- Hadopi, symptôme du déclin de la République

- Hadopi, symptôme du déclin de la République

Tous les remous provoqués par la loi " favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet " connue sous le nom d'Hadopi en référence à la création par celle-ci d'un organisme intitulé: " Haute autorité pour la diffusion des œuvres par internet " ne se limitent pas au monde des internautes, tant l'attitude des pouvoirs publics a atteint des sommets de soumission aux lobbys, d'incompétence, de bêtise et d'autisme. Le gouvernement, sous la pression du Président de la République, a présenté un projet de loi violant des droits fondamentaux comme la présomption d'innocence et la liberté d'expression, et que le Sénat et l'Assemblée nationale ont approuvé malgré l'intervention de certains députés, à droite comme à gauche, qui en dénoncèrent le caractère anticonstitutionnel, ainsi que des juristes. Ce n'est pas tout: le débat à l'Assemblée fut tronqué, certains députés qui étaient contre le projet de loi virent leurs interventions interrompues par le président de séance quand elles n'étaient pas retirées purement et simplement de l'ordre du jour. Les internautes ont pu s'en rendre compte en allant sur le site de l'Assemblée nationale qui retransmettait les débats en direct et qui battit à cette occasion tous ses records de connexion. Ils ont pu réaliser également le degré d'incompétence de nos prétendues élites qui se permettaient de légiférer sur un domaine qu'ils ne connaissaient pas. Et pour couronner le tout, une vidéo, réalisée par les journalistes du site Rue 89, montrant des députés dans les couloirs du Palais Bourbon que l'on questionnait sur internet et qui furent incapables de répondre, notamment sur un point concernant directement le téléchargement illégal: " Qu'est-ce que le peer to peer "? Zéro pointé! Tout y est: la soumission aux majors du disque et au " showbiz ", les intérêts des uns et des autres l'emportant sur les convictions, la veulerie, le recadrage honteux pour leurs auteurs d'un texte de loi inique par le Conseil constitutionnel qui a rappelé à sa manière les parlementaires à leur devoir en se référant à l'article 34 de la Constitution: " La loi fixe les règles concernant:
- les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l'exercice des libertés publiques [...] "
En bref, le Parlement a trahi sa mission. Et enfin, que dire du ministre de la culture, Christine Albanel, qui continue à pérorer, alors que s'il lui restait une once de dignité, elle démissionnerait. Cette " affaire Hadopi " est un révélateur puissant d'une coupure de plus en plus grande entre le monde politique et les citoyens.

Le 15/06/2009

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