918, la période 1901-1918 apparaissant pour les historiens comme un prolongement de la précédente (1870-1900). Mais un évènement majeur s'est produit, c'est la révolution bolchevique avec à sa tête Lénine, qui, avant la guerre, était venu parfaire sa formation de révolutionnaire en France. Les conséquences ne se font guère attendre pour la vie politique française avec la création en 1920 du parti communiste. Les héritiers de 1789, devenus les notables de la IIIe République ont trouvé plus antichrétiens et plus révolutionnaires qu'eux...Ils ne sont pas au bout de leurs peines, car ils sont confrontés à la montée du fascisme, cette idéologie forgée par Mussolini. L'extrême droite française, au nom du patriotisme et des valeurs traditionnelles, vomit cette république &quot;de copains et de coquins&quot; qui à ses yeux avilit la France. Elle aura sa revanche avec la chute de la IIIe République et l'avènement du gouvernement de Vichy.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Le régime de Vichy ou la grande déchirure&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Alors que depuis 1792, la république avait toujours su repousser les ennemis venus de l'étranger, notamment l'Autriche, pour la première fois elle tombe sous les coups d'un autre pays germanique, l'Allemagne. La défaite de 1940 provoque un énorme traumatisme dans le pays, aggravé par l'Occupation. et crée une véritable fracture : faut-il obéir à Pétain ou à De Gaulle ? Cette question est déchirante pour bon nombre de Français ; cette crise de l'autorité, plus précisément de la légitimité du pouvoir pose la question des valeurs auxquelles notre pays entend se rattacher. En attendant, le mythe républicain qui reposait entre autres sur le prestige de son armée provoque chez les Français, notamment chez les jeunes hommes (âgés de 20 à 25 ans) une grave crise d'identité. Et c'est chez ces derniers que la Résistance recrute l'essentiel de ses troupes, l'héritage révolutionnaire revenant à la surface. Mais malgré l'évidence qu'il y avait à présenter un front commun face à l'occupant, les différents mouvements composant la Résistance étaient incapables de s'entendre et il a fallu toute l'énergie et le charisme d'un Jean Moulin pour unifier celle-ci. Les Français vont-ils tirer la leçon de cette période tragique ? Pas du tout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Une république mal partie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;En 1945, le gouvernement provisoire présidé par le général de Gaulle malgré quelques réformes importantes (droit de vote accordé aux femmes, création de la Sécurité Sociale), est rapidement gagné par des dissensions internes et en proie aux partis, situation dénoncée par le président du conseil qui démissionne en 1946. Le 5 mai de la même année, les électeurs repoussent un premier projet de constitution ; enfin, le 13 octobre, le nouveau projet de constitution est adopté par 53% de oui et 31% d'abstentions mais si on regarde ces résultats en fonction du nombre d'électeurs inscrits, seulement 36% des Français l'ont approuvé, ce qui est un mauvais présage pour la durée de cette IVe République proclamée le 27 octobre. Ce qui retient notre attention pour cette immédiate après-guerre, c'est la création en 1944 du Mouvement Républicain Populaire (MRP) par Georges Bidault ; ce parti issu de la Résistance s'affiche comme démocrate-chrétien et vise à dépasser le clivage droite-gauche ; sur ce point, il échoue pour se muer au fil des ans en parti du centre pris entre deux feux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Le messianisme républicain battu en brèche&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Conformément à l'universalisme des &quot;Lumières&quot;, la colonisation a été l'occasion de diffuser l'idéal républicain auprès de populations appartenant à des civilisations fortement marquées par la religion, que ce soit le bouddhisme en Indochine (l'actuel Vietnam) ou l'islam au Maghreb. Ironie du sort, elles réclament leur indépendance au nom de Voltaire, de Montesquieu et de la déclaration des droits de l'homme que leurs colonisateurs leur avaient fait connaître. Toujours est-il que le problème de la décolonisation heurte de plein fouet la notion même de &quot;mission civilisatrice de la France&quot; qui confronte notre pays à une nouvelle crise d'identité. La IVe République tombe avec la question de l'Algérie, ce territoire, parmi toutes les colonies, ayant subi le plus l'empreinte française.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Charles de Gaulle, sauveur de la république&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Le paradoxe de l'idéologie républicaine, c'est son incapacité à assimiler des cultures différentes de la sienne alors qu'elle se veut universaliste. En fait, elle veut imposer son universalité, convaincue qu'elle détient la vérité. C'est, en dehors du drame humain que la décolonisation de l'Algérie a entraîné, la cause principale de son caractère douloureux : les populations autochtones ne veulent pas du modèle universaliste français et il s'agit bien là d'un choc des cultures. La crise est si grave que seul un régime avec un pouvoir exécutif fort peut dénouer la crise, tandis qu'une république parlementaire ne pouvait qu'échouer. Charles de Gaulle accède au pouvoir, et avec lui le gaullisme, qu'on a parfois taxé de bonapartisme voire de monarchisme. Il y a en effet quelques analogies, notamment en ce qui concerne la constitution de 1958 qui plonge ses racines dans un vieil atavisme monarchique resté tapi, quoi qu'on en dise, dans l'inconscient collectif des Français, ce qui n'a pas empêché les rédacteurs de cette constitution de rechercher une partie de leur inspiration outre-Atlantique (la Cour Suprême des USA a servi de modèle pour le Conseil Constitutionnel). Et c'est sans doute pour cela que la Ve République fêtera ses cinquante ans en 2008. Pour l'aspect bonapartiste, on retrouve cette volonté de concilier les principes républicains et la philosophie patriotique de l'humanisme, héritier du christianisme. De Gaulle, qui naguère participa aux cercles démocrates-chrétiens veut à son tour mener une politique qui aille au-delà du clivage droite-gauche. Et il y parviendra, jusqu'aux évènements de mai 1968 qui sonneront le glas de cette politique pour entraîner sa démission presque un an plus tard après le referendum raté d'avril 1969. Cependant, pour la première fois dans notre histoire, il nous a laissé des institutions politiques adaptées à notre temps et que plus personne n'entend remettre en cause à quelques exceptions près (certains prônent une VIe République) ; on a préféré faire évoluer la constitution de 1958 par des réformes (notamment saisine du Conseil Constitutionnel). Maintenant que cette évocation historique est terminée, il est possible de comprendre ce qui caractérise la France et les Français aujourd'hui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;L'échec du &quot;modèle républicain&quot;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;Quand on regarde l'histoire de la France depuis 1789 comme nous venons de le faire, les évènements donnent raison à Joseph de Maistre quand il prédit l'échec de la république. Pourquoi ? &lt;i&gt;Parce que toute l'énergie de la France post-révolutionnaire se déploie uniquement dans le sens à la fois d'une défense et d'un affrontement, et non dans celui d'une dynamique créatrice et à fortiori unificatrice&lt;/i&gt;. Cela s'explique d'abord par le cataclysme de la Terreur évoqué plus haut, imprimant sur le peuple français une marque indélébile telle qu'il a toujours peur du changement, se méfie de tout ce qui vient de l'étranger, sans pour autant être xénophobe (par exemple: la peur de la mondialisation) et d'une façon générale montre en permanence une résistance à l'innovation. La Révolution nous a légué une société atomisée, individualiste sans que cette dernière caractéristique trouve sa contrepartie dans un quelconque esprit d'entreprise, et faisant face à une administration omnipotente et de plus en plus impotente. Le désir de se protéger contre l'adversité l'emporte sur la prise de risque, les Français préférant la rente à l'investissement industriel. Le plus grand des paradoxes de la Révolution, c'est de voir qu'elle a engendré un conservatisme et un esprit de privilège qui n'a rien à envier à celui de l'Ancien Régime : on peut citer par exemple, l'attitude des dirigeants de la IIIe République, qui, s'appuyant sur un électorat rural donc conservateur, vantaient &quot;l'ordre éternel des champs&quot;. La deuxième explication tient au fait que la Révolution repose sur la transgression de l'ordre divin, entraînant une faillite de la morale publique : toutes les républiques ont été marquées par des scandales retentissants. Depuis 1968, la morale sociale est également touchée : cette morale est honnie, parce qu'elle est aux yeux de ses ennemis qui l'appellent faussement &quot;morale bourgeoise&quot; la dernière trace de religion dans notre société. Elle symbolise à leurs yeux une cascade d'interdits devenue insupportable dans un pays dont la population fut, avant le Concile de Vatican II, catholique à quelques 80%. Si cette forme de transgression est partagée avec tout l'Occident, l'exception française réside dans le fait qu'elle s'accompagne d'un militantisme politique qui s'inscrit dans ce qui est devenu une tradition révolutionnaire, laquelle ne peut survivre que si elle se trouve des nouvelles bastilles à conquérir, que si elle est toujours en guerre contre quelque chose. Mais comme notre société est devenue permissive, il n'y a plus rien à transgresser ou contre quoi se révolter. Il n'y a donc plus qu'à se révolter contre soi-même et s'autoflageller en se rendant responsables, méchants Occidentaux post-colonialistes que nous sommes, de toutes les misères du Tiers-Monde. En revanche, ce n'est pas s'autoflageller ou se montrer &quot;décliniste&quot; que de nous regarder tels que nous sommes et faire preuve d'humilité, c'est faire le diagnostic d'un pays malade de ses illusions, de ses blocages, de ses peurs, de ses préjugés et de son insupportable prétention à présenter le &quot;modèle républicain&quot; comme universel alors qu'il est au bord du dépôt de bilan (au propre comme au figuré : l'abyssale dette publique de la France en est le reflet emblématique). C'est particulièrement flagrant en ce qui concerne la promotion sociale au sein de notre société : &quot;Alors qu'on pensait depuis Jules Ferry que les études &quot; payaient &quot;, une certitude forgée à l'âge de l'élitisme républicain, à l'époque où les enfants du peuple qui obtenaient les diplômes scolaires étaient sûrs de monter dans l'échelle sociale, les désillusions sont aujourd'hui terribles&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(14)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. Ces désillusions se traduisent par un nombre croissant de jeunes diplômés qui partent travailler à l'étranger, ne trouvant pas d'emploi dans un pays qui pratique par ailleurs une discrimination imbécile à l'embauche. Même le plus serein d'entre nous a de quoi s'inquiéter lorsqu'il constate avec effroi que la société dans laquelle il vit perd ses éléments dynamiques, soit en les laissant partir, soit en les anéantissant par le chômage ou le sous-emploi : &quot;L'égalité des chances, qui avait été l'hymne du &quot; modèle &quot; républicain, n'est plus qu'un mythe&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;(15)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&quot;. Qu'est-ce que ce pays où la pensée unique, le &quot;politiquement correct&quot;, derniers reliquats d'une pensée révolutionnaire et totalitaire, empêchent tout échange constructif d'idées comme celles que nous exprimons ici, au point qu'il faille aller sur Internet pour pouvoir le faire et y chercher des informations que les médias, champions du mensonge par omission, nous cachent ? Certes, les autres pays d'Europe connaissent des difficultés, mais pas cette crise d'identité qui est bien, on peut le dire ici, une exception française ; nos voisins, s'ils subissent également les effets de la déchristianisation trouvent encore leur cohésion grâce à leur identité culturelle, ce qui nous est impossible vu la diversité originelle qui caractérise notre pays. Les révolutionnaires de 1789 ont voulu remplacer une unité surnaturelle transcendant la diversité de notre pays par l'unité illusoire de la Raison, ouvrant une boîte de Pandore qui a libéré tous les maux dont nous souffrons aujourd'hui. Pour reprendre les propos visionnaires de Maistre, ils ont &lt;i&gt;détruit&lt;/i&gt; au lieu de &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt;, et l'inanité du discours politique actuel n'est que l'expression d'une société du néant qui n'a plus rien pour la rassembler autour d'un but commun.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;P.F.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&lt;!--[if !supportEmptyParas]--&gt; Notes :&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;1 Joseph de Maistre, &lt;i&gt;Considérations sur la France&lt;/i&gt;, Chap.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;VI, 1797&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;2 ibid., Chap. VII&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;3 ibid., Chap. VIII&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;4 ibid.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;5 ibid., Chap. V&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;6 ibid.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;7 ibid., Chap. X&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;8 ibid.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;9 ibid., Chap. VII&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;10 ibid.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;11 ibid., Chap.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;12 Jacques Marseille, &lt;i&gt;Du bon usage de la guerre civile en France,&lt;/i&gt; 2006 - Editions Perrin( collection Tempus) Chap. 5, p.99&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;13 ibid., p.100&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;14 ibid., Chap. 8, p.157&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoPlainText&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;15 ibid., p.156&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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