03/10/2006

Le vrai visage de l'islam

L'Islam n'a pas deux visages

Y aurait-il deux Islams? L'un guerrier et l'autre tolérant et pacifique? Anne-Marie Delcambre lève le voile sur ce qui apparaît bien être un attrape nigauds.

Pour ne pas avoir à accuser l'islam de violence et de terrorisme, les occidentaux non musulmans et certains musulmans occidentalisés ont inventé "l'islamisme". Idéologie politique et guerrière, l'islamisme n'aurait, selon eux, absolument rien à voir avec l'islam religion. En d'autres termes, il y aurait deux islams: l'islam éclairé, ouvert, pacifique, religion d'amour, de tolérance et de paix - et ce serait la religion pratiquée par la grosse majorité des musulmans qui ne demanderaient qu'à pratiquer leur religion dans la tranquillité - et l'autre islam -l'islamisme- obscurantiste, fermé sur lui-même, sectaire, fanatique, guerrier, un islam politique, déviant et malade et qui n'aurait rien à voir avec le premier, le vrai, le bon, le juste, le rayonnant, le modéré, le mystique, le frère du judaïsme et du christianisme, dont la haute spiritualité conduirait de nombreux non musulmans à se convertir.

Cette invention des "deux islams" est extrêmement pratique car elle rassure l'Occident non musulman sur la nature de l'islam. Malheureusement il s'agit là d'un énorme mensonge car il n'y a qu'un seul islam et il n'a pas deux visages mais un seul à facettes multiples. La facette mystique et la facette terroriste sont les deux extrêmes, mais de nombreuses facettes se situent entre ces deux facettes extrêmes et toutes ont toujours coexisté et s'abreuvent aux mêmes sources, le Coran, considéré comme la Parole de Dieu et la personne de Muhammad -Mahomet- qui constitue pour tous les musulmans, sans exception, le beau modèle à suivre, comme le prescrit le Coran. (Sourate 33, les Factions, verset 21 "Vous avez dans l'Apôtre d'Allah, un bel exemple (uswatun Hasanatun) pour quiconque espère en Allah et au Dernier Jour et invoque (dhakara) Allah fréquemment")[Traduction Régis Blachère].

Or, dans le Coran, Parole de Dieu, il est difficile de nier que les ordres de Dieu n'appellent à la paix que lorsqu'il n'est pas possible de faire autrement... Dans la sourate 47, Muhammad (Mahomet), verset 35 ou 37, il est prescrit "Ne faiblissez donc pas! N'appelez point à la paix alors que vous avez la supériorité! Allah est avec vous et II n'abolira pas vos [louables] actions". Et ces ordres de Dieu, il serait sacrilège d'y toucher. Les paroles divines emprisonnent le croyant, lequel n'aurait jamais l'idée d'en sortir. Comme le fait remarquer Jean-Paul Roux, dans son dernier livre "les Ordres d'Allah": "Au cours des siècles, on en a fait des commentaires [de ces paroles], on les a expliquées, on a essayé de tirer au clair ce qu'elles avaient d'obscur. On ne les a jamais contestées. Toutes les tentatives d'interprétation libérale ont été vouées à l'échec, que ce soient celles des mutazilites du IX ème siècle, qui soutenaient la théorie d'un Coran créé, et non pas incréé, ou celles des chiites ismaéliens qui en faisaient une lecture ésotérique. Toute personne qui prétend user de son intelligence, de son jugement, de sa science pour aboutir à des conclusions même justes, mais opposées au sens obvie est dans l'erreur car son intelligence, son jugement, sa science ne sauraient égaler ceux d'Allah. Il en découle que toute étude historique et épistémologique semblable à celles qui ont été réalisées en Occident sur la Bible et les Evangiles est impensable et n'a effectivement pas lieu."

Et la question qui est posée est extrêmement grave car il s'agit de savoir si le musulman est à jamais enfermé dans le carcan de ses textes fondateurs? L'islamologue turcologue qu'est Jean-Paul Roux -qui recherche plus la conciliation que la provocation- énumère les ordres d'Allah qui sont dans le Texte coranique. "Le musulman doit-il, dans certains cas, battre ses femmes, interdire qu'elles épousent des infidèles, se séparer d'elles en les répudiant, condamner la consommation du vin et les jeux de hasard, haïr les juifs, s'efforcer par tous les moyens d'imposer sa religion, tuer les infidèles, de la même façon qu'il doit être modeste, patient humble, juste, honnête, charitable, respectueux, dévoué à ses parents? On est tenté de répondre par l'affirmative, toute innovation étant blâmable, une hérésie (bida)." (p 132 "les Ordres d'Allah", Editions Desclée de Brouwer, 2006).

Si Jean-Paul Roux est tenté de répondre oui, lui qui cherche, autant que faire se peut, la conciliation, on peut être fortement inquiet. C'est un Catholique honnête et parce qu'il a publié de nombreux ouvrages sur la Turquie, l'Iran, l'empire mongol, il sait que ce qu'il dit s'applique à l'ensemble du monde musulman. Mais là où l'islam est particulièrement dangereux, c'est qu'il englobe toute la vie du croyant, du berceau jusqu'à la tombe, dans tous les domaines et qu'il n'y a pas de séparation entre le public et le privé, pas plus qu'il n'y a de séparation entre le politique et le religieux. L'islam est total, global, il englobe la totalité car tout comportement obéit à une règle. Mais en même temps chaque règle est une règle de comportement religieux, que cette règle soit dans le domaine juridique, politique ou intime. C'est le religieux qui recouvre tout. Le système pleinement réalisé devrait s'appeler théocratie et jamais "démocratie". On nous ment quand on nous affirme que l'islam serait une foi qui se pratique dans la sphère privée, comme le christianisme. L'islam est à la fois une foi, une loi, un droit (fiqh), lequel est l'application de la Loi qu'est la charî'a. Et cette charî'a a prescrit de combattre l'infidèle (jihâd ou qitâl), de lui réserver un traitement inégalitaire (dhimmî), d'appliquer aux musulmans des peines fixes (hudûd) pour des crimes bien définis (adultère (zinâ), apostasie (ridda), blasphème(tajdîf), vol (sariqah), brigandage (qaf al-tarîq), meurtre (qatl) et bien sûr consommation d'alcool.

Quant au beau modèle que constitue le prophète pour les musulmans, doit-on gommer les passages de sa biographie (sîra) où il a été amené à verser le sang, à s'attribuer des captives de guerre, à partager le butin. Martine Gozlan dans son livre sur l'islamisme ("Pour comprendre l'intégrisme islamiste", Editions Albin Michel, 1995) ose parler des deux visages de Mahomet, celui fasciné par l'exemple de Jésus, attiré par la prière, sensible à la tendresse et à la douceur, et un Mahomet, celui de Médine, qui va se montrer parfois rancunier, cruel, conquérant. "Aucune grille d'explication de l'islam ne peut passer sous silence cette dualité" écrit-elle!

Mais c'est là justement que réside la malhonnêteté de cette analyse: le prophète aux deux visages, les deux Corans, l'islam et l'islamisme. Faudrait-il conclure que l'islam est double tout simplement parce qu'il faut occulter une partie inquiétante de cette religion! Alors on a choisi d'évincer cette partie jugée mauvaise et de l'appeler: "islamisme", "intégrisme", "fondamentalisme", "salafisme", "wahhabisme", dans une superbe ignorance de la signification de ces termes, prêts à tout pour trouver des mots "boucs émissaires" pour dédouaner cette belle religion qu'est l'islam, que l'on estime injustement attaquée, calomniée, méprisée. C'est tout juste si certains n'entreprennent pas la réhabilitation de l'islam, tandis que d'autres en font l'apologie de manière éhontée, dans le silence complice des autres religions.

Que l'islamisme soit rendu responsable de toute la violence de l'islam, c'est bien pratique et c'est tellement facile. Mais que va-t-on faire pour le Coran et pour le Prophète? Va-t-on enlever tous les Ordres d'Allah incompatibles avec les droits de l'Homme? Et le Prophète... qui aurait deux visages, comment va-t-on faire? Va-t-on en faire un nouveau Janus, avec les deux visages tournés en sens contraire, un visage pour le "bon" islam et un visage pour "l'islamisme"!

Car pour expliquer les attentats, il suffit de se reporter à la vie du prophète, lequel a justifié l'assassinat politique pour le bien de l'islam. De même, faire peur, inspirer la terreur (rahbat) -dont on a tiré le mot moderne "terrorisme" (irhâb))- était la méthode que le noble modèle préconisait pour semer la panique chez les ennemis de l'islam.

Alors dire que l'islamisme n'est pas l'islam, qu'il n'a rien à voir avec l'islam, est faux. Pour le musulman d'hier et d'aujourd'hui il n'y a qu'un seul Coran comme il n'y a qu'un seul prophète. L'islamiste est autant musulman que le mystique car il s'appuie sur ces deux fondements. Et dans ces deux fondements il y a l'appel au combat. Ici-bas la guerre pour la victoire de l'islam doit être poursuivie tant que l'islam n'est pas entièrement victorieux. La paix n'est envisageable que si la victoire paraît, pour le moment, impossible ou douteuse (sourate 47, verset 35/37). Mais la paix sera plutôt une récompense du paradis, quand toute la terre aura été pacifiée. Comment passer sous silence que pour les musulmans le monde se partage entre le territoire de l'islam (dâr al-Islam) et le territoire non musulman, qualifié de territoire de la guerre (dâr al-harb).

Certes il y a un incontestable idéal de paix, qui est en fait un idéal de pacification. C'est pourquoi il est dit, à propos des ennemis "S'ils inclinent à la paix, toi aussi incline vers elle" (sourate 8, le butin, verset 61/63). Mais il faut lire le verset qui précède, (sourate 8, verset 60/62) "Préparez, contre ces Infidèles, ce que vous pourrez de force et de chevaux par quoi vous effraierez l'ennemi d'Allah... " Et c'est le verbe arhaba qui est utilisé (turhibûna bihi), qui signifie susciter la terreur. C'est le nom d'action (masdar) de ce verbe (irhâb) qui a été choisi pour traduire le mot "terrorisme".

Entre l'islam et l'islamisme, il n'y a pas de différence de nature mais de degré. L'islamisme est présent dans l'islam comme le poussin l'est dans l'oeuf. Il n'y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu'il n'y a d'islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n'appliquent que partiellement l'islam.

Et c'est bien là qu'est le problème. Qui qualifiera-t-on de bon musulman? Celui qui stigmatise et tue les infidèles, les idolâtres, les athées, les mécréants, bref tous ceux qui sèment la corruption sur la terre comme l'ordonne le Saint Coran, ou celui qui choisit de lire le Coran autrement, une lecture occidentale, christianisée et laïcisée... Et considérée comme hérétique par rapport à l'interprétation traditionnelle musulmane.

Les autruches occidentales ont choisi de ne pas répondre à cette question et de condamner pour incitation à la haine celui qui oserait prétendre que l'islam n'est pas une religion d'amour, de paix et de tolérance. Elles se sentent d'ailleurs soutenues par les autruches musulmanes qui trouvent commode de présenter l'islam comme une religion idéalisée, sachant que les vrais musulmans "ceux qui savent" ne seront pas dupes. Et quant aux autres, une réislamisation habile aura vite fait de les remettre sur le droit chemin. De plus il ne faudrait pas oublier que la "taqiyya", la dissimulation de protection, est partie intégrante de l'islam chiite et rendue obligatoire ("Quiconque n'observe pas la taqiyyah n'a pas de foi: "man là taqiyyata lahu là dîna lahu"). Or, la taqiyyah est curieusement adoptée aussi par les musulmans sunnites, ce qui leur permet de nous "servir" un discours "light" pour mieux nous tromper sur la réalité de leur religion. Ils ne mentent pas vraiment, ils dissimulent pour faire avancer l'islam! L'avantage non négligeable c'est que des non musulmans pourront ainsi être attirés par cette religion abrahamique, présentée comme si proche du christianisme et du judaïsme et par le biais de ces conversions, l'islam progressera en Europe.

On comprend donc mieux ce consensus qui s'opère pour maintenir, renforcer même, la distinction islam/ islamisme. Le malheur c'est que ces autruches ignorantes ou malhonnêtes ne sont pas de simples mortels. Certaines occupent de hauts postes dans la hiérarchie religieuse. Des rabbins, des pasteurs, des curés, des religieux dominicains, pères blancs, jésuites se sont mis d'accord pour établir un dialogue entre religions. Alors on gomme soigneusement ce qui pourrait diviser. Et on trouve très pratique de parler d'islamisme alors qu'il s'agit, qu'il s'est toujours agi d'islam, purement et simplement. Car parlons-en de cet islam idéalisé, qualifié d'islam des lumières, qu'on ne cesse de nous vanter. Ce serait l'islam des philosophes et l'islam des mystiques. Or c'est absolument faux de dire que cet islam des lumières ne serait pas un islam des interdits. Aucun philosophe, aucun mystique n'a jamais renié le Coran et le prophète. Oser parler d'un islam des Lumières qui s'opposerait à l'islam juridique revient à envisager un islam qui est encore à naître.

Pour accepter l'islam, l'Europe a forgé le mythe de l'Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d'or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s'agit d'une véritable falsification de l'histoire réelle. Sinon comment expliquer cette phrase du grand philosophe juif Maïmonide, mort en exil au Caire (Egypte), en 1204 à propos de l'islam des conquérants musulmans almohades d'Espagne: "Jamais nation ne nous a brimés, dégradés, avilis et haïs autant qu'eux". On peut aussi se demander pourquoi le philosophe Avicenne, au Xème siècle, fut obligé de fuir, toujours persécuté pour ses idées hétérodoxes par les Turcs sunnites et pourquoi les musulmans le considèrent comme hérétique. Mais surtout pourquoi le grand mystique Mansur Al-Hallaj, né en 858, qui préconisait simplement l'amour de Dieu jusqu'à l'extase, fut condamné à mort en 922. Il fut conduit sur la place publique, les bourreaux lui coupèrent les mains et les pieds, le flagellèrent de cinq cents coups de fouet. Il fut mis en croix. Décapité, son corps fut arrosé de pétrole, brûlé et ses cendres furent dispersées. La tête fut exposée, piquée au sommet d'une lance, sur un pont du fleuve Tigre, deux jours durant. C'était en 922. Mais le 7 mai 1131, "Ayn Al-Quzât Hamadani", mystique persan du Xllème siècle, accusé d'hérésie, fut écorché vif, pendu et jeté au feu... Il avait trente-trois ans. Son seul crime était d'être mystique...

Alors qu'on cesse de nous considérer comme des idiots qui ignoreraient l'apport de l'islam des lumières. En réalité on ne nous dit jamais que les textes grecs ont été traduits par des Chrétiens d'Orient, à partir du syriaque ou directement du grec. (Ni Avicenne, ni Averroès ne connaissaient le grec!). Qu'on cesse de nous dire qu'il y eut un islam philosophe ou mystique accepté par la majorité des musulmans. C'est exactement le contraire. Le peuple musulman ne toléra jamais que l'on s'écarte de l'interprétation littérale des textes. Le calife abbaside al-Ma'mûn (813-833) voulut imposer par la force l'usage de la raison pour les juristes de l'islam, mais certains comme Ibn Hanbal (fondateur de l'école juridique hanbalite) préféra se faire emprisonner et se laisser fouetter.

Qu'on arrête les mensonges destinés à nous anesthésier. Les musulmans veulent faire admettre par l'Occident un islam habillé autrement et débarrassé de ses aspects choquants. Comme le fait remarquer Marie Thérèse Urvoy, "ils savent jouer des contradictions des Européens, retrouvant les thèmes qui les préoccupent et utilisant le même vocabulaire: la liberté de la femme, son libre choix, ses droits. Les Occidentaux ne répondent rien, incapables de renvoyer quelque image de grandeur et de dignité spirituelle". Les raisons? L'islamologue les donne: d'abord nous sommes victimes de la culture du remords. On se culpabilise pour tout. Mais la deuxième raison est une détestation pathologique de soi: l'Occident se sent coupable et le réflexe inhérent à ce mépris de soi, conduit à préférer l'autre à soi-même: l'islam en Europe a vite compris qu'il était la parfaite incarnation de cette altérité.

On s'explique alors cette double attitude envers l'islam chez les Européens, intellectuels et universitaires inclus: l'aversion, parfois irrationnelle, et l'adulation, aussi irrationnelle mais souvent complaisante (par exemple le savant Alain de Libéra récriminant contre "l'occultation des sources arabes de la pensée européenne" [Qantara, n° 44, été 2002]). Le passage de l'une à l'autre attitude est fréquent. Aussi, tablant sur cette complaisance des Occidentaux, s'est mis en place une propagande islamique très élaborée, une véritable stratégie d'islamisation. D'où le procédé de revendiquer pour le pur islam toutes les qualités. En même temps, très habilement on dénonce les faiblesses des autres religions. Mais surtout on fait reposer sur l'islamisme toute la violence.

C'est ainsi que Muhammad Talbi, cité par Marie Thérèse Urvoy, n'hésite pas à écrire "Tout dans le Coran invite à la mansuétude. Toute la charia, élaboration purement humaine (..) insiste sur le répressif et ordonne des peines qui n'existent pas dans le Coran: lapidation, décapitation, les deux peines bibliques (sic). Et cette façon d'amalgamer judaïsme et christianisme historiques avec ce qui est présenté comme étant des dérives musulmanes -l'islamisme-, cela est très bien vu des milieux laïques ainsi que de nombre de Chrétiens progressistes". On pourrait ajouter que les juifs progressistes s'associent à cette analyse. C'est plutôt curieux pour les Juifs d'Afrique du Nord qui idéalisent leur vécu en terre d'islam. Ils n'ont trouvé la liberté que sous administration française ou dans les pays occidentaux...

Mais l'on remarquera bien que ces habiles stratèges musulmans se gardent, bien entendu, de parler des versets abrogeants et des versets abrogés. Les versets abrogeants, les plus durs et chronologiquement les derniers révélés, abrogent les versets plus doux, et ceci à partir de l'an 9 de l'hégire, (sourate 9 verset 29). D'autre part, les versets plein de mansuétude, de bonté et de miséricorde ne s'adressent qu'aux croyants (musulmans)... Le Musulman est le frère du croyant musulman "al-muslim akhû al-musim". Il ne se sent absolument pas le frère du Chrétien, le frère du Juif. Et encore moins le frère de l'athée, de l'impie. Quand il est interdit de tuer (sourate 5, verset 32/35), c'est bien des croyants musulmans, véritables successeurs des Enfants d'Israël, dont il s'agit. La preuve, le verset suivant, verset 33/37 le confirme clairement: "La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays" (..). Texte merveilleux de douceur!

Et l'amour des Juifs (?) transparaît clairement dans cette même sourate 5, verset 64/ou 69: "Et les Juifs disent: "La main d'Allah est fermée". Que leurs propres mains soient fermées et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au contraire, ses deux mains sont largement ouvertes. Il distribue ses dons comme il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. "Nous avons jeté parmi eux l'inimitié et la haine jusqu'au jour de la résurrection. toutes les fois qu'ils allument un feu pour la guerre, Allah l'éteint. et ils s'efforcent de semer le désordre sur la terre alors qu'Allah n'aime pas les semeurs de désordre". Loin d'être abrogé ce verset a été cité, mais habilement tronqué, pour appuyer une fatwa de l'UOIF, destinée aux musulmans, lors des émeutes des banlieues. D'ailleurs la sourate 5, la table servie, est la dernière révélée dans l'ordre de la révélation. Comme les versets de la sourate 9, ses versets ne sont pas abrogés. Or, c'est le contraire qu'on veut nous faire croire, dans le plus total mépris de toute la littérature traditionnelle musulmane (depuis le commentaire de Tabari au 9ème siècle jusqu'à celui de Sayyid Qutb, le maître à penser du mouvement des Frères musulmans, pendu sur l'ordre de Nasser, en 1966. Les commentaires sont extrêmement répétitifs et ne vont jamais dans le sens d'un adoucissement).

Mais nous ne demandons qu'à croire le discours lénifiant de nos autruches parce que nous avons peur de ce que nous pressentons obscurément: Si l'islam est violent alors il faudra le combattre et nous n'en avons pas envie. Alors par lâcheté nous écoutons ce qui nous rassure. Mais comment être pleinement rassurés quand on sait que, remarque Marie-Thérèse Urvoy, "dans la dernière mouture de la charte des Musulmans de France, le droit de changer de religion a été supprimé sans que cela soulève de grandes protestations".

"Les louables soucis d'humanisme, d'universalisme ou simplement la crainte de paraître raciste nous font passer sous silence toutes les questions épineuses, nous font taire ou déguiser la vérité comme si l'on pouvait construire sur des mensonges, même bien intentionnés" remarque Jean-Paul Roux (p 12). La vérité, c'est qu'il n'y a qu'un islam et dans cet islam, l'image du juif, de l'athée, de l'idolâtre, du chrétien trithéiste rend impossible la fraternisation du musulman avec eux... Le problème ce n'est pas l'islamisme... C'est le Coran et le prophète. Tout simplement.

Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox

Dernier livre paru: "La Schizophrénie de l'Islam". Editions Desclée de Brouwer

Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox - Article paru le 25/06/2006

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Islamophilie et culpabilité

Islamophilie et culpabilité

 

jeudi 24 février 2005 Anne-Marie Delcambre mis en ligne mai 2005
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Publié avec l'autorisation de Liberty Vox

*Cet Article fut écrit à l’origine pour Les Cahiers Rationalistes. À l’issue d’un débat houleux au sein de la rédaction, et contre l’avis d’Alain Policar, le directeur de la publication, et de Jean-Philippe Catonné qui soutenaient Anne-Marie Delcambre, ce texte fut refusé à l’écrasante majorité. La lâcheté de certains de nos contemporains nous aura au moins permis de vous faire découvrir cette passionnante étude et de compter désormais parmi nous ce courageux chercheur.
La Rédaction de Liberty Vox.

Depuis plus de vingt ans, beaucoup d’intellectuels européens –religieux et laïcs- éprouvent une réelle attirance pour l’islam. On peut parler de véritable islamophilie.

C’est ainsi qu’on «redécouvre» la civilisation de l’islam, on exalte sa mystique, on vante sa tolérance... En revanche on dénonce le matérialisme de l’occident, son amour de l’argent, sa pornographie, sa technique inhumaine. On va même jusqu’à estimer que nous devrions nous inspirer de la sagesse et de la spiritualité musulmanes, nous y trouverions des réponses pour combler le vide intellectuel et spirituel de notre pauvre Occident.

Innombrables sont les témoignages d’intellectuels, principalement français, en faveur de l’islam. À tel point que Jacques Ellul, en 1991, pouvait écrire «Restait quand même pour moi la question insoluble: comment des générations d’intellectuels arabisants avaient-ils pu se tromper de façon radicale au sujet de l’islam, en le présentant comme une terreur et une menace? (…) Il y a là un mystère de création d’opinion publique durable mais tenue aujourd’hui pour complètement fausse, que je n’ai jamais vu expliqué ni même abordé.».(1)

Si cet éminent savant, de famille juive mais converti au protestantisme, se disait bouleversé par l’islamophilie grandissante, c’est qu’en tant que juriste, il connaissait parfaitement le danger que représente la fixité des textes dans cette religion si juridique qu’est l’islam, et il n’oubliait pas les statuts d’infériorité réservés aux non musulmans en terre d’islam, «comparables à ceux du serf au Moyen Age». Il pensait même que l’islam n’était pas étranger à l’introduction dans le christianisme de l’idée de guerre sainte, c’est-à-dire la conception que la guerre peut être bonne. Effectivement, quand on remarque l’énorme distance entre les textes des Évangiles et certains textes du droit canon de l’Église catholique romaine, on peut être fortement tenté de penser qu’il y a eu «Subversion du Christianisme» et Jacques Ellul a peut-être raison de croire que l’islam n’y est pas totalement étranger.

Parallèlement à son chapitre consacré à l’islam dans «Subversion du Christianisme» écrit en 1983, ce «grand dérangeur» qu’était Jacques Ellul, écrivait la préface au livre très documenté de Bat Ye’or sur le problème des dhimmis «The Dhimmi. Jews and Christians under Islam» (conditions des juifs et des chrétiens vivant dans une société musulmane). Ce que pensait Jacques Ellul, c’est que le monde musulman n’avait pas évolué dans sa façon de considérer le non-musulman «Nous sommes avertis par là de la façon dont seraient traités ceux qui y seraient absorbés» écrivait-il. Et il ne craignait pas, lui le théologien spécialiste des religions, de présenter l’islam «comme une religion totalitaire fondée sur la notion de Droit divin à caractère non-évolutif». Le message de Jacques Ellul aboutit à prôner une certaine prudence vis-à-vis d’une religion dont les textes conduisent à privilégier la guerre, quand les conditions sont jugées favorables.

Or, paradoxalement, une sorte de cécité a atteint nos intellectuels en Occident. S’ils savent encore lire les textes archaïques de la religion catholique et les dénoncer avec virulence, en revanche s’agissant d’islam, les textes les plus rétrogrades ne suscitent aucune réaction. Au point qu’un éditorialiste du quotidien espagnol de centre gauche El Pais, repris dans le courrier international n° 734 du 25 Novembre au 1er Décembre 2004, Hermann Tertach, ne craint pas d’écrire que l’Europe occidentale fait preuve d’une tolérance béate. Elle fait tout son possible pour que les immigrés musulmans ne renoncent pas à leur identité et à leur culture. Toute mesure n’allant pas dans le sens de cette louable intention est aussitôt jugée raciste et xénophobe. Les élites européennes prônent la tolérance y compris envers les intolérants. Pour ces élites, commente l’éditorialiste, les populations musulmanes finiront par s’intégrer et elles sont porteuses d’une pluralité culturelle qui ne peut qu’enrichir nos sociétés européennes. Que les jeunes musulmans des banlieues représentent le fer de lance de l’antisémitisme européen ne les préoccupe guère. Ces jeunes immigrés sont défavorisés et tout le monde sait que les Juifs sont de gros capitalistes exploiteurs liés à l’Amérique et à Israël! Qu’il y ait dans des pays européens des quartiers où la constitution nationale s’applique moins que la loi islamique (Charîa), cela ne les empêche pas de dormir. Que l’on rencontre de plus en plus de femmes voilées, de femmes battues, cela importe peu. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel, pourtant peu suspect de xénophobie, publiait en octobre 2004 un dossier accablant sur les mauvais traitements subis par les femmes musulmanes en Allemagne. Mais les intellectuels, à force d’avoir répété pendant tant d’années que toutes les idées étaient bonnes, pouvaient-ils réagir, surtout contre une religion aussi chérie et défendue par leurs écrits.

Une alliance s’est d’ailleurs créée, depuis un certain temps, entre chrétiens et laïcs qui se disent athées, pour défendre l’islam, la religion du pauvre et de l’opprimé!

Il aura fallu, semble-t-il, l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh, le 2 novembre 2004, à Amsterdam, pour que certains se réveillent et que ce grand mensonge, cette alliance commencent à se fissurer.

Ceci d’autant plus que cette islamophilie a pour contrepartie une judéophobie de plus en plus visible, laquelle ne s’exerce pas directement, mais à travers le sionisme qu’il est devenu politiquement correct de dénoncer! En fin de compte ce sont les Juifs qui font les frais de cette islamophilie dénoncée par Jacques Ellul. Ils sont les victimes de cette alliance contre nature qui s’établit automatiquement, dès qu’il s’agit de l’islam, entre chrétiens et laïcs d’extrême gauche.

Pour comprendre une si étrange alliance, il est nécessaire de se pencher sur la nature de cette islamophilie. C’est alors seulement qu’on pourra en connaître les raisons.

L’islamophilie émane en tout premier lieu des milieux catholiques.

Un des principaux responsables de cette islamophilie est incontestablement le grand orientaliste Louis Massignon. C’est lui qui a encouragé l’élan de curiosité et de sympathie pour le monde arabe et pour l’islam. Massignon admirait le travail de Lyautey sur le plan politique et aimait le zèle missionnaire du père de Foucauld. Sans doute y avait-il chez Massignon la nostalgie des vertus chevaleresques dont la France démocratique et laïque du début du vingtième siècle semblait, à ses yeux, quelque peu dépourvue. L’attirance pour l’islam avait malheureusement chez lui pour contrepartie un certain mépris pour les Juifs et le judaïsme. Massignon fut antisioniste. Il traversa dans les années trente, une courte crise d’antisémitisme dont il se reprit. Mais il trouvait injuste l’installation en Terre sainte des Ashkénazes, insuffisamment croyants et «sémites» à ses yeux. La prise de Nazareth par les sionistes le consterna. Dans ses dernières années, il prit la défense des Algériens avec une vigueur qui ne pouvait que lui attirer la sympathie des musulmans.

Or, Massignon et sa thèse sur le fameux mystique musulman Hallaj, exécuté en 922, ont eu sur les intellectuels chrétiens et musulmans une énorme influence. Massignon compare Hallaj à la figure du Christ. Il opère un rapprochement entre Fatima, la fille du Prophète, et la Vierge Marie et surtout, il affirme que l’islam est une religion abrahamique. Les élucubrations mystiques de Massignon seront dénoncées par certains, comme Claudel, qui voyait dans le texte de Massignon de 1929 «Prière pour Sodome», «un prodigieux amas de foutaises». Mais si pour quelques-uns de ses contemporains, Massignon paraît étrange, surtout lorsque marié et père de famille, il demande à devenir prêtre melkite, selon donc le rite oriental, ce sont néanmoins ses idées qui seront retenues pour les passages relatifs aux musulmans, par le concile Vatican II.

On ne saurait s’étonner que la littérature sur l’islam qui s’est développée après le Concile, pousse encore plus loin l’islamophilie. Massignon voyait l’islam comme un «schisme abrahamique». Or, les catholiques du vingt et unième siècle ont un enthousiasme délirant pour la religion de «l’Autre»; la foi est sans frontière et la poussée affective en faveur de l’islam ne connaît plus de mesure. Il faut aimer les musulmans d’un amour sans limites. La littérature catholique qui va en ce sens est dépourvue de bases solides scientifiques. Il suffit d’aimer, c’est ce qu’elle ne cesse de répéter avec une rare inconscience, prenant à la lettre la phrase de Saint Augustin «Aime et fais ce que tu veux».

Faut-il renvoyer aux nombreux ouvrages de pères blancs, en particulier, dont on se demande pourquoi ils ne sont pas encore musulmans, mais ils ignorent sans doute ce que dit le Coran concernant les chrétiens (sourate 9, verset 30 «qu’Allah les tue!»), car cette islamophilie n’est absolument pas payée de retour. Les musulmans ne sont en rien attirés par le christianisme qui leur paraît une religion dépassée par l’islam, faussée et antinaturelle. De plus, le polythéisme catholique avec la Trinité est une abomination, le seul crime qui ne puisse être pardonné par Allah!

Quand on regarde dans les librairies la littérature favorable à l’islam dit Alain Besançon, elle est le plus souvent écrite par des prêtres catholiques disciples de Massignon ou influencés par ce grand orientaliste. Or, leur attirance pour l’islam dérive de plusieurs sentiments.

C’est tout d’abord le fait que «ces ecclésiastiques, affolés par le refroidissement de la foi et de la pratique en pays chrétiens, particulièrement en Europe, admirent la dévotion musulmane. Ils s’émerveillent de ces hommes qui, dans le désert ou dans un hangar industriel de France, de Belgique ou d’Allemagne, se prosternent cinq fois par jour pour la prière rituelle. Ils estiment qu’il vaut mieux croire à quelque chose que de rien croire du tout (…) Ils confondent foi et religion». En fait, les ecclésiastiques catholiques assistent impuissants à la déchristianisation de l’Europe. Ils voient les églises quasiment vides et, en revanche, ils constatent que les mosquées sont pleines, même si ces mosquées sont des caves, des bâtiments sordides. Et les églises aux trois quarts vides, cette laïcité triomphante de l’occident, le mépris du religieux, tout cela est devenu insupportable pour les prêtres catholiques, dont certains s’adaptent mal au monde moderne, d’autant plus que leur célibat les marginalise et les accusations récentes de pédophilie rendent ce célibat suspect. Mal perçus par la société laïque individualiste, ils éprouvent de la sympathie pour l’islam communautariste où tous se sentent très proches, là «les croyants sont des frères»! Mais ils oublient un peu vite ou ils ne savent pas que «Le musulman est le frère du musulman», pas le frère du non musulman!

La deuxième raison de cette islamophilie des prêtres catholiques, réside dans «la haute place que prend Jésus et Marie dans le Coran, sans qu’ils fassent attention que ce Jésus et cette Marie sont des homonymes qui n’ont de commun que le nom avec le Jésus et la Marie qu’ils connaissent». Ce dernier point est grave, souligne Alain Besançon «parce qu’il perturbe la relation entre chrétiens et juifs». Car pour les prêtres catholiques, les musulmans paraissent «meilleurs» que les juifs, puisqu’ils honorent Jésus et Marie, ce que les juifs ne font pas. Et là, judaïsme et islam sont comparés, avec un avantage pour l’islam.

Avantage accentué par le fait que le judaïsme paraît plus fermé. L’islam est plus universaliste, il s’adresse à tous les peuples et ne conçoit de privilège pour aucun. Tout au plaisir de se rapprocher de «ses frères musulmans», le catholique s’éloigne insensiblement des adeptes de la Bible juive, leur reprochant implicitement d’être restés entre eux, de n’avoir pas accepté la venue du Messie. Reproche non dit, jamais avoué, mais qui pèse sur les relations judéo-chrétiennes, il ne faut pas se leurrer.

La deuxième source d’islamophilie est constituée par les intellectuels laïcs, souvent athées, politiquement d’extrême gauche. Ce sont des tiers-mondistes impénitents qui sont dans la repentance et la culpabilité permanentes. Ils battent leur coulpe parce qu’ils estiment être du côté des Blancs colonialistes, exploiteurs. Ils sanglotent et demandent pardon mais en plus ils ont décidé de réparer; de réparer le mal causé par les croisades, réparer l’injustice d’avoir ignoré la grandeur de l’islam. Alors, de la part de ces intellectuels, on assiste à une réécriture du passé, de l’histoire, entièrement favorable aux musulmans. Plus question de critiquer, d’ironiser. Il faut rendre leur fierté aux peuples humiliés, présenter leur religion de manière positive. On parle de l’islam des lumières, de religion de paix, d’amour et de tolérance. On «redresse» la situation, en ce qui concerne les conquêtes musulmanes qui auraient été tout à fait pacifiques. Les coupables, ce sont les Européens avec leur esprit de conquête, d’abord les croisades puis la colonisation. Le jihâd n’est plus appelé «guerre sainte», mais simplement combat spirituel contre soi-même La question qui se pose est alors la suivante: pourquoi l’opinion publique est-elle disposée à accepter cette «désinformation» contraire au bon sens, comme allant de soi? (3) Une première explication est la présence dans ces pays européens de millions de musulmans. Ils vont rester, ils vont devoir s’intégrer. Alors il faut absolument trouver tout le positif de la situation. Les sociétés occidentales sont des sociétés vieillissantes, la jeunesse musulmane est un apport qu’il faut prendre en considération et apprendre à aimer. D’autre part, ces sociétés occidentales sont des sociétés qui ont fait appel à une main-d’œuvre nécessaire pour les travaux pénibles que les Européens ne veulent plus faire. Du point de vue économique, on ne peut les ignorer et ils nous donnent mauvaise conscience. Les occidentaux, s’ils sont chrétiens, se sentent doublement culpabilisés. Ils se rappellent qu’il faut accueillir l’étranger «Tu traiteras l’étranger comme l’un des tiens», surtout l’étranger le plus pauvre, car les chrétiens se veulent charitables. Culpabilité économique doublée d’une culpabilité religieuse. Cette culpabilité religieuse est d’autant plus légitime que le Pape lui-même a fait acte de repentance, battant sa coulpe pour ce qui s’était produit dans le passé. La deuxième explication c’est que cette islamophilie tente de faire oublier la légende noire de l’islam, la mauvaise image renvoyée par le miroir de l’occident chrétien concernant cette religion. Malheureusement, en même temps chemine la tentation non avouée de réduire notre culpabilité envers le peuple juif, d’effacer l’horrible passé de la Shoah, la mémoire de l’Holocauste. En effet, les chrétiens islamophiles deviennent amis des musulmans et ennemis des Israéliens. On se libère de la culpabilité engendrée par le génocide de la Shoah en traitant les Juifs sionistes de persécuteurs. C’est ainsi que certains milieux chrétiens constituent les Palestiniens en figure substituée du Juif persécuté, qui a pour fin d’effacer les fautes commises au temps du nazisme. De plus, faire des Juifs sionistes les nouveaux nazis, permet de s’adonner tranquillement à une islamophilie d’autant plus grande que du point de vue religieux ne se sont pas effacées de la mémoire collective catholique ces expressions: «les Juifs, peuple déicide» et «hors de l’Église point de salut». Personne, depuis le Concile de Vatican II, n’oserait traiter les Juifs de peuple déicide, mais les chrétiens ne craignent aucunement de traiter les responsables israéliens de bourreaux. Et ils peuvent donc dénoncer l’arrogance sioniste, main dans la main avec les islamo-gauchistes. Et c’est ainsi que cette étrange alliance s’explique par la culpabilité que les uns et les autres éprouvent vis-à-vis des musulmans certes, mais aussi vis-à-vis des Juifs, et en fin de compte ce sont les Juifs qui paient l’addition, et font les frais de cette islamophilie. Car les islamophiles de tous bords ferment les yeux sur les propos antisémites des musulmans, en rendant responsable la politique israélienne et en excusant ce nouvel antisémitisme du fait de la faiblesse économique de ces populations musulmanes défavorisées. Un «rap» qui circule sur Internet et qui a pour matière «Nique les Juifs» en est un excellent exemple. C’est un groupe de jeunes de 12 -13 ans, mais on peut se demander «Qui tire les ficelles»?Une collègue, professeur d’italien, Véronique Lippmann, m’écrivait à propos de cette islamophilie «béate» qui ferme les yeux sur les propos antisémites des jeunes musulmans: «cette islamophilie béate n’hésite pas en revanche à dénoncer les actes antisémites lorsqu’ils sont commis par l’extrême droite, comme pour se dédouaner, ce qui lui permet de rappeler en même temps que les musulmans sont aussi victimes de l’extrême droite. Comment ensuite accuser d’antisémitisme une victime du racisme? Comme si l’un empêchait l’autre. L’antisémitisme n’est reconnu que s’il vient de l’extrême droite sans aucune allusion à la religion. Au nom de l’antiracisme, on banalise l’antisémitisme.» Et les chrétiens islamophiles, eux, deviennent ennemis des Juifs sans pour autant devenir amis des musulmans car il est demandé aux catholiques de «collaborer avec leurs frères musulmans» mais de laisser ces derniers pleinement libres. Autrement dit, les musulmans sont libres de convertir les chrétiens mais pas l’inverse! Des journaux, comme le journal La Croix, portent des titres suggestifs «le Coran à découvrir», «Une prière» la Fatiha .Ne parlons pas d’ecclésiastiques comme les pères Lelong, Borrmans, des évêques comme Mgr Brunin qui estiment que les exigences spirituelles du dialogue islamo-chrétien s’appliquent aux chrétiens, beaucoup plus qu’aux musulmans. Le père Borrmans dans «Orientations pour un dialogue entre chrétiens et musulmans» (1987) va si loin que pour lui il n’y a en islam ni «fatalisme», ni «juridisme», ni «laxisme», ni «immobilisme», ni «fanatisme». Les chrétiens sont invités à une «saine émulation spirituelle» et à une «spiritualité sans frontière». Alain Besançon écrit, «on m’a assuré que l’auteur de ce livre, instruit par l’expérience, le regrette maintenant et qu’il verse aujourd’hui les larmes de Saint Pierre. Mais le livre est toujours en vente». Le dit Père Borrmans a accepté de participer aux Mélanges rédigés en hommage au Père Antoine Moussali qui, lui, se méfiait des pièges du dialogue islamo-chrétien. Mais est-il vraiment repenti? (5) Seulement, l’islamophilie n’est pas née quand les pays européens étaient puissants. Jacques Ellul remarque, « j’ajouterai quand même une pointe assez méchante: cette mauvaise conscience (ressentie par les intellectuels et un bon nombre de chrétiens), elle est quand même née à partir du moment où nous avons été vaincus. Tant que nous étions les plus forts, nous gardions la bonne conscience du «civilisateur». (6) L’islamophilie vient du fait que les pays musulmans sont forts économiquement, par leur nombre. Dans les pays européens, les musulmans représentent une puissance électorale; à cela s’ajoute le problème des conversions à l’islam de plus en plus nombreuses. Des filles épousent des garçons musulmans et leurs enfants sont musulmans d’office. Des garçons se convertissent à l’islam – ce qui leur semble facile – pour épouser des filles musulmanes. La société déchristianisée ne saurait les freiner. Quitter le christianisme pour l’islam apporte «une bouffée d’air frais», un parfum d’exotisme. Quant aux femmes, certaines occidentales se sentent mal à l’aise par rapport à une société qui connaît le risque du célibat, la peur de la solitude et, épouser un musulman leur permet de satisfaire un besoin de mari et d’enfants, dans le cadre d’un mariage classique. Jane Benigni fait remarquer très justement un autre élément sociologique concernant l’attirance des occidentaux islamophiles pour «la famille musulmane». Les hommes lassés des revendications des féministes et des exigences des femmes libérées ne verraient pas d’un si mauvais œil une société où la femme soumise serait ramenée à la cuisine ! Et pourquoi pas plusieurs femmes… soumises bien entendu. Et ainsi le machisme se trouverait revigoré. On épouserait d’abord des femmes musulmanes bien rodées, et les autres suivraient. Les mariages mixtes entre chrétiens et musulmans jouent un rôle certain dans cette islamophilie ambiante. En parallèle, je citerai le billet du Docteur André Nahum, du 23 Février 2005, sur Radio Judaïques FM, qui a choisi de retenir le cri d’alarme du président Moshé Katsav quant à l’avenir de la diaspora. Le peuple juif est en perte de vitesse au niveau démographique, économique et culturel». Le docteur Nahum rappelle un sondage récent du journal «La Croix» qui semble confirmer ce déclin annoncé. Sur 60 millions de Français, 360 000 d’entre eux se déclareraient juifs. Et le docteur Nahum d’ajouter «nous sommes loin des 600 000 ou 700 000 âmes dont on parlait naguère». Le président Katsav demande aux dirigeants juifs de cesser de pratiquer la politique de l’autruche et de réagir face à une situation qui signifie à moyen terme la quasi-disparition des communautés juives en diaspora et particulièrement en Europe et en France!

Que penser de ce cri d’alarme sinon qu’il évoque un retour du communautarisme?

Or la société laïque ne peut permettre qu’on raisonne en termes de communautés religieuses. Il faut opter pour l’humanisme qui libère, contre le communautarisme qui enferme. La présence dans les pays européens d’organisations islamiques actives, censées représenter les musulmans, pose de nouveau le problème de la laïcité face aux religions, et pour la France, la République s’enlise s’agissant de la menace du communautarisme musulman. «Un spectre hante le monde: celui des communautés closes, exclusives et guerrières» dit Pierre-André Taguieff dans son dernier livre «La République enlisée». (7) Et les Juifs ont raison d’avoir peur. Taguieff avoue que les ennemis d’une république laïque et vraiment démocratique utilisent les armes de la modernité intellectuelle pour abolir la laïcité «l’intolérance a appris à parler la nouvelle langue de la tolérance et se montre d’autant plus efficace qu’elle n’est pas perçue comme telle». On est, dit-il, en «pleine corruption idéologique». La République est confrontée à des «stratèges cyniques» qui n’hésitent pas à détourner les mots et les concepts de leur sens originel pour parvenir à leurs fins. Les concepts de «laïcité», de «droits de l’homme», sont ainsi insensiblement vidés ou détournés de leur sens initial. Mais l’islamophilie impénitente ferme les yeux devant la présentation de l’islam, «béatifié» par les nouveaux penseurs musulmans. Elle y trouve des avantages, en plus de celui non négligeable, se libérer de la désagréable culpabilité qui fonde en grande partie cet amour de l’islam. Les avantages, on les devine aisément… En effet, les islamophiles chrétiens espèrent bien, avec l’appui des musulmans, regagner un peu de terrain religieux et entamer cette laïcité pure et dure qu’ils n’ont au fond jamais vraiment digérée. Les islamophiles laïcs de gauche voient dans le nombre des musulmans un appui politique, contre Israël, l’Amérique et la politique libérale. Et les Juifs paieront pour cette islamophilie aux deux visages qui plonge ses racines dans la culpabilité. Beaucoup de juifs se sentent angoissés par cette islamophilie parce qu’ils pressentent qu’ils vont être ressentis comme gênants et coupables. Il faut qu’ils soient considérés comme coupables pour que les deux autres religions soient libérées de leur dette à leur égard. Ces deux autres religions en effet se sont inspirées du judaïsme, le christianisme en prétendant le parfaire, l’islam en le récupérant, en l’absorbant et en accusant les Juifs d’avoir falsifié leurs textes. Pour les musulmans, la vraie Thora, l’Évangile authentique, ne doivent pas être cherchés ailleurs que dans le Coran. Les vrais disciples des prophètes Abraham, Moïse ou Jésus, ce sont les musulmans. Leurs disciples d’hier et d’aujourd’hui sont des faussaires, des menteurs, des corrupteurs de textes, des associationnistes. (8) Beaucoup de musulmans sont persuadés que le Coran est la seule vérité. Or, dans ce texte sacré, il n’y a pas égalité entre musulmans et non musulmans. Un statut inférieur de «protégés» est même prévu dans la loi islamique pour ces derniers. Et cela, l’engouement subit des intellectuels européens pour l’islam, n’en a même pas idée. Ces intellectuels conformistes, pétris de bons sentiments et de la culpabilité d’être des colonisateurs, ne veulent pas croire qu’il puisse y avoir des textes mortifères dans la religion des économiquement faibles, la religion de ceux qui ont été colonisés et exploités. De même, ils ne veulent pas admettre qu’il puisse y avoir des croyants fanatiques prêts à la violence... Les vingt attentats antimusulmans dénombrés aux Pays-Bas, à la suite de l’assassinat de Théo Van Gogh, démontrent violemment malheureusement, que beaucoup ne veulent plus de cette islamophilie béate et irresponsable et que la société occidentale repose sur des valeurs qu’il importe de faire respecter fermement si nous ne voulons pas être victimes des ennemis de ces valeurs.(9) Il n’est pas inutile de citer la conclusion de Hermann Tertach dans l’article d’El Pais «Peut-être faudrait-il un peu plus d’estime de soi de la part des sociétés et des États européens, un peu de bon sens, de la tolérance mais aussi de la fermeté, et assez d’intelligence pour voir que jamais depuis le nazisme nous n’avons été aussi menacés. Et enfin un instinct de survie».

Anne-Marie Delcambre, 2005 Docteur en Droit, Docteur en civilisation islamique et professeur d’arabe littéraire.

Notes
1 Il s’agit surtout de l’Europe occidentale, les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne, la France en particulier.
2 Alain Besançon, préface au livre de Jacques Ellul « Islam et judéo-christianisme », PUF, 2004, p 26
3 Le succès de livres iconoclastes concernant l’islam tend à prouver que l’opinion publique n’est pas entièrement convaincue par les arguments de ces intellectuels religieux ou athées islamophiles, mais que la peur d’être traité de raciste et d’islamophobe freine les réactions. La judéophobie qui est devenue de plus en plus forte dans certains quartiers a conduit certains milieux juifs à réagir, ce qui a un peu libéré les individus de cette chape de plomb qui s’était abattue sur eux. Mais il est vrai que la crainte de dénoncer le caractère violent de l’islam obéit à un souci de paix publique au détriment de la vérité scientifique. Or, une société laïque a le devoir de mettre en garde contre le danger des textes religieux pris à la lettre.
4 Cité par Alain Besançon, p 204
5 Marie Thérèse Urvoy m’a fait remarquer que dans l’ouvrage « Enquêtes sur l’islam, Editions Desclée de Brouwer,2004, p 319 , note 38, le père Borrmans parle de nombreux intellectuels courageux et il cite Tariq Ramadan, « Islam, le face-à-face des civilisations (Quel projet pour quelle modernité?) Lyon, Tawhid, 1995
6 Jacques Ellul, op. cité p 45
7 Pierre-André Taguieff «La république enlisée», Éditions Des Syrtes, 2005
8 Voir l’excellente étude de Daniel Sibony «Nom de Dieu», Seuil 2002
9 Jacques Ellul, agrégé de droit, historien, sociologue et théologien protestant est décédé en 1994 à l’âge de 82 ans. Il nous a laissé une œuvre considérable (53 ouvrages et un millier d’articles traduits en une dizaine de langues). Enseignant à l’université de Bordeaux, ses cours sur l’Histoire des institutions ne laissaient jamais les étudiants indifférents. En 1991 paraissait «Ce Dieu injuste, théologie chrétienne pour le peuple d’Israël». Il souligne «Lorsque les chrétiens tombent dans la violence et l’antisémitisme, ils sont en contradiction avec leur texte fondateur, ce qui n’est pas le cas de l’islam»


BIBLIOGRAPHIE
Alain Besançon, «Trois tentations dans l’Eglise», Calmann-Levy, 1996
Jean-Luc Brunin, «L’islam... tout simplement», Les Éditions de l’Atelier, Éditions ouvrières, 2003
Jean Delumeau, «Un christianisme pour demain (Le christianisme va-t-il mourir?), Hachette Littératures, 1977
Christian Destremau et Jean Moncelon, «Massignon», Paris, Plon, 1994
Anne-Marie Delcambre, Joseph Bosshard et Alii «Enquêtes sur l’islam», Desclée de Brouwer, 2004
Jacques Ellul, «Islam et judéo-christianisme», PUF, 2004
Pierre-André Taguieff, «La République Enlisée», Éditions Des Syrtes, 2005
Guy Lafon, «Abraham ou l’invention de la foi», Seuil, 1996
Blanche de Richemont «Éloge du désert», Presses de la Renaissance, 2004
Daniel Sibony, «Nom de Dieu», Seuil, 2002

© Anne-Marie Delcambre pour LIBERTY VOX

 

02/10/2006

Islam et spiritualité

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Islam : quelle légitimité spirituelle ?

 

 

Une question "politiquement incorrecte"

Comment se fait-il qu'une religion pratiquée dans le monde par plus d'un milliard d'individus (dont 200 millions d'Arabes) alimente une forme de terrorisme planétaire sans précédent ? Personne, du moins officiellement, ne s'est véritablement posé la question. A fortiori, on s'est encore moins soucié de savoir si une telle barbarie était un épiphénomène de l'islam, ou si ce dernier la contenait en germe. Il ne faut rien attendre des médias sur ce point, tant le "politiquement correct" y fait rage. C'est tellement vrai qu'ils ont ignoré Anne-Marie Delcambre, docteur en civilisation islamique, et qui a publié en 2003 un ouvrage, "L'islam des interdits"(1) . Et pour cause : l'auteur démontre que par sa doctrine et son histoire, l'islam est intégriste, et qu'entre un musulman intégriste et celui qui ne l'est pas, il y a seulement une différence de degré, et non une différence de nature ; on le sait, l'Arabie Saoudite a pour religion officielle le wahhabisme qui se caractérise par une lecture du coran à la lettre. Il ne faut donc point s'étonner qu'elle fournisse le gros des troupes d'Al-Quaida et qu'elle en soit la principale source financière. Mais alors, est-ce à dire qu'une application rigoureuse du coran conduise inévitablement au rejet de tout ce qui n'est pas musulman, donc à une intolérance génératrice de tueries ? Voilà qui pose la question du fondement spirituel de l'islam qui est présentée comme "la troisième religion d'Abraham".

Abraham et Ismaël

Les musulmans se réfèrent à Abraham par l'intermédiaire d'Ismaël, cet enfant qu'Abraham eut avec une servante égyptienne, Agar. Que nous dit la Bible à ce sujet ? Abram, et son épouse, Saraï, se désespéraient d'avoir une descendance, d'autant plus que cette dernière avait passé l'âge d'enfanter. C'est alors que celle-ci mit carrément sa servante, Agar, dans le lit de son époux : " Quand elle se vit enceinte, elle regarda sa maîtresse avec mépris. Et Saraï dit à Abram : " L'outrage qui m'est fait retombe sur toi. J'ai mis ma servante dans ton sein ; et quand elle a vu qu'elle était enceinte, elle m'a regardée avec mépris. Que l'Eternel soit juge entre toi et moi ! Abram répondit à Saraï : " Voici, ta servante est en ton pouvoir ; agis à son égard comme tu le trouveras bon " . Alors Saraï la maltraita ; et Agar s'enfuit loin d'elle. L'ange de l'Eternel la trouva près d'une source d'eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Schur. Il dit : " Agar, servante de Saraï, d'où viens-tu ?, et où vas-tu ? Elle répondit : Je fuis loin de Saraï, ma maîtresse. L'ange de l'Eternel lui dit : " Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu'on ne pourra la compter ". L'ange de l'Eternel lui dit : " Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d'Ismaël ; car l'Eternel t'as entendue dans ton affliction. Il sera comme un âne sauvage ; sa main sera contre tous , et la main de tous sera contre lui ; et il habitera en face de tous ses frères ". [...] Agar enfanta un fils à Abram ; et Abram donna le nom d'Ismaël au fils qu'Agar lui enfanta" (Genèse, XVI, 4-16).

L'homme propose, Dieu dispose

Donc, Ismaël n'est pas appelé à une alliance avec Dieu à travers sa descendance, puisqu'il est né à la fois d'une Egyptienne et d'une union illégitime. Ceci est confirmé plus loin lorsque l'Eternel apparaît à Abram (dont le nom signifie "père élevé") pour le renommer Abraham ("père d'une multitude") en l'instaurant père d'une multitude de nations ; mais surtout, il lui annonce que Saraï, qu'il doit désormais appeler Sara, donnera naissance à un fils : "Et Abraham dit à Dieu : " Oh ! qu'Ismaël vive devant ta face! " Dieu dit : " Certainement Sara, ta femme, t'enfantera un fils ; et tu l'appelleras du nom d'Isaac. J'établirai mon alliance avec lui comme une alliance perpétuelle pour sa postérité après lui. A l'égard d'Ismaël, je t'ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l'infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. J'établirai mon alliance avec Isaac, que Sara t'enfantera à cette époque-ci de l'année prochaine "" (Genèse, XVII, 18-21). Et que devint Ismaël ? La Bible en termine avec lui en nous donnant sa postérité, et ses fils devinrent les douze chefs de leurs peuples. Ismaël finit ses jours paisiblement.

Imposture et usurpation

La filiation abrahamique revendiquée par l'islam est non seulement nulle et non avenue, mais elle constitue un contresens complet, puisque, comme on vient de le voir, elle va à l'encontre de la volonté divine. Ainsi que nous le mettons en évidence (voir plus loin, références "politiquement incorrectes" du coran), il y a un autre contresens : comment Dieu peut être miséricordieux s'il "égare sciemment" une partie de l'humanité ? Et si les jeux sont déjà faits, à quoi le coran sert-il ? A quoi bon un prophète ? Ce dernier point est souligné par Maxime Rodinson dans son ouvrage sur Mahomet (2) qui ajoute que celui-ci n'a jamais apporté de réponse à cet égard. Tout ceci serait déjà suffisant pour dénier à l'islam toute légitimité spirituelle, mais il y a un autre argument avancé par les musulmans : Dieu parle directement à Mahomet, comme s'il était en quelque sorte le Moïse des Arabes. Or, voici ce que la Bible nous dit sur Moïse : " Il n'a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse, que l'Eternel connaissait face à face". En outre, il y a une autre contradiction : soit on se réclame d'une transmission spirituelle à travers une filiation, soit on se prétend inspiré immédiatement par Dieu, mais on ne saurait revendiquer les deux à la fois. Saint Jean Damascène, célèbre théologien syrien du VIIIe siècle, considère Mahomet comme un faux prophète : "Il alla disant qu'une Ecriture lui était tombée du ciel"(3).Non seulement Mahomet n'a aucune légitimité spirituelle, mais il s'est approprié l'héritage religieux de ces Juifs qu'il haïssait tant (c'est ainsi que la loi coranique puise dans le Deutéronome). Rappelons au passage que ce prétendu "homme de Dieu" a chassé de Médine deux tribus juives et fait massacrer la troisième : ligotés, les Juifs furent décapités d'un coup de sabre, l'un après l'autre ; cela dura toute la nuit. Selon l'histoire musulmane, Mahomet assista en silence à cette tuerie. Après s'être approprié la Torah (c'est-à-dire le Pentateuque), il fallait à Mahomet un sanctuaire : ce ne pouvait être que la Kaaba où se pratiquaient des cultes païens que le "prophète" exécrait. Il y était encouragé par un désir de revanche sur les Mecquois qui l'avaient tant moqué lors de ses premiers prêches, au point qu'il avait dû s'exiler à Médine (Al-Medina), à quelque 350 km au nord de la Mecque (Mekka). C'est l'origine de cette fameuse humiliation dont certains musulmans nous rebattent les oreilles et qui a laissé des traces dans le coran, alimentant de façon chronique un délire de la persécution.

Un drôle de prophète

La lecture du coran laisse une impression étrange : d'un côté, il y a des invocations à Allah qui constituent les prières des musulmans, lesquels, pour la plupart s'en tiennent à cet aspect de leur livre sacré, et d'un autre côté, on y trouve des appels au meurtre, voire au massacre, à la discrimination religieuse. Cela s'explique par le fait qu'il y a deux Mahomet : l'un, fasciné par l'exemple de Jésus, pieux, sensible à la tendresse et la douceur, l'autre, celui de Médine, véritable chef de clan, organisant des razzias, ordonnant des massacres, ou des assassinats comme le ferait de nos jours un parrain de la maffia lançant des "contrats"sur la tête de ses ennemis. Cela correspond à deux périodes de sa vie symbolisé par deux villes, La Mecque et Médine : né vers 570 apr. JC, il vécut à La Mecque, menant un existence de notable jusqu'en 622, monogame et fidèle à sa femme, Khadîdja, maîtresse femme et riche veuve qui faisait du commerce et pouvait épouser qui elle voulait. En effet, dans la société mecquoise de l'époque, les femmes jouissaient d'une certaine autonomie ; n'exagérons rien cependant, car il était mal vu pour une femme devenue veuve de ne pas se remarier après son deuil. Mahomet, qui ne supportait pas l'abondante diversité des rites païens qui sévissaient à l'époque en Arabie, prêchait une religion dans laquelle tous les Arabes pourraient se reconnaître. Les Mecquois se moquèrent de lui, moqueries qui confinèrent même à une hostilité à son égard, à tel point qu'il dut fuir à Médine, et ce fut l'Hadjira, qu'on traduit soit par fuite (traduction violemment rejetée par les musulmans), soit par émigration, l'Hégire, qui marque le début du calendrier islamique, pour nous le 16 juillet 622, date à laquelle Mahomet et son clan s'installèrent à Médine. Là, il jeta les bases d'un véritable état islamique qui devait conduire à la constitution d'un empire arabe. En attendant, il se débarrassa des trois tribus juives de Médine, massacrant l'une, comme on l'a vu plus haut , contraignant les deux autres à l'exil, non sans avoir fait main basse sur leurs biens. Il faut croire que cela ne lui suffit pas, puisqu'il mit en coupe réglée la palmeraie très prospère de l'oasis de Khaybar ( située à 150 Km de Médine) où les Juifs médinois expulsés s'étaient réfugiés : "Après un siège assez court, les agriculteurs juifs capitulèrent, paralysés de frayeur, à la vue de ces hordes de pillards arabes, commandées par Mahomet, qui rêvaient d'en découdre et de s'emparer d'un exceptionnel butin. Mais les Arabes ont un réel mépris pour l'agriculture. Alors les agriculteurs juifs et le chef de la communauté des musulmans conclurent un pacte : Mahomet les laissait cultiver l'oasis moyennant la remise de la moitié de la récolte. En fait, ce traité allait servir de modèle pour exiger un impôt des communautés juive et chrétienne. L'attitude de Mahomet envers les Juifs à Médine allait peser très lourd sur le droit musulman futur et les dispositions concernant les dhimmis, les protégés juifs et chrétiens"(4). Mahomet s'était cruellement vengé des tribus juives de Médine, car leur tradition religieuse leur permettait de contrer les thèses du "prophète", qu'ils avaient raillé. De nos jours, et pour rester dans la tonalité maffieuse, on appellerait cela du racket. Quoi qu'il en soit, cette double nature de Mahomet explique le caractère composite du coran où l'on y trouve, pêle-mêle, des invocations à Dieu, des allusions à certaines péripéties guerrières, à des massacres (cf. plus haut ), des versets vengeurs et pleins de haine. Si l'islam avait un quelconque fondement spirituel, il n'y aurait place que pour l'amour (mot introuvable dans le coran) et la compassion. C'est tellement vrai que Mahomet n'a pu imposer sa religion que par la terreur, ce qui lui a été facilité par le caractère tribal de la société arabe : dans ce type de société, les membres d'une tribu se rangent toujours derrière leur chef, seul garant de l'unité de leur groupe. Il suffisait donc qu'un chef de tribu se rallie à l'islam pour entraîner l'adhésion de sa communauté. Une tradition au vrai sens du mot, s'impose par la force même de son message spirituel, comme nous le montrent le bouddhisme et le christianisme. Alors si l'islam ne peut être rattaché à la tradition d'Abraham, quelle est sa véritable nature ?

Une idéologie politico-religieuse

Etant donnée la période de confusion dans laquelle nous vivons, beaucoup s'imaginent que toute religion a un fondement spirituel, c'est-à-dire ésotérique et métaphysique. Or René Guénon a démontré le contraire en affirmant qu'une religion reposait sur trois critères : un dogme, un culte et un sentiment. Et c'est avant tout comme une religion qu'apparaît l'islam, constitué de la façon suivante : " Les textes fondateurs constituent un édifice à trois étages : le coran en est le premier, la tradition prophétique (sunna), le deuxième et le droit musulman (fiqh) le troisième. Ces étages sont reliés et renvoient le même écho. Ce que le musulman lit dans le coran, il en trouve l'exemple illustré par le prophète dans la sunna et il découvre la réglementation dans les traités de droit musulman. Tous ces textes fondateurs ont finalement acquis un statut anhistorique d'éternité selon lequel ils sont considérés comme valables pour tous les temps et pour tous les lieux. Seuls les savants de l'islam connaissent avec précision les textes du coran, de la tradition et du droit musulman. Le pieux musulman a certes une culture islamique mais il ne sait pas toujours très bien si telle injonction se trouve dans le coran, dans la sunna ou dans le droit musulman seulement. Il s'agit souvent pour lui d'une culture par osmose. Cette culture islamique n'a que peu à voir avec la civilisation artistique brillante qualifiée d'arabo-musulmane, qui est d'abord le fait des apports civilisationnels des peuples conquis comme les Byzantins et les Persans. En d'autres termes, les arts et les sciences qui ont fleuri en terre d'islam sont en grande partie étrangers à la pure religion des Arabes à Médine au VIIe siècle. En revanche, le droit musulman, qui est à la base de la culture islamique, repose entièrement sur le coran et la sunna. Il faut avoir le courage de regarder le catalogue des interdits islamiques pour constater le poids du carcan qui pèse sur le musulman et encore plus sur la musulmane"(5) . Comme nous l'avons signalé plus haut, l'islam a puisé dans le Deutéronome, notamment en ce qui concerne l'interdiction de manger du porc, de l'obligation de manger de la viande provenant d'un animal abattu rituellement, et enfin, Mahomet a poussé l'imposture en instaurant la circoncision, signe et symbole d'une alliance entre l'Eternel d'une part, et Abraham et son peuple, d'autre part. Certes, Ismaël fut circoncis, mais conformément à ce que l'Eternel dit à Abraham : "C'est ici mon alliance que vous garderez entre moi et vous, et ta postérité après toi : tout mâle parmi vous sera circoncis. Vous vous circoncirez ; et ce sera un signe d'alliance entre moi et vous. A l'âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, selon vos générations, qu'ils soit né dans la maison, ou qu'il soit acquis à prix d'argent de tout fils d'étranger, sans appartenir à ta race. Et mon alliance sera dans votre chair une alliance perpétuelle. Un mâle incirconcis, qui n'aura pas été circoncis dans sa chair, sera exterminé du milieu de son peuple" (Genèse, XVII, 10-14). Le plus grand des interdits concerne le mysticisme : Dieu est de toute façon inaccessible, et toute aventure mystique personnelle est considérée comme un blasphème car le musulman est inséparable de la communauté (en fait, il ne faut surtout pas qu'il échappe à l'autorité du chef). Mahomet a eu connaissance du Christianisme par les Nestoriens et les Monophysites. Pour les premiers, le Christ est constitué de deux entités distinctes, divine et humaine, pour les seconds, au contraire, le Christ est de nature purement divine, confondant ainsi les deux entités (c'est actuellement la doctrine des Coptes). Donc, l'islam, d'un côté, fait une dichotomie entre l'homme et Dieu, et d'un autre côté, considère que toute la vie du musulman doit se conformer à la volonté d'Allah en appliquant la loi, et que rien ne peut ni ne doit exister en dehors de Lui. Et nul doute que ces deux branches du Christianisme, très présentes dans l'Arabie du VIIe siècle, ont influencé Mahomet dans la rédaction du coran. Le "prophète" confond unité divine avec ce qui est en fait un totalitarisme politico-religieux. Il a entre autres, fait passer pour des lois divines un statut de la femme qui correspondait aux mœurs particulièrement rudes de la société bédouine de l'époque. Tous les archaïsmes choquants et les invectives haineuses qui parsèment le coran ne peuvent pas être retirés, car il est formellement interdit d'en changer une seule virgule, le livre de Mahomet étant considéré comme parole de Dieu. Ils sont comme des virus de haine et de violence à l'état endémique, et tous les musulmans y ont accès, même les plus modérés, de sorte que parmi ces derniers, on en voit basculer d'un seul coup dans le terrorisme. Mais, objectera-t-on, René Guénon finit lui-même par se convertir à l'islam. Il reçut en fait une initiation soufie au Caire, ce qui, en vérité n'a pas grand-chose à voir avec l'islam pur et dur.

Le soufisme : une hérésie aux yeux de l'islam

Le soufisme représente une tradition mystique, à côté et non au cœur de l'islam, car la quête mystique n'est tolérée que si elle se fait sous forme de communauté, la tarîqa, ou la zaouïa (terme utilisé en Afrique du Nord) : "le droit musulman est au cœur de l'islam sunnite mais le mysticisme, la mystique individuelle furent toujours proscrits comme totalement hérétiques. En effet, pour les juristes de l'islam, le coran est avant tout un message d'ordre éthique et social. Or 'Ayn Al-Quzât Hamadanî, mystique persan du XIIe siècle, accusé d'hérésie, fut écorché vif, pendu et jeté au feu, le 7 mai 1131. il avait trente-trois ans. Son seul crime était d'être mystique. Pour l'islam juridique, cet amour fou pour Dieu, dans une relation privilégiée, individuelle qui ne tient pas compte de la société, de la communauté, est le plus grave des péchés car il apparente l'islam au christianisme des ermites ; pas de monachisme en islam. Ceux qui sont mystiques répandent le mensonge sur la terre. Leur rétribution sera la mort et la crucifixion. Le coran le dit clairement : " La "récompense" de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer le scandale sur la terre, c'est qu'ils soient tués ou crucifiés, ou que soient coupés leur main et leur pied opposés ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas ; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment " (Sourate V, v.33/37).[...] Mais si l'islam sunnite refuse la mystique, c'est qu'alors on ne parle plus de loi. Pour l'islam sunnite, l'important c'est d'obéir . " Aime et fais ce que tu veux " dit saint Augustin. "Obéis et fais tout ce que tu dois ", pourrait être la devise de l'islam [...] Seulement, n'en déplaise à certains, ce n'est pas à Médine que le mysticisme est né mais seulement lorsque l'islam a été mis en contact avec des cultures étrangères. Le mysticisme est une déviation de l'islam. Il doit à l'influence du zoroastrisme (la religion des Mages adorateurs du feu), de l'hindouisme (métempsychose, fusion dans le nirvana), du bouddhisme et bien sûr, du christianisme. La mystique musulmane est ce qui a conduit et conduit encore un grand nombre d'Européens à se convertir à l'islam [...] Comment parler du mysticisme sans évoquer Mansur Al-Hallaj, né en 858, appelé par certains " le Christ de l'islam ". il était né en Iran. Ce qu'il préconisait, c'était l'amour de Dieu jusqu'à l'extase transfigurante. Un procès fut ouvert contre lui en 910. Incarcéré jusqu'en 922, date de sa mort, il fut alors conduit sur la place publique, des bourreaux lui coupèrent les mains et les pieds, le flagellèrent de cinq cents coups de fouet. Il fut mis en croix. Décapité, son corps fut arrosé de pétrole, brûlé et ses cendres furent dispersées. La tête fut exposée, piquée au sommet d'une lance, sur un pont du fleuve Tigre, deux jours durant. Il est indéniable que le soufisme, mysticisme de l'islam, est violemment condamné par tous les intégrismes, sunnite et chiite. Le musulman sunnite a une répulsion instinctive pour le soufisme qu'il voit comme un islam christianisé ; l'Européen islamophile est subjugué pour des raisons radicalement inverses à celle du musulman intégriste pour qui le seul islam est celui qui s'appuie sur la loi ! "(6). Comment s'étonner dans ces conditions de l'incapacité totale des musulmans à comprendre le christianisme quand on leur parle du "corps mystique" du Christ ? Surtout quand celui-ci dit : "Prenez et mangez car ceci est mon corps, prenez et buvez car ceci est mon sang". Pour les musulmans, le sang est impur : le coran est plein de détestations de ce genre qui tiennent, soit des vieilles superstitions héritées de la société bédouine, soit de la névrose de Mahomet. Non seulement ils sont incapables de comprendre le christianisme, mais ils le "revisitent" en prétendant que ce n'est pas le Christ, mais un sosie qui lui a été substitué, car un envoyé de Dieu ne peut pas mourir ainsi ! on comprend alors que la croix soit un symbole honni par l'islam. En outre, les musulmans vomissent et condamnent la notion de trinité qu'ils perçoivent de façon caricaturale puisque selon eux, elle est formée par Dieu, Jésus et Marie ! (Sur ces deux derniers points, voir plus loin, références "politiquement incorrectes" du coran). C'est bien la preuve de la nullité métaphysique de l'islam. Pour un chrétien, cela peut prêter à rire, mais il lui devient insupportable d'entendre dire, non par des musulmans, mais par des "laïcards" (lesquels font preuve d'islamophilie quand il s'agit de saper les fondements judéo-chrétiens de notre société, quitte à soutenir une religion contraire aux droits de l'homme et surtout de la femme : cherchez l'erreur !) , que "l'Eglise chrétienne est une secte qui a réussi", alors que le christianisme a entre autres, permis de mettre fin à l'esclavage antique, qu'il a pris le relais des traditions celtiques, et de la tradition grecque antique, qu'il a permis l'éclosion d'une civilisation respectant la diversité des cultures. Par contre, on ne saurait en dire autant de l'islam qui présente, lui, toutes les caractéristiques d'une secte.

Une secte "milliardaire"

Oui, l'islam est non seulement intégriste par sa nature même, mais il est surtout sectaire ; si on veut bien regarder de près, on y trouve les trois ingrédients qui caractérisent une secte : le pouvoir, l'argent et le sexe. Mahomet en proie à la haine, à la cupidité, et à une libido insatiable, se croit investi d'une mission supérieure, fait preuve d'un orgueil démesuré en faisant tuer tous ceux qui le contredisent et voudrait que le monde entier soit musulman. C'est l'islam qui nous a donné le mot "assassin" qui désigne un tueur fanatique ou à gages. Comme dans toute secte, il est facile d'y entrer, mais extrêmement difficile d'en sortir ; de même, elle entend régenter la vie de ses adeptes : "L'islam n'est pas une religion comme le judaïsme ou le christianisme. L'islam investit le champ social. Il ajoute à ce qui est proprement religieux les éléments du mode de vie, de la civilisation et de la culture. Ce caractère englobant est caractéristique de l'islam"(7). Et malheur à celui qui voudrait se livrer à une étude critique du coran et de la sunna : "On décourage toute critique qui risquerait de remettre en question l'héritage islamique, on cloue au pilori celui qui oserait douter, critiquer, s'insurger. Dans les cas extrêmes - comme au Soudan -, le savant religieux moderniste est même condamné à mort. Il convient de rappeler que le théologien soudanais Mahmoud Taha fut pendu pour avoir voulu différencier, dans le coran, les appels à la guerre des versets qui expriment les exhortations morales"(8). En revanche, les musulmans semblent craindre une approche critique des non-musulmans, car il est très difficile de trouver une biographie de Mahomet, tant il est vrai que le "prophète" est "invendable" en tant qu'homme de Dieu. Si on veut échapper à des biographies édulcorées par des intégristes, nous conseillons celle de Maxime Rodinson (9) et dont l'un des mérites est d'évoquer les conditions historiques et sociologiques dans lesquelles l'islam est né. En ce qui concerne Mahomet, les intégristes s'avancent masqués, autre caractéristique sectaire. Enfin, enjoindre ses adeptes, comme le fait le coran, à commettre les pires ignominies au nom de Dieu, n'est-ce point là le pire des blasphèmes, eux qui ont souvent ce mot à la bouche à l'égard des authentiques traditions qui découlent de celle d'Abraham ? Voilà bien l'illustration ici du principe d'inversion propre à notre époque. Par conséquent, il ne faut pas craindre de dire que l'islam est la plus grande secte du monde avec son milliard d'adeptes, une contre-tradition dont le seul rapport avec Dieu, en cette fin d'Age de Fer, est de se faire le ministre aveugle de Sa volonté, conformément au processus décrit dans les textes eschatologiques de l'Apocalypse et des Puranas hindous.

P.F.

 

Références "politiquement incorrectes" du coran

Le coran et les autres religions

Sourate III, verset 2 : Filiation spirituelle revendiquée à travers le Pentateuque et les Evangiles ; il en est une confirmation (dixit); idem pour les versets 39 à 63.

Sourate III, verset 95 : Référence à la "religion d'Abraham".

Sourate III, versets 59 et 69 : Contradiction à propos des autres religions.

Sourate III, versets 191 "Tuez les ! " (Mort aux infidèles).

Sourate V, verset 51 : Les juifs et les chrétiens sont considérés comme pervers.

Sourate V, verset 73 : Rejet de la Trinité.

Sourate V, verset 82 : Distinction entre les juifs qui nourrissent la haine la plus violente contre les fidèles et les chrétiens "qui sont le plus disposés à les aimer".

Sourate IV, verset 156 /157 : "Nous les avons maudits [les Juifs] pour avoir dit : " Nous avons tué le Messie , Jésus, fils de Marie, l'apôtre d'Allah ! " alors qu'ils ne l'ont ni tué ni crucifié mais que son sosie a été substitué à leurs yeux."

Sourate V, verset 13 /18 /19  : "Infidèles ont été ceux qui ont dit : " Allah est le Messie, fils de Marie "".

Sourate V, verset 72 / 75 : "Impies ont été ceux qui ont dit : " Allah est le troisième d'une triade "".

Sourate IV, verset 48 : "Allah ne pardonne point qu'il lui soit donné des Associés, alors qu'Il pardonne, à qui Il veut, les péchés autres que celui-là. Quiconque associe à Allah, commet un immense péché".

Sourate XLVII, verset 4 "Tuez les infidèles jusqu'à en faire un grand carnage".

Sourate IV, verset 89: "Saisissez-les et mettez-les à mort partout où vous les trouverez"

Sourate IX, verset 5 :"Tuez les associateurs".

Sourate XLVII, verset 5-7 : Ceux qui seront morts dans le combat contre les infidèles gagneront le paradis.

Le coran et la condition féminine

Sourate XXXIII, verset 59 : "O Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles ; sûr moyen qu'elles soient reconnues et qu'elles échappent à toute offense".

Sourate XXIV, verset 31 : "Dis aux croyantes de baisser les yeux, d'être chastes, de ne pas faire montre de leurs atours, sauf en ce qui émerge, de rabattre leur voile sur les échancrures de leurs vêtements. Elles ne laisseront voir leurs appas qu'à leur mari, à leurs enfants, à leur père, beau-père, fils, beau-fils, neveux [...] aux femmes de leur communauté, à leurs captives, à leurs esclaves mâles incapables de l'acte sexuel, ou garçons encore ignorants de l'intimité des femmes. Qu'elles ne frappent pas le sol de leurs pieds pour révéler ce qu'elles cachent de leurs agréments".

Sourate IV, verset 15 : Réclusion perpétuelle pour les femmes adultères.

Sourate IV, verset 24 : "Il vous est défendu d'épouser des femmes mariées, excepté celles qui seraient tombées entre vos mains comme esclaves. Telle est la loi de Dieu".

Sourate IV, verset 34 : "Les hommes sont supérieurs aux femmes [...] Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises [...]Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre la désobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez [...]".

Le coran et l'application de la loi

Sourate XXIV, verset 2 : 100 coups de fouet à l'homme et à la femme adultère.

Sourate XXIV, verset 4 : 80 coups de fouet pour ceux qui accusent une femme d'adultère sans produire 4. témoins, sauf ( verset 5) s'ils se repentent .

Le coran invalidé par une contradiction d'ordre théologique

Sourate X verset 44 : "Dieu ne commet aucune injustice envers les hommes ; les hommes la commettent envers eux-mêmes".

Sourate XVI verset 37 : "Si tu ambitionnes de diriger les Incrédules (c'est inutile), car celui qu'Allah égare ne saurait être dirigé et n'a aucun auxiliaire".

Sourate XLV verset 23 : "Que penses-tu ? Celui qui, de son dieu, a fait sa perdition, celui qu'Allah sciemment a égaré, dont il a scellé l'ouïe et le cœur et sur les yeux duquel Il a placé un bandeau, celui-là, qui le dirigera en dehors d'Allah ?".

Notes

(1) L'islam des interdits, Desclée de Brouwer, 2003

(2) Mahomet , Seuil 1968/1994

(3) Cité par Anne-Marie Delcambre, opus cit.

(4) Anne-Marie Delcambre, opus cit.

(5) Ibid.

(6) Ibid.

(7) Tariq Ramadan, Les musulmans dans la laïcité, Editions Thawid, 1994, cité par Anne-Marie Delcambre

(8) Anne-Marie Delcambre, opus cit.

(9) Mahomet , Seuil 1968/1994, opus cit.

 

ANNEXE

 

St Thomas d'Aquin à propos de Mahomet :

"...Les fondateurs de sectes ont procédé de manière inverse. C'est le cas évidemment de Mahomet qui a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair.
Lâchant la bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement. En fait de vérités, il n'en a avancé que de faciles à saisir par n'importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines des plus fausses.
Il n'a pas apporté de preuves surnaturelles, les seules à témoigner comme il convient en faveur de l'inspiration divine, quand une oeuvre visible qui ne peut être que l'oeuvre de Dieu prouve que le docteur de vérité est invisiblement inspiré. Il a prétendu au contraire qu'il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font point défaut aux brigands et aux tyrans.
D'ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complètement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l'aida, par la violence des armes, à imposer sa loi à d'autres peuples. Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur ; bien au contraire il déforme les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c'est évident pour qui étudie sa loi.
Aussi bien, par une mesure pleine d'astuces, il interdit à ses disciples de lire les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qui pourraient le convaincre de fausseté. C'est donc chose évidente que ceux qui ajoutent foi à sa parole, croient à la légère."


Saint Thomas d'Aquin (1225-1274) "Somme contre les Gentils" (les païens) - livre 1, question 6

 

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1. Il y a également chez les Ismaélites une superstition trompeuse qui est toujours agissante, et qui sert de précurseur à l' Antéchrist. Elle a pour origine Ismaël, qui est né d'Abraham et d'Agar, et c'est pour cette raison qu'ils s'appellent Agarènes et Ismaëlites. On les appelle également Saracènes du fait, parait-il, d'avoir été renvoyés sans rien par Sarah; car Agar a dit à l'ange: " Sarah m'a renvoyée sans rien ". Les Saracènes étaient idolâtres, et vénéraient l'étoile du matin ainsi qu'Aphrodite. Ce nom dans leur langue signifie Majestueux (Habar) c'est ainsi que jusqu'au temps d'Héraclius, ils étaient assurément idolâtres.

2. A partir de cette époque, un faux prophète survint au milieu d'eux ; il s'appelait Mameth. Il a entendu quelquefois l'Ancien et le Nouveau Testament, et est censé avoir rencontré un moine arien, par la suite. Finalement il créera lui-même sa propre hérésie. Puis déçu. il fit croire au peuple qu'il était un "craignant Dieu", et fit propager la rumeur qu'un écrit saint lui avait été apporté du ciel. Il mit par écrit des sentences, qu'on ne peut que railler, dans son livre et le leur donna pour qu'ils y obéissent. Il disait qu'il n'existait qu'un seul Dieu, créateur de toutes choses, qui n'a ni engendré, ni été engendré. Il disait que le Christ était la parole de Dieu et son Esprit, qu'il a été créé et qu'il est un serviteur, qu'il est né de le semence de Marie, la sœur de Moïse et d'Aaron. Car, dit-il, la Parole de Dieu et l'esprit entrèrent en Marie, et elle donna naissance à Jésus, qui fut un prophète et un serviteur de Dieu. Il affirme que les Juifs, ayant eux-mêmes violé la loi, voulaient le crucifier, et après l'avoir arrêté, ils crucifièrent son ombre, mais Christ lui-même, disent-ils, n'a pas été crucifié et n'est pas mort ; car Dieu l'a élevé auprès de lui dans lu ciel, parce qu'il l'aimait. Il affirme que lorsque Christ monta aux cieux, Dieu le questionna en disant : " O Jésus as-tu dit que je suis Fils de Dieu, et Dieu ?" Et Jésus, affirment-ils, répondit: "Aie pitié de moi Seigneur; tu sais que je ne me vanterai pas d'être ton serviteur, et que je ne leur ai pas dit cela; mais les hommes qui se sont égarés ont écrit que c'est ainsi que j'ai parlé, et ils disent des mensonges à mon sujet, et ils se sont trompés. " Et ils disent que Dieu lui a répondu : "Je savais que tu ne dirais pas une telle chose" Et bien qu'il introduisit dans cet écrit beaucoup d'autres absurdités, dont on ne peut que se moquer, il insiste sur le fait que cela lui a été apporté du ciel par Dieu. Quant à nous, nous nous demandons: "Et qui est celui qui peut témoigner que Dieu lui a donné les écrits ? Et lequel des prophètes a annoncé à l'avance qu'un tel prophète se lèverait ?" Et parce qu'ils sont étonnés et embarrassés, nous avons dit que Moïse reçut la Loi au Mont Sinaï à la vue de tout le peuple quand Dieu apparut dans la nuée et dans le feu, dans les ténèbres et dans la tempête; ils sont étonnés de ce que tous les prophètes, en commençant par Moïse, puis ceux qui le suivirent ont prédit la venue du Christ, également le fait que le Christ est Dieu et que le Fils de Dieu viendra en s'incarnant, qu'il sera crucifié, qu'il mourra et qu'il sera le juge des vivants et des morts. Et alors quand nous demandons: " Comment se fait-il que votre prophète ne soit pas venu de cette manière, en ayant d'autres personnes qui témoignent à son sujet ? Car contrairement à Moïse à qui Dieu a donné la Loi, pendant que le peuple regardait et que la montagne était enfumée, Dieu n'a pas donné à votre prophète l'écrit en votre présence. Autrement vous aussi pourriez en avoir l'assurance ". Ils répondent que Dieu fait ce qui lui plaît. Ceci, disons nous, nous le savons également; mais comment l'écrit est-il descendu vers votre prophète ? Voilà ce que nous demandons. Et à eux de répondre que, pendant qu'il était endormi, l'écrit saint est descendu sur lui. Alors nous leur disons en, plaisantant, que puisque c'est pendant qu'il dormait qu'il a reçu l'écrit saint, il n'avait donc pas conscience de ce qui se passait, alors c'est à son sujet que le proverbe populaire s'accomplit [le proverbe n'est pas dans le texte ] Quant à nouveau nous leur demandons : "Comment se fait-il que bien que, dans vos écrits saints, il vous a commandé de ne rien faire ni de recevoir quoi que ce soit, sans la présence de témoins, vous ne lui ayez pas demandé: " Prouve d'abord avec l'appui de témoins que tu es un prophète et que tu es venu de la part de Dieu, et quel écrit saint témoigne en ta faveur ? ", ils restent silencieux , car ils sont honteux. Puisque vous n'avez pas l'autorisation de vous marier sans témoins, ni d'acheter quoi que ce soit, ni d' acquérir aucune propriété, (vous n'avez même pas le droit de prendre un âne, ou tout autre animal, sans témoins), ainsi donc vous avez des femmes, des propriétés, des ânes et toute autre chose, en présence de témoins; et donc uniquement votre foi et vos écrits saints vous les acceptez sans témoins. Cela provient du fait que celui qui vous a donné les écrits, ne détient son autorité de nulle part. De plus il n'y a personne de connu qui ait témoigné à l'avance à son sujet. Il faut ajouter que le prophète reçut cela, alors qu'il dormait.

3. En outre ils nous appellent " Associateurs ", car, affirment-ils, nous introduisons un associé aux côtés de Dieu, en disant que le Christ est le Fils de Dieu et est Dieu. Nous leur répondons : " C'est cela que l'Ecriture et les prophètes nous ont rapporté et vous, comme vous le proclamez, acceptez l'autorité des prophètes. Si, pour cette raison, nous nous sommes trompés en affirmant que Christ est le Fils de Dieu, alors ceux qui nous ont ainsi enseignés et qui nous ont rapporté de tels écrits se sont également trompés " Certains Saracènes maintiennent que c'est nous qui avons ajouté de telles choses, en allégorisant les prophètes. D'autres proclament que ce sont les Juifs, qui remplis de haine, nous ont trompé avec de faux écrits de prophètes, et cela un vue de nous égarer. A nouveau nous leur répondons : " Puisque que vous affirmez que le Christ est la Parole et l'Esprit de Dieu, comment donc pouvez-vous nous taxer d'associateurs . Car la Parole et l'Esprit sont inséparables de celui en qui tout cela a son origine. Si donc, la parole est en Dieu, il est évident qu'elle est Dieu également. Si d'autre part, elle est en dehors de Dieu, alors Dieu, d'après vous, est sans Parole et sans Esprit. Ainsi donc en essayant de ne pas mettre d'associés auprès de Dieu, vous avez mutilé Dieu. Car il eût été avantageux pour vous de dire que Dieu a un associé, plutôt que de le mutiler et de le présenter de la même manière qu'on le ferait pour une pierre, du bois ou tout autre objet inanimé. C'est ainsi que vous nous appelez " Associateurs ". à tort : nous par contre vous appelons " Mutilateurs " (koptas) de Dieu "

4. Ils nous accusent injustement d'être idolâtres, Car nous vénérons la croix, et qu'eux la méprisent. A cela nous leur répondons : " Comment se fait-il que vous vous frottiez à une pierre, à votre Habathan. et que vous exprimiez votre vénération à la pierre en l'embrassant ? " Certains répondent en affirmant qu'Abraham y eut des relations sexuelles avec Agar; d'autres disent que c'est là qu'il avait attaché son chameau avant de sacrifier Isaac. Et à nous de leur répondre: " Puisque l'Ecriture dit qu'il y avait une montagne et une forêt, d'où Abraham a coupé du bois pour l'holocauste sur lequel il coucha Isaac, et également qu'il laissa les ânes en arrière avec les serviteurs; d'où tirez vous alors votre histoire ? En cet endroit il n'y avait ni de bois provenant de la forêt, ni sentier pour les ânes " Alors les voilà embarrassés. Toutefois, ils affirment bien qu'il s'agit de la pierre d'Abraham. Nous leur répondons : " Supposons que ce que vous affirmez de manière insensée soit vrai, n'éprouvez vous pas de honte à embrasser cette pierre, uniquement parce qu'Abraham y a eu des rapports avec une femme, ou parce qu'il y attacha son chameau ? Et vous nous blâmez, parce que nous vénérons la croix du Christ, par laquelle le pouvoir des démons et la ruse du Diable ont été annihilés ! ! !" Ainsi donc, ce qu'ils appellent " pierre " est la tête d'Aphrodite qu'ils adoraient. Eux l'appelaient Haber et on voit des entailles dans la pierre encore aujourd'hui, ceux qui les comprennent y voient des gravures.

5. Comme nous l'avons déjà mentionné, Mohammed composa beaucoup d'histoires, et à chacune il attribua un titre, comme par exemple Le traité de la femme. Dans cet écrit, il admet que quelqu'un puisse d'une manière légale prendre quatre femmes et mille concubines, s'il pouvait se le permettre, donc autant qu'il pouvait entretenir en plus des quatre femmes. Chacun peut répudier chacune de ses femmes, selon son désir, et se remarier avec une autre femme. Il a créé cette loi à cause de l'histoire suivante. Mohammed avait un ami nommé Zaid. Cet homme avait une belle femme, et Mohammed en est tombé amoureux. Alors que les deux amis étaient assis ensemble un certain jour, Mohammed dit : " Ecoute mon ami, Dieu m'a commandé de prendre ta femme, pour qu'elle devienne la mienne." Et celui-ci de répliquer: " tu es un apôtre, fais comme Dieu t'a dit; prends ma femme " . Et il la répudia. Ou plutôt, pour raconter l'histoire dès le début, il lui dit: "Dieu m'a ordonné (de te dire) que tu devais répudier ta femme" . Quelques jours plus tard il dit : " Mais maintenant Dieu a ordonné que moi je la prenne pour femme. ". Ensuite, après l'avoir prise pour femme, et commis l'adultère avec elle, il a inventé la loi suivante: " Quiconque le souhaite peut renvoyer sa femme. Mais, si après le divorce il veut retourner à elle, il faut que la femme ait auparavant été marié à quelqu'un d'autre. Car il n'est pas permis de la reprendre, à moins qu'elle ne se soit mariée à quelqu'un d'autre. Un frère peut épouser la femme répudiée par son frère le souhaite".

6. Il y a encore le Traité de la Chamelle de Dieu. A ce sujet, il dit qu'il y avait une chamelle de Dieu qui avait l'habitude de boire toute l'eau de la rivière, de telle manière qu'elle ne pouvait plus passer entre deux montagnes, car il ne lui restait plus assez de place pour passer. Il y avait des gens en cet endroit, et un jour ils buvaient l'eau de la rivière, et la chamelle buvait le lendemain. Quand elle buvait l'eau, elle les nourrissait en leur offrant son lait à la place de l'eau. Alors, ces gens devinrent méchants, se levèrent et tuèrent la chamelle. Elle avait comme progéniture une petite chamelle, qui affirme-t-il, lorsque se mère fut tuée, cria à Dieu, et celui-ci la fit monter auprès de lui. Et nous leur disons: " D'où est venue cette chamelle ? ", ils répondent qu'elle était de Dieu. Et nous disons : " Y avait-il un autre chameau qui s'était accouplé" avec elle ?" .Ils répondent : "Non " Et nous demandons: " Alors comment a-t-elle eu une progéniture? Car, nous le voyons cette chamelle était sans père, sans mère, et sans généalogie; et quand elle est née, elle a été rencontrée par le mal .Dans votre histoire, nous ne voyons ni celui qui s'accouple à la chamelle, ni l'endroit où la jeune chamelle a été enlevée. Votre prophète alors, dont vous prétendez que Dieu lui a parlé, comment donc n'a-t-il pas su l'endroit où broutait la chamelle, ou qui devait la traire, et qui buvait son lait? Lui arriva-t-il, pareillement à sa mère, de tomber entre les mains d'hommes méchants, et d'être tuée, ou bien est-elle, bien en avance par rapport à vous, entrée au paradis? Et que c'est d'elle que coulera la rivière de lait, dont vous parlez? Car vous affirmez que vous aurez trois cours d'eau au Paradis, d'où couleront de l'eau, du vin et du lait. Si la chamelle qui te précède est en-dehors du paradis, il est évident qu'elle est morte de faim et de soif, ou au contraire que d'autres gens vont boire de son lait. Et votre prophète se vante vainement d'avoir parlé à Dieu, puisque Dieu ne lui a pas révélé le mystère de la chamelle. Si, d'autre part, elle est au paradis, elle boit à nouveau de l'eau et par manque d'eau vous dessècherez au milieu des délices du paradis. Et vous désirerez boire du vin de la rivière, qui coule dans le voisinage, puisqu'il n'y aura pas d'eau (car la chamelle l'a entièrement bu); le buvant sans cesse, cela vous brûlera à l'intérieur et vous tomberez ivres et dormirez. Etant intoxiqués à cause du vin et ayant la tête lourde après votre sommeil, vous manquerez les plaisirs du paradis. Comment se fait-il alors que votre prophète n'ait pas pensé à tout cela, qu'il n'ait pas prévu que toutes ces choses vous arriveraient dans le paradis des délices? Il ne s'est jamais donné la peine de rechercher l'endroit où vit en ce moment la chamelle; et vous d'ailleurs non plus. Demandez le lui, quand sortant de ses rêves, il vous prêchera sur les trois fleuves. Mais nous vous assurons, sans l'ombre d'un doute, que votre merveilleuse chamelle est déjà entrée, bien avant vous, dans les âmes des ânes, où vous aussi vivrez en tant qu'animaux. Et c'est là qu'il y a les ténèbres extérieures et l'enfer éternel, un feu grondant, un ver toujours éveillé, et les démons de l'enfer ".

7. Mohammed parle également du Traité de la Table. Il affirme que le Christ demanda à Dieu une table, et elle lui fut donnée. Parce que rapporte-t-il, il lui répondit : "Je t'ai donné, ainsi qu'à tes compagnons, une table incorruptible"… Il y a aussi Le traité de La Génisse, et quelques autres contes, dont on ne peut que se moquer, et que nous ne mentionnerons pas tous, du fait de leur grand nombre. Il créa une loi disant qu'hommes et femmes soient circoncis, et il leur ordonna de ne pas observer le sabbat et de ne pas se faire baptiser, et d'un côté de manger ce qui est interdit dans la Loi, de l'autre de s'abstenir des aliments (que la Loi permet); il a également interdit de boire du vin.

Saint Jean Damascène : Des Hérésies - de Haeresibus